Parker Lewis ne perd jamais VS Sauvés par le gong

Quand je repense au collège et au lycée, bizarrement, je ne me replonge pas avec émotion dans le magistral cours de maths de M. Lebrac, ou l’intensité des cours d’EPS de Mme Lebranchu… Et non, c’est bien triste mais que voulez-vous, ce qui marque ce sont plutôt tous ces petits à-côtés qui rendent les années de l’adolescence vraiment cool. Les blagues idiotes entre potes à l’intercours, les fêtes joyeuses et même les bons vieux râteaux ont parfois plus de poids que le théorème de pythagore…

Et ce qui est vrai dans la vie l’est encore plus pour les séries ! Vous vous souvenez de Parker Lewis et de Zack et ses potes dans Sauvés par le gong ? Dans les deux cas, à quoi bon les cours pourvu qu’on ait du fun. Deux séries tellement proches d’ailleurs qu’elles méritent bien une petite battle de la meilleure série d’ados rétro.

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Le visage d’ange de Zack l’aidera-t-il à gagner ?

A ma droite, la série qui a défini le genre de la sitcom pour ados : Sauvés par le gong, 4 saisons au compteur et deux spin off à son actif. Représentée par Zack et sa bande de potes, avec eux l’adolescence c’est party time all the time. A ma droite, Parker Lewis ne perd jamais, pesant 3 saisons et 73 épisodes, championne en titre de la série totalement barrée. Le match s’annonce serré.

So, are you ready?  Ladies and gentlemen, let’s get ready to rumble!

Round 1 : Le personnage le plus cool

Le petit monde du lycée est quasiment un univers à part entière avec ses codes, ses règles à maitriser. Les films et les séries US nous ont même appris à reconnaître les groupes bien marqués des footballeurs, des geeks ou des pom-pom girls qui peuplent les couloirs des lycées américains.

Dans ce genre d’endroit mieux vaut travailler son relationnel pour ne pas se retrouver dans la peau du marginal. Mais tout ça, ce n’est pas vraiment le problème de Zack Morris (Mark-Paul Gosselaar), dans Sauvés par le gong. On est bien loin de la dépression ! Le lycée, c’est son monde et ses codes, c’est quasiment comme s’il les avait inventés lui-même. Zack est un apprenti playboy, à l’aise quelles que soient les situations. Il cultive une complète décontraction qui devient presque un mode de vie. Un prof se coince le dos ? Pas de souci, emmenons-le à l’infirmerie sur un skate. A tout problème sa solution.

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Zack Morris, c’est aussi un style. Mèche toujours à sa place, pantalons jeans clairs et petites chemises colorées, sans oublier les indépassables baskets Air Max, Zack Morris incarne le style du début des années 90. Entre la cool attitude et le dress code, on est pas loin de se retrouver devant le Justin Bieber millésime 90, le côté sale gosse en plus.

Question cool attitude, Parker Lewis (Corin Nemec) ne semble rien avoir à envier à Zack. Même s’il a la fâcheuse tendance à s’embarquer dans les plans les plus mal partis, sa décontraction naturelle lui permet toujours de retomber sur ses pattes. Que ce soit pour pousser une fille à tomber sous son charme ou pour aider un ami, sa confiance en lui légendaire lui permet d’imaginer les scénarios les plus improbables pour mener à bien la mission qu’il s’est fixée. Sa devise : « No problem ». Avec un tel programme, pas étonnant que Parker Lewis ne perde jamais.

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Tranquille Emile

Au niveau du style, Parker Lewis n’est pas vraiment l’exemple du passe partout non plus. Mèche au vent en toute circonstance il est surtout reconnaissable entre mille par ses chemises, véritables feux d’artifices de couleurs et de motifs. Ce look a beau être très personnel, non seulement il serait assez tendance aujourd’hui, en pleine mode vintage, mais surtout il fait de Parker quelqu’un d’assez atypique. Plutôt bien vu pour un personnage un peu à part, qui semble se moquer des codes en assumant complètement sa différence. Et oui, avec Parker être cool c’est avant tout un état d’esprit !

Vainqueur : Si Zack et Parker ont pas mal en commun niveau cool, chez l’un il n’y a que l’apparence alors que chez l’autre c’est un vrai mode de vie. On t’aime bien Zack mais les Air Max ne font pas tout…

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Round 2 : L’amitié c’est comme un feu de bois

Si pour l’instant j’ai surtout parlé de Zack, il ne faudrait pas oublier que Sauvés par le gong est quand même avant tout la série d’une bande. En plus de Zack, on compte donc le sportif A.C. Slater (Mario Lopez), le geek excentrique Screech Powers (Dustin Diamond) et du côté des filles, la fashionista Lisa Turtle (Lark Voorhies), l’intello féministe Jessie Murtle Spano (Elizabeth Berkley) et enfin la lycéenne US typique, séduisante, populaire et évidemment cheerleader,  Kelly Kapowski (Tiffani Thiessen).

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Vous avez dit vintage ?

Pendant toute la série on observe tout ce petit monde s’apprivoiser, se rapprocher et surtout, surtout, flirter. Dès la première saison on sent qu’il y a de l’amour dans l’air. Pendant qu’A.C. et Zack rivalisent pour séduire Kelly, Screech essaie avec une ténacité proche de la débilité profonde de charmer la belle Lisa. Romance et amitié peuvent faire bon ménage, en tout cas c’est la recette miracle de Sauvés par le gong. C’est aussi pour ça qu’on s’attache à ces personnages. Que serait Screech sans sa panoplie de râteaux, et Slater sans les piques balancés gentiment à Zack.

Si au début de la série on se concentre beaucoup sur la relation je t’aime moi non plus entre Zack et Kelly, les autres personnages prennent rapidement de l’importance pour nous apporter autre chose qu’une simple histoire d’amour lycéenne. Pas question de tenir le chandelier. Chacun a sa place et en particulier les filles. Bon bien sûr, elles se conforment un peu trop souvent au cliché de l’adolescente légèrement idiote et fofolle mais bon au moins elles ne sont pas là pour faire joli dans le décor. Leurs états-d’âme ont autant d’importance que ceux des garçons et l’on peut autant se reconnaître en Kelly, Lisa ou Jessie qu’en Zack, Slater ou Screech.

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L’amitié ou l’amour, du moment qu’on a le scooter…

D’ailleurs, maintenant que j’y pense, trois garçons, trois filles et de l’amitié avec une grosse pointe d’amour, ça ne vous rappelle rien ? C’est presque Friends en sitcom pour ados tout ça !

Parker Lewis aussi a sa bande d’amis. Ils sont juste un peu… hum… différents. Ses amis les plus proches ce sont Jerry Steiner (Troy Slaten) et Mikey Randall (Billy Jayne) et autant dire qu’ils sont assez hauts en couleur. Jerry c’est le Geek avec un grand G. Le petit génie un peu introverti, reconnaissable à son grand imper gris et sa paire de lunettes XXL. Expert dans l’art de se cacher dans les placards, il est toujours prêt à se lancer dans les plans les plus idiots avec ses amis, ou plutôt devrais-je dire Mr Lewis et Mr Randall, comme il aime à les appeler.

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Non non ce n’est pas un boys band.

Quant à Mikey, c’est le rockeur au cœur tendre, le vrai/faux rebelle sentimental arborant banane et blouson de cuir à l’ancienne. C’est un complice infatigable toujours solidaire de ses amis mais c’est aussi le plus émotif. Passionné de musique, il lui arrive assez souvent de s’exprimer par citations de chansons, voire même de pousser la chansonnette pour une fille qu’il veut séduire.

A ce trio magnifique on pourrait ajouter un autre personnage, un peu en marge, pas vraiment membre de la bande mais pourtant inoubliable : Kubiac (Abraham Benrubi, futur standardiste du Cook County d’Urgences !). Géant de près de 2 mètres avec l’esprit d’un enfant de 6 ans, Kubiac est souvent un allié précieux pour Parker. Au départ pourtant ce n’était pas gagné. Brutal et idiot, Kubiac était limite dangereux. Malgré tout, à force de bonne volonté et en manquant au passage de se faire aplatir comme des crêpes des dizaines de fois, Parker, Jerry et Mikey ont fini par amadouer le tyran pour en faire un bon gros géant. Enfin à condition de pas toucher à sa nourriture. Personnage décalé et ahurissant, ses « manger maintenant ! » ou « Kubiac faim ! » sont entrés dans le panthéon des répliques cultes de séries.

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Si si je vous jure ils sont amis.

Tout cela est bien beau mais comme le chantait Patrick Juvet, où sont les femmes ? Et c’est bien là le gros souci de Parker. C’est une sitcom de mecs avant tout. Pire, les femmes y sont presque toutes horribles et tyranniques. Que ce soit la sœur de Parker ou la principale, les femmes représentent un danger pour des hommes qui veulent juste s’amuser. La femme serait le mal absolu ? En tout cas, une chose est sûre, les femmes font peur. Si quelques-unes apparaissent plus douces et moins dangereuses, elles ne seront souvent montrées que comme des potiches à conquérir sans réelle personnalité. Pas très cool tout ça…

Vainqueur : Là le match est vraiment serré. Les deux sitcom sont de vraies belles histoires d’amitié. Et pourtant il ne doit en rester qu’un… En étant plus universelle avec ses relations d’amitié-amour dans lesquelles les garçons comme les filles peuvent s’identifier, Sauvés par le gong remporte la manche de peu. Désolé Kubiac, promis la prochaine fois t’auras droit à ton propre article.

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Avec une fine équipe comme la nôtre comment on a pu perdre ?

Round 3 : Le pire principal du monde

Le lycée c’est aussi l’autorité, la discipline, enfin, ça pourrait l’être… Sauf qu’avec nos deux séries, les héros ont la fâcheuse tendance de n’en faire qu’à leur tête. Ils ne sont pas vraiment disposés à se faire coller sans résistance. Autant dire qu’il faut de véritables pointures pour les cadrer et tant mieux, c’est exactement ce qu’on a en magasin.

Que serait Sauvés par le gong sans son principal, Mr Belding (Dennis Haskins) ? Peut être juste une série de sales gosses. Pour nos héros charismatiques, il fallait un opposant à la hauteur, un dompteur de fauves, une incarnation de l’autorité et… en fait non, il fallait juste Richard Bending.

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Ne jamais oublier l’œil du tigre.

Il n’a l’air de rien ou en tout cas de pas grand-chose ce petit principal de Bayside. Avec sa calvitie naissante et son vieux costume on ne peut pas vraiment dire qu’il en impose. Et pourtant, méfiez-vous de l’eau qui dort. Avec Belding, c’est la force tranquille ! S’il se fait souvent tourner en bourrique par les élèves, il sait aussi montrer qu’il n’est pas dupe des petits plans de Zack et compagnie. Sous ses apparences de bon père de famille, il n’hésite pas à se montrer inflexible. Gare à ceux qui le prendraient pour un couillon, les heures de colles pourraient bien pleuvoir.

Sa force : non seulement il connait ses élèves, mais il les comprend. Alors autant dire qu’on ne lui la fait pas. Mine de rien il est plutôt respecté par la bande de Zack.

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Je vais vous expliquer la vie mes ptits gars.

Le plus de Belding, c’est qu’il n’est pas qu’une machine autoritaire, il sait aussi se préoccuper de ses élèves. Au long des épisodes, un vrai lien se crée entre lui et les ados. Pas seulement du respect mais aussi une vraie compréhension. Belding n’est pas là uniquement pour jouer les père fouettard, il aide aussi les jeunes à grandir en leur fixant des limites. L’ascenseur sera d’ailleurs renvoyé lorsque Slater et Zack se donneront pour mission de l’aider à se remettre avec sa femme. C’est pour toutes ses raisons que l’on apprécie Belding. Au fond c’est un cœur d’or, presque un membre de la famille.

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Don’t mess with Musso.

Côté cœur, du côté du principal de Parker, on le cherche encore… Avec Grace Musso (Melanie Chartoff) on atteint un autre niveau. Oubliez les gentils pédagogues, avec elle, c’est l’enfer tous les jours. Mme Russo n’est pas vraiment adepte de la main de fer dans un gant de velours. Son gant serait plutôt en acier, garni de barbelés et saupoudré de verre pilé.

Toujours flanquée de son insupportable lèche-bottes assistant, Frank (Taj Johnson), Russo est une sadique, une manipulatrice, bref, un monstre. Sa passion : virer les élèves. N’importe quel motif est bon, l’important c’est de faire place nette. On ne sait pas s’il y a un quota à remplir mais en tout cas elle y met de la volonté. Le problème avec Musso c’est qu’elle hait absolument tout le monde. Totalement hystérique, elle ne prend du plaisir qu’en brisant psychologiquement les petits ados qui lui tombent dans les pattes. On a les plaisirs qu’on a mais tout de même là on a affaire à une grande malade… Son hystérie a même tendance à se manifester physiquement. Ses colères sont légendaires et lorsque la porte de son bureau s’ouvre on peut s’attendre à entendre un cri capable de briser le verre. Elle n’a plus qu’à cueillir le malheureux élève immobilisé par sa colère pour lui déverser toute sa hargne. Une violence quasiment insoutenable, beaucoup ne s’en sont jamais remis…

Avec une personnalité aussi « particulière », elle rentre direct dans le panthéon des femmes dominatrices les plus hystériques aux côtés de Dolores Ombrage ou de Cruella d’Enfer. Contrairement à Sauvés par le gong, il n’y a pas de compréhension possible, Russo n’inspire que la crainte. Dommage pour Parker Lewis, elle l’a en plus désigné comme son ennemi personnel. De la séduction à la manipulation en passant par la pression psychologique, elle n’hésite pas à user de tous les stratagèmes pour réussir à se débarrasser de ce petit malin.

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Quand je vous dis qu’elle est malsaine…

Vainqueur : Dans cette manche, le pauvre Belding ne fait pas le poids. Russo est une poids lourd du harcèlement, alors le ptit Belding, il est gentil il prend son cartable et il retourne à ses leçons.

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Round 4 : La série la plus drôle

On l’oublierait presque avec tout ça, on a à faire à deux sitcom drôles sur le monde des ados. Quand à savoir laquelle nous fait le plus rire, là tout est question de style. D’un côté, avec Sauvés par le gong on est dans la sitcom bien bien classique avec tous les codes obligés du genre, y compris les rires enregistrés. De l’autre, Parker Lewis est un véritable festival de mise en scène cartoon, laissant de côté l’aspect bien cadré des sitcoms pour nous immerger dans un monde loufoque et violemment barré.

Zack et ses potes nous font rire parce qu’ils multiplient les situations impossibles, les quiproquos et les répliques bien placées. On rit plus que dans Hélène et les garçons c’est sûr mais au fond la recette est un peu la même. La différence ce serait plutôt le niveau de talent. Si la série a un peu vieilli (un peu beaucoup) elle reste pourtant toujours drôle parce que ces situations de lycées sont intemporelles. Des années 80 à aujourd’hui, la taille des portables a peut être changé mais les blagues entre potes sont (presque) restées les mêmes.

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Oui bon, la série a petit peu vieilli…

Avec Parker, c’est l’originalité qui prime. Accélérations, gags visuels, bruitages tout droit sortis d’un Tex Avery, on tente absolument tout, rien n’est interdit. Loin d’être gadgets, ces petits effets participent à la création d’un univers qui ne ressemble à rien d’autre. Dans le monde de la sitcom, Parker fait figure d’ovni. Ses personnages sont aussi des espèces d’extraterrestres souvent plus proches du dessin animé que du réalisme. Grâce à cette originalité, la série a moins vieilli et reste drôle par les situations improbables qui ne cessent de se produire. Comme le dit Parker, « pas de problème », tout est possible et on se retrouve bien vite entraînés dans ce monde joyeusement barjo.

Vainqueur : Si les deux séries sont drôles, Parker parvient à tirer son épingle du jeu en nous offrant un genre d’humour cartoon plutôt rare dans le monde des séries. Avantage pour l’originalité sur cette manche.

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Je crois que nous avons gagné monsieur !

Vainqueur final : Parker Lewis ne perd jamais remporte le match. Le titre de la série résume tout : si cette sitcom est devenue culte, il n’y a pas de mystère elle est simplement un monde à part que l’on prend toujours plaisir à visiter. Kubiac, Jerry et même Musso nous ont marqués parce que ce sont des personnages hors normes. Une série à redécouvrir d’urgence pour tous les nostalgiques du début des 90s.

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