Top 6 des séries les plus surestimées (selon certains)

Avant toute chose, nous tenons à l’annoncer ici : cet article fera très certainement grincer des dents et vous ne serez sûrement pas d’accord avec tout. Pas de problème, on assume. Au-delà de l’aspect provoc’ et trollesque, ce top est avant tout destiné à interroger les nouveaux canons en vigueur dans la critique des séries, et à remettre en question un traitement souvent unanime de quelques shows. Pour respecter la diversité d’opinions, nous avons convié plusieurs auteurs de Séries Chéries qui représentent des courants sériephiliques variés. Evidemment, toutes les séries ne sont pas traitées, et si vous estimez que nous avons loupé un incontournable de la série surestimée, n’hésitez pas à le dire dans les commentaires. Nul besoin de cracher votre haine, nous nous sommes déjà bien empoignés à la rédaction, et nous savons que ces choix subjectifs n’engagent que nous.

1. Marion et Girls

cotontige

O-V-E-R-D-O-S-E de Lena Dunham. Voilà, c’est dit. D’où sort cette jeune femme qui, avec un grand manque d’humilité, parle de sa vie dans une série dont elle est elle-même l’actrice principale ? La série aurait pu s’appeler “Lena Duhnam Show : ma vie, mes problèmes”. En plus du nombrilisme flagrant de sa créatrice, Girls a deux autres défauts. D’une part, les personnages sont tous stéréotypés, ce qui est paradoxal pour une série qui se veut réaliste et dans laquelle des générations de filles sont censées se retrouver : Hannah (Lena Dunham) est égocentrique et exhibitionniste ; Jessa (Jemima Kirke) est une bobo dépressive qui couche avec tout ce qui bouge ; Marnie (Allison Williams) est l’image parfaite de la bourgeoise coincée qui s’éternise avec un mec ultra-chiant ; et Shoshanna (Zosia Mamet) incarne la naïve (on peut même dire carrément bête) qui croit encore au prince charmant. Les filles de Girls sont toutes bourrées de défauts, elles se plaignent tout le temps, elles ne sont pas marrantes et les scènes de sexe sont sordides. Pour l’identification, on repassera. D’autre part, Girls pâtit du fait qu’il n’y a pas de fil rouge qui relie les épisodes entre eux et de ce fait, cela n’incite pas à suivre la série. Au moins dans Gossip Girl, où les personnages sont tout aussi caricaturaux, on compense avec des complots, du suspense, un cadre sympa… Bref, c’est divertissant, alors que Girls ne l’est franchement pas. En un mot, c’est tout ce que je ne suis pas, et tout ce que je ne voudrais absolument pas être. Est-ce que sans le label HBO, censé produire des séries intellectuellement supérieures et de meilleure qualité, Girls aurait-elle vraiment eu ce grand succès d’estime ?

2. Sophie et House of Cards

House Of Cards

House of Cards n’est-elle qu’une machine commerciale hyper clinquante mais finalement vide ? Le show de Netflix a tous les ingrédients d’une série de prestige : Kevin Spacey, acteur oscarisé ; David Fincher aux manettes, qui offre un écrin esthétique et une ambiance réussie à la série ; lancement médiatique digne d’un blockbuster (n’oublions pas que c’est la série censée avoir amené Netflix dans la cour des grands). Alors à la rigueur, un gros truc pailleté hollywoodien, pourquoi pas ? Mais il faut que la série soit à la hauteur de son plan marketing. On l’annonçait comme sulfureuse, scandaleusement méchante, et surtout très novatrice pour montrer que Netflix pouvait faire dans la création haut de gamme. Malgré un accueil très positif, j’ai l’impression que beaucoup se sont laissés prendre par l’artifice des arguments de vente. En effet, les promesses ne sont pas tenues. Sur l’originalité de la série, peut mieux faire. Bien avant le showrunner* Beau Willimon, d’autres ont écrit des personnages de politiciens manipulateurs autrement plus profonds, notamment Farhad Safinia pour Boss. Profit, qui date des années 90, inspirait déjà la nouvelle génération de l’époque dont faisaient déjà partie Fincher (avec Fight Club) et Spacey (avec son cynisme mis en scène par Sam Mendes dans American Beauty), alors que le personnage de Jim Profit semblait lui-même très marqué par Patrick Bateman dans American Psycho de Breat Easton Ellis. Donc, tant sur la noirceur du monde politique que sur le fait de rendre un personnage principal très antipathique (un trait dramatique propre aux thrillers du tournant 90/2000), rien de nouveau sous les tropiques. De plus, Frank Underwood, le personnage incarné par Kevin Spacey, principalement défini par son besoin de vengeance, en devient caricatural. Il est l’archétype du méchant sans cœur englué dans la manipulation. Et c’est à peu près le cas pour la plupart des personnages qui sont des stéréotypes du genre : la journaliste qui veut percer, la femme derrière l’homme (même si on aime vraiment Robin Wright d’un amour fou)… On peut aussi reprocher à la série le temps infini de sa mise en place, et souligner le fait que pendant un certain temps, il ne s’y passe quand même pas grand chose. Bref, sous ses allures de série de luxe, House of Cards souffre d’un problème assez propre à Fincher : une oeuvre a beau être impressionnante dans la forme, sans le fond, elle n’est rien.

3. Maguelonne et Hannibal

Hannibal

Hannibal et moi, c’est une cruelle histoire de déception et d’incompréhension. La série avait tout pour me plaire : Bryan Fuller aux manettes ; l’oeuvre de Thomas Harris pour point de départ ; Mads Mikkelsen dans le rôle du Docteur Lecter (encore mieux que Sir Anthony Hopkins himself !) ; la perspective de troubles et intenses rapports de domination… Je me suis donc empressée de regarder le premier épisode dès qu’il est sorti. Je n’ai pas tout de suite voulu me l’avouer mais, déjà, j’avais déchanté. La psychologie des personnages, que j’espérais fine et subtile, me semblait développée à grands coups de truelle : cauchemars et crises pour Will (Hugh Dancy), représentés comme de répétitives séquences sous acide, et sourire narquois pour Hannibal. Tous les personnages ont évidemment une faiblesse dont ce dernier pourra facilement abuser. À chaque épisode son nouveau serial killer, dont la mise en scène est plus macabre et plus glauque que tout ce qui a été vu auparavant : surenchère de mutilations et de bois de cerfs, sur des jeunes femmes la plupart du temps. À chaque épisode sa nouvelle enquête, bouclée plus ou moins mystérieusement : j’ai eu l’impression de retrouver les clichés des pires standalones* de séries policières. Je reconnais le travail esthétique effectué dans la série, mais l’étalonnage « nuances de gris » inspiré de David Fincher (encore lui) ne m’a jamais beaucoup plu. Le gimmick « un dîner presque parfait chez Hannibal » a fini par m’agacer (il cuisine de la viande rouge : clin d’œil, ce n’est pas du bœuf, clin d’œil). Ces petits détails ne suffisent pas pour hisser la série au niveau de son ambition, et en font un Esprits criminels amélioré plutôt que le joyau de macabre et de perversité que j’attendais. J’ai presque fini la première saison, et je ne comprends toujours pas ce qu’on peut trouver à la série, à part l’audace d’être gore sur un network.

4. Encore Maguelonne et Breaking Bad

breakingbad

Avant de mettre ma tête à prix et de maudire ma famille sur cinq générations, laissez-moi dire que j’apprécie Breaking Bad. Oui, c’est une bonne série, Bryan Cranston joue très bien (Aaron Paul, Anna Gunn et tous les autres aussi), mais de là à être sacrée meilleure série de tous les temps… J’ai commencé à la regarder sur le tard : le phénomène battait son plein, et partout on chantait ses louanges. En particulier, j’avais cru comprendre que son suspense était sans pareil, et que se mettre à Breaking Bad, c’était faire un marathon sans répit, arrêter de manger, de boire et de dormir pour regarder tous les épisodes disponibles. Un visionnage qui produit cet effet sur moi est un visionnage réussi, et j’ai entamé la première saison confiante, après une bonne nuit de sommeil et avec quelques provisions pour tenir le siège. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise quand, à la fin du pilote, eh bien… Je n’avais pas tellement envie de mettre le deuxième épisode. Je voulais bien voir la suite, mais pas forcément dans l’immédiat. J’ai persévéré, pensant que l’addiction devait survenir au cours de la première saison, mais elle n’est jamais vraiment arrivée. J’ai donc suivi la série avec intérêt, mais sans passion, et me demande encore ce qui a pu générer une telle adoration. Ce n’est probablement pas l’apparence de la série, assez peu soignée selon moi. Les personnages ? Walt est un gentil père de famille et un impitoyable criminel ; Jesse est un dealer maladroit au cœur d’or ; Skyler est une mère attentionnée et une épouse rigide ; Hank est un flic talentueux mais névrosé. Ils sont plus binaires que nuancés, et ne me semblent pas exister en dehors du récit qui nous occupe dans la série. L’écriture de Breaking Bad est souvent citée en exemple et encensée. Mais c’est elle qui contribue à me détacher du récit en me faisant trop sentir la présence des scénaristes : les symboles, les boucles, les répétitions, tout m’apparaît comme clairement écrit, pensé, calculé. C’est très sophistiqué, mais aussi un peu artificiel. Je préfère quand les techniques de narration se fondent dans la narration elle-même pour donner une impression de facilité, de fluidité, pour faire oublier les efforts d’écriture fournis en amont ; or l’ombre de Vince Gilligan plane dans chaque séquence de la série avec un air satisfait.

5. Geoffroy et Friends

friends

Dix saisons. Dix saisons de trentenaires niais qui nous racontent leurs angoisses, dix saisons de « Tu pues le chat », dix saisons sans jamais déménager de ce quartier hors de prix pour des jeunes en galère. Friends représente à mes yeux ce qui différencie les sitcoms des 90’s des petites merveilles qui ont débarqué durant la décennie suivante : l’absence d’évolution des personnages, une intrigue linéaire, des gags répétés à l’infini. Dix saisons de colocation avec de jeunes adultes, immatures certes, mais au comportement lissé. Il est très franchement délicat de se souvenir de ce qui s’est passé durant tous ces épisodes mis à part qui souhaite sortir avec qui, qui sort avec qui, qui ne va pas tarder à ne plus sortir avec qui, qui commente avec qui la relation entre Machin et Bidule. Plus on avance dans le programme, plus la théorie selon laquelle tout le monde doit à un moment sortir avec tout le monde devient assez concrète. Ross (David Schwimmer) est toujours so cute à être tellement maladroit, Monica (Courteney Cox) ne sait toujours pas s’occuper de ses oignons, Rachel (Jennifer Aniston) a toujours la « coupe Rachel ». Ne parlons surtout pas du générique dont on a tous soupé pour le reste de notre vie, merci pour le trauma. Dix saisons de Joey (Matt LeBlanc) et ses fringales déboucheront sur deux saisons de Joey tout court. Maintenant tout est fini, les rediffusions sont programmées dans des cases horaires fantômes. Vous semblez un peu pâle, profitez-en pour ouvrir une fenêtre.

6. Clara et Game of Thrones

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A-t-on jamais vu série faisant plus parler d’elle que Game of Thrones ? La série collectionne les superlatifs : record de seins montrés à l’écran, de dragons subissant des mauvais traitements, d’incestes, de boyaux laissés à l’air libre, de fonds verts numériques, ou encore de blagues vaseuses injustifiées sur les eunuques. Ses détracteurs sont aussi hystériques que ses fans. La série lasse tous les hipsters de la frange dure et les enquiquineurs du devant de la classe qui affirment avoir lu les livres sans qu’on en ait jamais vu la moindre preuve. Ils clament à tort et à travers que Game of Thrones, c’est chiant, tandis que les amoureux de porno médiéval s’arrogent bruyamment le droit de commenter chaque épisode dans le moindre détail. Alors oui, ces gens sont des plaies, mais au fond, ont-ils tout à fait tort ? Car là où le bât blesse, c’est l’éternel problème de l’adaptation télévisuelle d’une oeuvre littéraire encyclopédique. GoT devient ainsi la source de maux de tête compréhensibles pour qui voudrait retenir le nom des mille et un personnages introduits dans la série, des embrouilles passées, présentes et futures entre familles, et des intrigues parallèles à 10 000 km de distance. Dans les livres, le rapport temps/distance n’est pas tout à fait le même que sur HBO où l’obligation de synthétiser rend le scénario encore plus complexe, d’autant que les événements ne sont pas toujours hiérarchisés dans la série. Alors forcément, à King’s Landing, où 10 minutes de dialogues font basculer la série, ça avance trop vite, alors qu’on on a envie de hurler à la mort d’ennui en voyant Jon Snow (Kit Harington) bouder dans la neige, et Daenerys (Emilia Clarke) bouffer du cheval dans la pampa. Ces intrigues vécues comme périphériques pour le téléspectateur ont le potentiel de lasser, ET le clan des lecteurs qui ronge son frein devant la lenteur de certains épisodes, ET l’autre camp qui monte sur ses grands chevaux chaque fois qu’un micro spoil* surgit quand il demande innocemment des détails sur telle ou telle famille qui parle sans cesse de vengeance dans des monologues obscurs. Game of Thrones ne fait pas partie de ces séries qui brusquement prennent un tournant scénaristique à la mords-moi-le-nœud. Elle restera fidèle jusqu’au bout aux sacro-saints livres, parce que David Benioff et D.B. Weiss, ses créateurs, sont des geeks jusqu’à la moelle. Mais c’est également la faiblesse principale de cette série qui pêche par ambition narrative et visuelle, nous faisant presque regretter les économies de bout de chandelle de Merlin.

27 réponses à “Top 6 des séries les plus surestimées (selon certains)

  1. D’accord pour Girls par contre, je ne suis pas d’accord du tout pour Friends ! C’est la série culte que je connais par coeur :) Vive Friends et vive les rediffusions !

    • girls et une serie tellement bien ecrite et surtout bien jouer que je comprend pas la personne qui trouve gossip girls plus interresant alors que cela a l air d un mauvais magasine de mode de mauvais gout !

  2. Prenez le temps de finir la série avant de faire des jugements un peu trop attifes à mon goût.. Hannibal par exemple, où regarder la saison 1 et même pas en entier n’est pas du tout suffisant.

    • Quand vous n’aimez pas un plat (à manger).
      Est-ce que vous finissez quand même votre assiette ? Celle de vos voisins ? Et récurer le plat jusqu’au bout ?
      Non.
      Je déteste le dessin animé Totally Spies que ma nièce regarde. Est-ce que pour avoir le droit de détester Totally Spies, je suis obligé de regarde TOUTE la série ?? Avouez que ça n’a aucun sens.

  3. Bonsoir,

    je m’interroge au sujet de la pertinence d’un article composé exclusivement de points de vues de personnes n’ayant pas apprécié des séries qui font pas mal d’audience. Quel est le but ? Démontrer que l’on a tort d’apprécier une série à succès pour la raison triviale qu’on prend du plaisir à la regarder ? Ou alors laisser pour une fois la parole à ces téléspectateurs oubliés que la pensée dominante écrase jusqu’à l’asphyxie ?
    Dans les deux cas, ça me laisse à peu près indifférent.

    Cordialement.

    • J’ai bien pensé à Downton Abbey en effet :) Série que j’ai trouvé pourtant brillante durant 3 saisons, mais son inaptitude à intégrer l’évolution du monde aux intrigues d’alcôve du domaine a été plutôt dommageable à la saison 4 je trouve.

  4. Et Docteur Who ! Et The Big Bang Theory, et How I Met Your Mother, et tellement d’autres.
    Ce qu’il y a de bien dans l’inventaire des défauts et des « petits trucs qui ne nous ont pas plu », c’est qu’on peut le faire subir à n’importe quelle série.

    Cordialement.

  5. Comme pour les séries citées, notre article a très certainement des défauts, mais la liberté est totale sur ce blog et les auteurs ont voulu donner leur avis sur certaines séries pour lesquelles le traitement critique a souvent (pas toujours) été unanime. Bien évidemment le but n’était pas de blesser ou d’attiser la haine et nos avis, comme l’article le précise sont très subjectifs et n’engagent que nous. Donc évidemment, chacun pourrait faire son propre top (et n’hésitez pas à le faire, vos avis nous intéressent). Dans tous les cas nous avons essayé d’argumenter du mieux que nous le pouvions, en essayant d’ouvrir le débat. Et nous sommes heureux qu’il soit si passionné !

  6. La saison 4 de Downton Abbey était moins intense aussi (moins de morts et c’était fait pour d’après le créateur de la série) mais un moment qui a été beaucoup commenté sur internet (concernant un personnage féminin). La saison 5 va amener je l’espère des nouveaux personnages ! Un petit saut dans le temps (3 ans ou plus), ce serait sympa !

  7. Breaking Bad Surestimé !?
    Rah les poltrons …
    Game of thrones #DALLAS_avec_dragons , complèt’ment, m’enfin Breaking Bad, Naméo !

    • a mon avis game of thrones la meilleure serie de tout les temp ceux qui n aime pas on le droit qui regarde la grosse daube les feux de l amour pour pas aimer game of thrones il faut etre debile et bète

  8. Baser une critique sur « je ne comprends pas », « il n’y a pas de suspens », « c’est lent », « c’est artificiel » est, je crois, la critique niveau 0. Je n’imagine même pas ce que cela donnerait si les critiques littéraires faisaient la même chose.
    On ne prétend pas juger une série objectivement (car toute critique se veut être objective, auquel cas ce n’est pas une critique, mais un avis) sur des critères si subjectifs. De plus, les séries nommées sont toutes celles qui sont en tête des classements et appréciations : rien de bien difficile, en fait.
    Autant, je peux comprendre que la lenteur de GoT découragent certains (même si votre passage sur les dialogues est totalement abscons, car les dialogues sont l’action majeure de la série, et l’endroit où la narration initiale du roman est présente), mais que dire des autres arguments ! Je crois que vous ne comprenez pas les enjeux fondamentaux de ces séries, ainsi que leur fonctionnement esthétique. Je prends l’exemple d’Hannibal : lisez simplement le script, accordez de l’importance aux dialogues, et vous verrez la réelle profondeur de la série. Les références à la fois aux autres films, au roman, les références littéraires, culinaires, psychologiques et surtout philosophiques -bien que très discrètes- sont excellentes : « nous sommes tous des poissons nietzschéens » dit Hannibal. Je ne peux que vous aviser de regarder la saison 2, qui donne le sens de la première. Alors oui, ce n’est pas une série tout public, et heureusement : Hannibal crée un nouveau concept cinématographique, celui de baser l’intrigue, le suspens, la profondeur, les passions, les attentes, sur l’esthétique (tant au niveau visuel qu’interprétatif). C’est pour ça qu’elle est une oeuvre d’art. Je vous renvoie au dernier épisode de la deuxième saison, à partir de « I wanted to surprise you, and you wanted to surprise me », pour comprendre ce que j’entends pas « choix de l’esthétique ».
    Quelques mots encore sur House of Cards : je ne reviens pas sur vos arguments, qui veulent faire un stéréotype des choses qui ne le sont pas. L’antihéros n’est pas stéréotypée, l’ambitieuse non plus : c’est vous qui les transformer ainsi, oubliant les détails de chaque personnage qui créent leur profondeur scénaristique (saison 2, Frank Underwood et la guerre de Sécession ; la scène où Claire pleure dans l’escalier ; la scène où Francis vante son mariage auprès d’Adam ; le dialogue final de Frank et Freddy etc). Mais je voudrais attirer votre attention sur l’intelligence pratique de la série : alors qu’on croyait que Francis allait gagner contre Tusk tranquillement; sans grand peine, ayant l’aval du président, Tusk comparaissant devant la justice, les scénaristes introduisent progressivement le retour de la compassion du Président pour Raymond, jusqu’à utiliser une arme institutionnelle, la seule dont le Président des USA dispose, à savoir la grâce présidentielle. Cet unique pouvoir fait rebondir toute l’intrigue, et elle est là l’intelligence : utiliser ce à quoi personne, pas même les politiques les plus chevronnés, n’a pensé. Autre détail, l’épisode nous montrant Frank faisant passer de force une loi au Sénat ; épisode qui a pu paraître longuet à certains, mais encore une fois, HoC n’est pas une série tout public. C’est une série politique ; et lorsque l’on comprend et connait tous les enjeux de la politique américaine, ses fondements et son histoire, alors la série devient un véritable chef-d’oeuvre.

    Une nouvelle fois, je critique votre article car il me semble être teinté de mépris et d’incompréhension face aux réels enjeux des séries présentées (j’aurais pu faire sur GoT ET Breaking Bad, mais il y aurait tout autant, sinon plus à dire pour la première) : je sais que je me place dans une position élitiste, mais il n’y a que comme cela, à mon sens, que l’on peut s’autoriser à émettre une « critique » et non un avis (que je respecte complètement par ailleurs).

    Bonne soirée.

    • Je me permets de répondre sur GoT, je pense que l’on s’est mal compris. Tout d’abord quand j’évoque ceux qui trouvent GoT lente, je n’exprime en aucun cas mon avis car je suis une fan de la première heure ET des livres ET de la série (dont les défauts m’apparaissent néanmoins plus visiblement que ceux des bouquins). Mais je me mets à la place des gens qui regardent GoT et qui me disent qu’il y a des problèmes de rythme dans la série (point de vue que je partage dans une certaine mesure), ou encore que c’est le vide intersidéral niveau action (point de vue que je ne partage absolument pas). De manière générale, je préfère même largement les séries dont l’écriture casse les codes scénaristiques classiques que je trouve artificiels (Treme est une de mes séries cultes). En ce qui concerne les dialogues, c’est justement ce que je mets en valeur, leur richesse et leur densité constituent une bonne part de l’action et c’est pourquoi les scènes à Kings Landing me passionnent autant dans la série que dans les livres. Un top des séries surestimées ne veut pas dire pour ma part que GoT est au niveau zéro mais bien que GoT ce n’est pas toujours le summum de l’art télévisuel (malgré des épisodes que je trouve absolument brillants).

      Je pense qu’il y a largement d’espace de réflexion dans la critique sériephile pour ne pas avoir à s’envoyer des « vous n’avez rien compris à cette série » quand on émet une argumentation différente (pour GoT pas si différente au final…). Enfin, nos tops sont écrits dans un esprit léger et second degré avec l’objectif de faire court pour ne pas prétendre justement dispenser un savoir universitaire qui n’aurait pas sa place ici. Je pense que personne dans cet article ne prétend à l’objectivité, et c’est assez explicite.

      Si les séries choisies sont toutes dans les plus populaires et dans le top des classement des meilleures séries c’est bien parce qu’on parle de séries surestimées censées faire l’unanimité et dont on parle à outrance dans les médias. Nous serions bien en mal de choisir une petite série dont personne mis à part les sériephiles ne connaît l’existence…

  9. Je m’excuse pour les quelques fautes de grammaire présentes !
    Je développe juste un point fondamental pour comprendre les enjeux politiques de HoC : la question du libéralisme économique (et donc politique) est centrale (les conflits entre lobbyistes, chefs d’entreprise et personnages politiques) ; la question de la double souveraineté et du fédéralisme aussi (la guerre de Sécession rappelée) ; la question des Indiens etc.

  10. Je voudrais revenir sur la critique de GoT:

    Les livres se prêtent extrêmement bien à l’adaptation télévisée, tout simplement parce que l’auteur a une expérience de la scénarisation télé et des problématiques qui viennent avec. C’est à dire que la série littéraire a été écrite en reprenant très fortement les mécaniques scénaristiques (gestion des cliffhanger, développement des perso) qu’on pourrait attendre d’une série télé (c’est pour ça qu’elle fait un carton en temps que série de bouquin d’ailleurs). L’auteur écrit d’ailleurs le script d’un épisode par saison, en plus d’être très régulièrement consulté sur pas mal de points lors de la conception des épisodes.

    L’adaptation télé de GoT est triviale à partir de là, même si les deux supports sont différents. La critique d’une opposition bouquin/série n’est donc pas si forte que ça.

    Je vois aussi une certaine débilisation de l’audience des séries télé (ow trop de personnages… mouais), et la perception de la série par les lecteurs est en générale très bonne. Sur quoi basez vous votre perception de la communauté de lecteurs de GoT? Si on prend par exemple la communauté reddit, l’adaptation télévisée, si elle est parfois critiquée, est en général très bien considérée.

    Du fait de ce que j’ai dit plus tôt, certains passages clé scénaristiquement parlant ou personnages se transmettent infiniment mieux dans le support télévisé que dans les bouquins (par ex le personnage d’Oberyn Martell est exactement le même que dans le bouquin, mais l’acteur de la série sublime totalement son personnage original).

    D’autre part:

    « Elle restera fidèle jusqu’au bout aux sacro-saints livres, parce que David Benioff et D.B. Weiss, ses créateurs, sont des geeks jusqu’à la moelle. »

    Bien au contraire, la série démontre des déviations par rapport aux livres, pour s’adapter au support que représente la télévision. La concentration des différents membres masculins de la famille Tyrell (dans les bouquins) dans le personnage de Loras (dans la série) par exemple. La saison 4 en particulier (dans le dernier épisode) a pris quelques tournants qui changeront radicalement le traitement de certaines scènes et qui influenceront beaucoup le développement psychologique des personnages.

    De plus, il est évident que la série télévisée dépassera les bouquins. La saison 5 devrait déjà traiter des éléments des bouquins qui ne sont pas encore sorti. Etant donné le rythme de rédaction de l’auteur, il y a de très fortes chances que la série finisse avant les livres. Partant de là, D&D, bien qu’au courant de la trame générale, font forcément dévier. Il faut considérer GoT et son adaptation comme deux oeuvres différentes, voire qui se complètent.

    Du coup: « Mais c’est également la faiblesse principale de cette série qui pêche par ambition narrative et visuelle » me semble hors propos. Adapter GoT est une entreprise ambitieuse tant du point de vue narratif que visuel, et les auteurs de la série ont pu montrer qu’il sont capable de dévier du matériel littéraire et de produire des scènes d’une qualité exceptionnelle (interactions Arya/Tywin, Bronn/Jaime par exemple).

    Je trouve ça admirable de faire un article un peu hipster sur les séries qui marchent, mais pour GoT il vous faudra plus de lignes que cela pour convaincre.

    • D’accord avec vous pour plein de choses ! Mais je pense qu’il y a quand même plusieurs problèmes dans l’adaptation. Le fait d’avoir rattrapé le tome 5 (édition originale) dans la saison 3 me semble par exemple incongru, ils auraient peut être mieux fait de laisser Bran et Theon de côté, au lieu de vouloir à tout prix montrer où ils en étaient. Et le changement concernant Jaime est ce qui m’a le plus déplu, effectivement ça modifie son développement psychologique, mais pour moi d’une manière pas du tout logique…
      Quant à la « débilisation » de l’audience, je pense qu’il s’agit plutôt d’un problème d’attentes. La majorité des spectateurs attend de Game of Thrones des batailles, des morts et l’avancement de l’intrigue principale, donc quand la série « s’attarde » sur plein de personnages qui semblent inintéressants parce que détachés de l’intrigue principale et sur les dialogues, on a vraiment l’impression qu’il ne se passe rien ; c’est dû au montage de la série, chaque épisode condense le plus grand nombre de « et pendant ce temps là à king’s landing » possible, sauf que chaque intrigue avance donc trèèès lentement, plus lentement que dans les livres où chaque chapitre voit une vraie progression. C’est pour moi le problème principal de l’adaptation, en voulant satisfaire tout le monde (les fans de jon et les fans de tyrion et les fans de daenerys et…) on manque d’un regard surplombant, englobant ; en sachant que l’essentiel du récit n’est pas fait de batailles mais de voyages d’un point à un autre et de manigances, choses qui passent moins bien à l’écran, et il faudrait donc veiller à ne pas les laisser s’éterniser (coucou arya !).
      Du coup c’est pas forcément sous estimer le public, mais dire que la série veut trop s’attaquer à tous les fronts ^^ les lecteurs sont satisfaits parce qu’ils savent quelle est la direction générale de la série, et se plaignent plutôt lorsque l’adaptation n’est pas fidèle, parce qu’ils ont le regard surplombant qui manque aux autres spectateurs. (amha)

    • Je réutilise votre commentaire pour répondre du coup ;)

      Votre premier paragraphe (à propos de laisser des intrigues de côté) fait sens mais cela n’est pas possible au regard de la vie des acteurs, des contrats et du fonctionnement des dessous de scène. Ce choix scénaristique (imposé) n’est pas vraiment maladroit, juste différent, et produit du coup deux oeuvres différentes, comme je l’ai dit dans mon précédent commentaire.

      « Quant à la « débilisation » de l’audience, je pense qu’il s’agit plutôt d’un problème d’attentes. La majorité des spectateurs attend de Game of Thrones des batailles, des morts et l’avancement de l’intrigue principale, donc quand la série « s’attarde » sur plein de personnages qui semblent inintéressants parce que détachés de l’intrigue principale et sur les dialogues, on a vraiment l’impression qu’il ne se passe rien »

      Je ne sais pas trop si c’est là l’attente des spectateurs de Game of Thrones. La série est plus une série de politique médiévale en niveau de gris, sous vague fond fantastique, et il n’y a pas tant de batailles (montrée) ou de mort dans la première saison par exemple (hormis celle de Ned, emblématique). Il n’y a qu’une unique bataille majeure dans la seconde, et dans la troisième le point fort a plutôt été le massacre du Red Wedding. Mais ce qui intéresse, plutôt que le sang, la mort et le sexe, ce sont plutôt les implications sur l’univers et le scénario de tous ces évènements (et donc l’évolution politique de Westeros au final). La série n’aurait jamais connu un tel succès si elle se contentait d’être un tas de scène brutale, immorales et pornographique (même si ces éléments pulsionnels y ont clairement contribué). C’est la profondeur de l’univers, des personnages et les conséquences de leur interaction qui nourrit le succès de la série (littéraire comme télévisée).

      Et comme je disais, les scènes de dialogue (« inintéressantes » et hors de la trame principale donc selon vous) sont vraiment le point fort de la série télévisée d’un point de vue du contenu original qu’elle apporte aux oeuvres littéraire, et c’est pour ça que critiquer la série dans sa globalité sur la base d’une opposition livre/série me semble un non-sens, sans même considérer que la différence de support fait qu’il est de base maladroit de juger l’un par rapport à l’autre et vice-versa. Les scènes Arya/Tywin de la saison 2 sont tout simplement sublime quel que soit le point de vue considéré, elles apportent un regard différent sur ces deux personnages (en plus de servir le but de familiariser l’audience avec Tywin, peu vu jusqu’alors) et les acteurs ont fait un travail fantastique.

      On peut à la rigueur contester certaines décisions d’adaptation (et encore, n’ayant pas vu les implications de certaines de ces décisions, il serait hâtif de les juger néfastes), mais d’une manière générale, qualifier GoT de « série surestimée » me semble, justement, un petit peu hâtif. D&D nous livrent clairement un des meilleurs travaux d’adaptation de contenu littéraire qui soit, en prenant pour base une série littéraire construite selon les codes de la télévision.

    • Quand je parlais des batailles et des morts et de « scènes inintéressantes » ce n’était pas pour moi, c’était des avis que j’ai entendus / lus très souvent, personnellement les batailles ne m’intéressent pas vraiment ^^
      J’adore Game of Thrones et A song of ice and fire, mais elles ne sont pas du tout exemptes de défauts. Or GoT est un énorme phénomène, auquel on accole tous les superlatifs, de même que les autres séries de l’article. Du coup « séries surestimées » c’est seulement pour rappeler que l’engouement pour une série, quand il est aussi extrême, manque parfois de discernement : une série très réussie n’est pas une série parfaite, et le succès de certains shows tient parfois beaucoup à des caractéristiques de production et de promotion, et non à son contenu – je pense à Hannibal, ou à la prestigieuse House of Cards. Enfin, pour moi c’est crier au génie alors que la série n’est pas terminée ou compte une seule saison qui me semble un peu hâtif ^^

  11. Perso, gros fan de Game of Thrones, pour moi, tout se jouera à la grande bataille de fin entre tout le monde. Là seulement on vera si on c’est bien foutu de notre gueule ou si y a vraiment un talent derrière. Il joue énormément sur l’envi et le dosage des ingrédients (j’ai d’ailleurs beaucoup d’amis qui ont arrêté de regarder car tellement chauffer par le marcheur blanc du pilote et se rendant compte qu’on les voit quasi plus après). Beaucoup d’épisodes comptent uniquement sur les 5 minutes de fin pour faire du suspens, de même, y a pas plus facile de tuer un perso à chaque fin d’épisodes pour choquer la populace… Bref.
    Sinon, Hannibal ça m’a soulé aussi. Surtout le manque flagrant de réalisme de la série qui est pour moi son principal défaut.

  12. Friends n’a rien d’extraordinairement et est même d’une niaiserie consternante. NCIS aussi est trop surestimée, histoires des personnages assez nulles, enquêtes tres banales.

  13. Game of Thrones est une mauvaise série, qui dès la deuxième saison ne se donne même plus la peine de poser les questions clean et « américanisées » sur la vie, la mort, etc. Côté argument, c’est racoleur, méprisant et simpliste. Côté réalisation, c’est répétitif, surjoué de façon permanente pour la plupart des rôles et racoleur. Seul peuvent échapper à la critique le générique intéressant et la musique. Et bien sur la promotion de la série !!!

    The Walking Dead, qui a échappé heureusement à la critique de cet article, malgré sa relative répétitivité et quelques maladresses de scénario inhabituelles outre Atlantique, a le mérite de faire poser des questions tout en distrayant et en entretenant le suspense.

  14. Très drôle !
    Vous auriez pu citer également Mad Men série culte et bien surestimée que pas grand monde n’a vu mais qu’il était de bon ton d’avoir vue, série pénible, impossible à conseiller « tu verras, les 3 premières saisons sont soporifiques – à part quelques trop rares fulgurances talentueuses – mais à partir de la 4 c’est super »

  15. Je m’arrête ici sur la série « Hannibal », car je trouve que comme souvent, les critiques qui lui sont adressées sont injustes et résultent d’une mauvaise interprétation.
    1) exemple flagrant de l’erreur commune à tous les détracteurs d’Hannibal : prendre la série pour une fiction policière. Non, « Hannibal » n’est pas une série policière ! Même si elle peut parfois s’en donner l’air. L’enquête et la traque des tueurs sert d’abord de prétexte à l’introspection des personnages. N’avez-vous pas remarquez qu’à chaque épisode, le trait dominant du tueur fait écho au questionnement personnels de nos héros sur eux-même, voir à un drame personnel ? exemple : épisode 5, Jack Crawford réalise que son épouse est atteinte d’un cancer en écoutant la femme du meurtrier parler du changement d’attitude de son mari depuis sa maladie.
    2) l’invraisemblance : c’est parfaitement VOLONTAIRE. Si Hannibal n’est pas une série policière, elle se rapproche en revanche du thriller, au sens large du terme. Tout y est manipulation, faux-semblant et distorsion de la réalité. On adopte avant tout le point-de-vue de Will Graham (et parfois celui d’Hannibal), un personnage qui dès son entrée en scène se caractérise par une perception assez distordue de la réalité. Ajouté qu’il analyse les scènes de crime à travers le regard de ses tueurs qui perçoivent eux-même leurs actes différemment du commun des mortels. L’important dans l’esthétisme de la mise en scène n’est pas le réalisme mais le dessein initial : « this my design ».
    3) La lenteur : certes, on ne peut pas argumenté beaucoup là-dessus. C’est un fait, « Hannibal » est lent. Paradoxalement, la série oblige le spectateur à rester à l’affût car le moindre détail peut-être lourd de sens : un dialogue alambiqué, un clignement d’yeux, l’occupation de l’espace, tout est prétexte à des symboles et des messages cachés.
    En réalité, ce n’est qu’au milieu de la saison 2 que la série dévoile sa véritable intrigue : la lente descente aux enfers de Will Graham, sa transformation progressive et insidieuse en prédateur et sa relation ambiguë (tantôt conflictuelle, tantôt fusionnelle) avec son double et sa némésis : Hannibal Lecter.

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