Semaine d’un sériephile (23) : deux filles à New-York, Ian Fleming et des amours extraterrestres

Grâce aux nouvelles séries arrivées en ce début 2014, mon planning série s’est considérablement étoffé. Cette semaine, aucune des trois séries que je vous présente ne m’a convaincue. A vous de vous faire votre avis.

De web-série à série tout court

Broad City est dans la tendance : d’abord web-série, puis spectacle occasionnel, cette nouvelle comédie de 20 minutes environ suit les mésaventures new-yorkaises de deux amies d’une vingtaine d’années. Abbi Jacobson et Ilana Glazer, le tandem à l’origine de la création de cette web-série/spectacle/série, jouent également leur propre rôle et pour l’anecdote, Amy Poehler est productrice exécutive du show.

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La comparaison avec Girls est inévitable : des auteures/actrices, New-York, le même style brut (vs Gossip Girl), des protagonistes féminins. Mais les points communs s’arrêtent là. Broad City est plus trash que sa “cousine”, plus franche, encore moins sophistiquée. Abbi et Ilana sont fauchées, elles sont, chacune, coincées dans des jobs ennuyeux, et sont capables du pire pour pouvoir, dans le pilote, assister au concert de Lil’ Wayne : elles volent, elles font la manche en jouant de la “musique”, elles se retrouvent à faire le ménage en petite culotte chez un pervers sexuel, rien ne les arrête. Ces deux nanas se montrent sous leur vrai jour, il n’y a pas d’artifices ni dans le scénario ni dans la réalisation d’ailleurs. La série est à la limite du politiquement correct (blagues racistes, scène de lendemain de cuite…). Qu’elles soient bourrées, humiliées, malades, ou en plein acte sexuel, rien ne nous est épargné.

Je n’aime déjà pas Girls pour son côté “réaliste” et hipster, alors vous pouvez imaginer que je n’ai pas apprécié Broad City. L’humour de cette série est particulier, je n’ai pas ri une seule fois, j’étais soit choquée, soit dégoûtée, je l’avoue. Je ne suis vraiment pas la cible pour ce genre de séries. Dans le genre « comédie sur deux amies fauchées », je suis plus fan de 2 Broke Girls.

 Ian Fleming avant le succès James Bond

Pour commencer, je ne suis pas du tout familière avec l’univers James Bond, j’apprécie peu le personnage en fait. Je me suis intéressée à cette mini série car il s’agissait d’un period drama, qu’elle porte la marque BBC et que, par ailleurs, je ne suis pas insensible au charme de Dominic Cooper.
Fleming : The Man Who Would Be Bond revient sur les années pendant lesquelles Ian Fleming travaillait en tant qu’espion pour la British Naval Intelligence, bien avant qu’il rédige Espions, faites vos jeux dans lequel le monde entier fera connaissance avec le personnage de James Bond. Dès le départ, Ian Fleming est présenté comme un aristocrate, arrogant, séducteur invétéré, qui dépense plus qu’il ne gagne et qui s’avère inefficace dans son travail. Vilain petit canard de la famille en comparaison de son célèbre frère Peter Fleming, Ian  va finalement trouver sa voie dans l’espionnage, plus excité par le risque et l’aventure que par la volonté de rendre justice. La mini-série aborde également son attirance pour une femme mariée, qui finira par devenir sa femme : Ann O’Neill.

Fleming article

Cela étant dit, j’ai été assez déçue du résultat : quand bien même la fiction souhaite coller à la réalité et refuse de faire de Ian Fleming un parfait gentleman, les scénaristes auraient pu le rendre un peu plus attachant voire intéressant. En effet, le personnage est assez antipathique et c’est un homme lambda de sa classe sociale. Certes, c’est une tête brûlée en quête d’action mais rien ne le rend intriguant, il est charmant mais pas captivant. Au final, on se soucie peu de ce qui peut bien lui arriver. Qu’il s’agisse de Fleming ou de quelqu’un d’autre cela aurait été pareil. Le contexte de Seconde Guerre mondiale, les opérations qui s’en suivent et les oppositions politiques sont bien plus intéressantes que le héros en lui-même.

Roswell 2.0 ?

Juste par curiosité, et parce que j’aime bien commencer une série par le pilote, j’ai passé 45 minutes devant Star-Crossed. Une perte de temps ? Peut-être.  L’histoire commence en 2014 lorsqu’un vaisseau extraterrestre s’écrase sur Terre. Evidemment, tous le monde est terrifié, à commencer par les aliens et les forces de l’ordre. Ça tire de partout, ça court. Un petit garçon alien (Roman) trouve refuge dans une grange et se lie d’amitié avec une petite fille humaine (Emery) qui habite dans la maison d’à côté. Mais cela ne dure qu’un temps : il est retrouvé puis capturé.
Et hop, nous effectuons un bond dans le temps de 10 ans. Les aliens sont regroupés dans une sorte de ghetto dont ils ne peuvent sortir qu’à certaines conditions. Un groupe d’ados aliens est envoyé dans le lycée du coin dans le cadre d’un programme expérimental/gouvernemental qui vise à l’intégration de leur communauté dans le monde humain.

Star-Crossed article

Roman et Emery ont bien grandi et comme vous pouvez vous en douter, il y a de l’amour dans l’air. Evidemment, tout est compliqué car ils ne viennent pas de la même planète et les Atrians (le nom du peuple extraterrestre) sont victimes de discrimination, ils n’ont pas les mêmes droits que les humains. La culture de ces nouveaux venus est aussi très différente (ndlr : leur langage a été développé par David J. Peterson, le linguiste notamment responsable de la langue Dothraki dans Game of Thrones), donc pour l’intégration ce n’est pas gagné.

La comparaison avec la série Roswell est inévitable même si le contexte est différent. Emery et Roman seront-ils les nouveaux Max et Liz ? Je ne pense pas. Roswell a construit une trame spécifique, et Star-Crossed  a tout intérêt à prendre une direction différente : pas d’histoire de bébé, de conventions, de doubles etc… J’imagine un schéma plus classique mais avec une étude plus poussée de la culture des Atrians.  Car la question, ici, n’est pas celle de l’invasion ou de la domination d’une espèce sur une autre, mais bien celle de la confrontation de deux cultures qui doivent cohabiter.

Au delà de l’histoire d’amour, il y a une évidente critique sociale. Cependant, Star-Crossed n’apporte, pour l’instant, rien de nouveau. La CW a déjà dans ses grilles des séries similaires qui fonctionnent très bien : Beauty and the Beast, The Vampire Diaries, Arrow etc… Je ne suis pas hyper enthousiaste à propos de cette nouvelle série car on peut déjà voir se dessiner les différents obstacles aux relations humains/extraterrestre ; mais les bonnes surprises existent aussi, donc je pense regarder quelques épisodes supplémentaires.

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