Semaine d’un sériephile (16) : les grands magasins (Fin XIXème-Début XXème)

A court de séries américaines (break hivernal oblige), je me suis laissée tenter par deux séries anglaises. Ces deux séries se déroulent en Angleterre, entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème.

Emile Zola et son grand magasin

La première série dont j’ai envie de vous parler est The Paradise, une adaptation du livre d’Emile Zola, Au bonheur des dames, par la BBC.
Pas spécialement friande des séries contemporaines de la chaîne, je n’ai, en revanche, jamais été déçue par ses séries “historiques”. Et c’est sur les conseils de notre spécialiste des séries anglaises, Clara, que j’ai entamé The Paradise.
L’histoire commence en 1875 en Angleterre. Denise Lovett (Denise Baudu dans le livre de Zola) arrive en ville pour travailler dans la boutique de son oncle, drapier. Celui-ci subit la forte concurrence du magasin d’en face et n’est pas loin de la faillite, il n’a donc pas les moyens de lui offrir un emploi. Denise décide donc de démarcher le fameux grand magasin d’en face : The Paradise. Elle entre alors dans un univers luxueux, un monde d’apparence,  qu’elle ne connaît pas et qui va la fasciner. Le magasin sera comme sa deuxième famille, elle y découvrira un métier, et aussi l’amour, en la personne du directeur du magasin, John Moray (alias Octave Mouret).

The paradise article

Le contexte de The Paradise  m’a tout de suite séduit : l’époque de la révolution industrielle, le développement du prêt-à-porter, du shopping, les débuts du managing et de la mise en place de techniques de vente. Il ne s’agit plus d’acheter par nécessité, mais de créer l’envie. Et pour cela, les femmes sont la cible parfaite : attentives à leur apparence, facilement séduites par ce qui est beau (bravo les clichés !).
La série traite clairement de la condition féminine à l’époque. Elle met en avant le contraste entre les clientes du magasin, plutôt aisées et qui considèrent finalement The Paradise comme un divertissement, et les vendeuses, pour qui il s’agit d’un gagne-pain, et d’une chance de gravir les échelons de l’échelle sociale.

The paradise article 2

J’ai aussi tout de suite craqué pour la jeune héroïne (Joanna Vanderham). Tellement mignonne ! Ambitieuse mais sensible, jolie mais finalement peu naïve. Personnage passionné par son métier, visionnaire, elle bouillonne d’idées et de fraîcheur. Les autres personnages ne sont pas en reste comme le séduisant John Moray (Emun Elliott) qui oscille entre scènes d’enthousiasme et de déprime, dont la vie va s’illuminer (et se compliquer) avec l’arrivée de “sa petite championne”, ou encore son intendant, le très mystérieux Jonas (David Hayman), qui est glaçant mais qui se révèle touchant.

Pour résumer, The Paradise c’est le charme anglais, de superbes décors et costumes, une belle histoire d’amour, tout cela dans un contexte très féminin, de mode et de luxe. C’est un véritable coup de coeur !

Selfridges, l’autre grand magasin

On reste dans le drame historique avec la série Mr Selfridge, adaptation du livre Shopping, Seduction and Mr. Selfridge de Lindy Woodhead et diffusée par la chaîne anglaise ITV.
L’homme d’affaires américain Harry Gordon Selfridge (Jeremy Piven), ouvre un grand magasin sur Oxford Street avec l’intention de révolutionner le commerce et les habitudes de consommation des anglais et des anglaises.
Mr Selfridge, l’homme, est un businessman en puissance, il parle beaucoup, il s’agite, il sourit tout le temps. Il fait très américain finalement, c’est un homme en apparence extraverti, sûr de lui, charmeur et qui ose en permanence. Il détonne clairement dans la société anglaise.

mr selfridge article

Cet homme flamboyant, qui déborde d’ambition va cependant se brûler les ailes au contact des femmes et notamment d’une certaine Ellen Love, chanteuse de cabaret. Car les femmes sont sa principale faiblesse. Marié et père de 4 enfants, Il est très attachée à sa famille et aime profondément sa femme mais il est vite décrit comme un homme infidèle.
Par comparaison, Mr Selfridge est plus crue que The Paradise. On y voit les dessous peu reluisant de la société de l’époque, pas non plus de déclarations enflammées ou de légers baisers, les personnages ont clairement une vie sexuelle. The Paradise est plus gentillette, plus légère dans son traitement, tout en retenue et c’est ce qui fait son charme. Mais ces deux séries se recommandent très bien l’une avec l’autre : elles décrivent une même époque, avec les mêmes enjeux et des profils de personnages quasiment identiques.
Cependant j’ai une nette préférence pour The Paradise. Elle ressemble plus au genre de séries que j’apprécie, à la fois dans son traitement que dans son esthétisme. Cette série se rapproche par exemple des mini-séries de la BBC consacrées à l’oeuvre de Jane Austen alors que je rapprocherais clairement Mr Selfridge d’une série comme Boardwalk Empire.

Cela faisait un moment (depuis le cycle Jane Austen sur Arte) que je ne m’étais pas replongée dans l’atmosphère des séries anglaises. Et bien je ne suis pas déçue ! Si je considère The Paradise comme une véritable pépite, Mr Selfridge me laisse de marbre. J’ai enchaîné les deux séries à la suite et j’ai été déçue par cette dernière. Certainement parce qu’elle a une tonalité plus masculine et que les histoires sont plus sombres, plus “adultes”.

4 réponses à “Semaine d’un sériephile (16) : les grands magasins (Fin XIXème-Début XXème)

  1. J’aime la spécialisation que tu m’attribues ;) Une fois que j’ai fini Le Bonheur des Dames (approximativement dans 10 mois), je mates The Paradise (oui j’ai du mal avec Zola) lol. Mais j’aime pas Ari Gold (ou quel que soit son nom) donc Selfridge ce sera sans moi ^^

  2. Mais je t’en prie. Il faut rendre à César ce qui revient à César.
    Tu ne veux pas regarder la série en même temps ? Bon ok c’est du spoil mais Zola va beaucoup plus loin dans ses descriptions. Tu pourrais aussi regarder la série et lire le livre ensuite, non ? Suggestion.

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