Showrunner : David E. Kelley

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Sa bio

Le petit David est né en 1956 dans le Maine. Il fait des études de droit : Princeton puis la Boston University Law School. A sa sortie de la fac, il reste travailler à Boston dans un cabinet d’avocat. La ville va le marquer très fortement puisqu’elle sera le lieu de plusieurs de ses séries. Après quelques années, le droit commence à l’ennuyer et il écrit alors le scénario d’un premier long-métrage (qui deviendra plus tard From the Hip). Il envoie son scénario à un producteur qui le repère et propose son nom pour la writer’s room de L.A Law. Steven Bochco le soutient, et David Kelley devient producteur exécutif à sa place à son départ lors de la saison 3. Kelley quittera à son tour L.A Law pour créer son premier show : Un drôle de Shérif (Picket Fences). C’est le début de son ascension à Hollywood où il deviendra l’homme le plus productif du petit écran dans les années 90. Il épouse Michelle Pfeiffer en 1993. A partir du début des années 2000, l’homme qui avait obtenu tant de succès et notamment deux Emmys de la meilleure série dans deux catégories différentes la même année pour Ally McBeal et The Practice, peine à retrouver l’enthousiasme du public.

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Instant people.

Son style

Ses méthodes de travail : A n’en pas douter, la qualité première de David E Kelley est sa productivité. Auteur prolifique, il écrit la majeure partie des épisodes de ses séries, contrairement à beaucoup d’autres showrunners*. Il met entre deux et quatre jours pour écrire un épisode, trouvant plus rapide d’avancer seul sans perdre de temps à expliquer ce qu’il souhaite. Il n’en reste pas moins qu’il a du mal à travailler en équipe et qu’il a été assez critiqué pour sa difficulté à déléguer. L’un des auteurs d’Un drôle de Shérif a décrit cette période de sa vie comme : « the most boring period of my life—you’d write a scene and Kelley would rewrite it completely. Or he would just cut you out completely—you learned nothing » (c’était la période la plus ennuyeuse de ma vie- vous écriviez une scène et Kelley la réécrivait complètement. Ou alors il vous coupait entièrement – vous n’appreniez rien).

Son ton : Quelles que soient les séries sur lesquelles il a travaillé, il tente à chaque fois de mélanger émotion et humour. Comme il le dit lui-même : « I’m more comfortable mining a dramatic show with comedic overtones than I am starting with comedy and then looking for dramatic underpinnings » (c’est plus facile pour moi d’introduire un fond comique dans un drama que de faire une comédie, puis de chercher des enjeux dramatiques). Et ça se voit. La majorité de ses séries sont des drames et lorsqu’il s’est attaqué à la comédie (à l’exception d’Ally McBeal) le succès n’a jamais vraiment été au rendez-vous.

Ses thématiques : David E. Kelley est le roi de ce que l’on pourrait considérer être « la série de genre », c’est-à-dire des programmes populaires qui se concentrent sur quelques genres rois : le drama judiciaire, médical et policier. David E Kelley s’est concentré sur les deux premiers, auxquels on pourrait ajouter la thématique de l’école, développée dans Boston Public. La majorité de ses séries sont des procedurals*, qui ont fini par plus ou moins se transformer en feuilletons. Ce sont également presque à chaque fois des séries chorales. David Kelley aime faire se croiser les points de vue de plusieurs personnages au cours d’un même épisode. Il a toujours eu le talent de rendre un personnage passager attachant, lui offrant même parfois une promotion dans la partie feuilleton du show : combien de clients d’Ally McBeal ont fini par sortir avec elle pour deux ou trois épisodes ? C’était également la grande force de The Practice. Sous ses allures d’un drama judiciaire banal à la New York Police Judiciaire, Kelley parvenait à faire exister et à rendre intéressant le personnage du client à défendre, qui pouvait même voler la vedette aux personnages récurrents.

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Alors que c’est quand même une belle brochette.

Outre Boston et le droit, qui sont des thématiques prégnantes pour des raisons biographiques, deux autres thématiques importantes parcourent toute son oeuvre : c’est le rapport au travail et la question de la responsabilité morale. Ally McBeal est peut-être l’exemple le plus abouti de son rapport avec le monde du travail, qui est toujours complexe, imbriqué avec la vie personnelle et souvent pas pour le meilleur. Ce n’est pas sans raison que la seule relation normale que vit Ally dans la série soit avec un membre extérieur de son bureau (et non ce n’est pas parce que c’est Robert Downey Jr). Pendant que Kelley nous montrait dans Ally McBeal que personne n’abandonne sa vie lorsqu’il va travailler, il utilisait The Practice pour donner à voir au spectateur la difficulté à faire face aux problèmes moraux qu’engendrent certaines professions. Dans la série, le cabinet d’avocats fauché doit accepter toutes les affaires qu’on lui soumet, au risque de se retrouver face à de cruels dilemmes entre justice, humanité et morale. Cette thématique a tellement obsédé Kelley qu’il en a fait le sujet principal de Monday Mornings (série ayant malheureusement eu une vie très courte puisqu’elle n’a duré qu’une saison malgré sa qualité) :  à l’hôpital de Chelsea, chaque semaine, le chef de service incarné par Alfred Molina impose aux autres médecins une réunion où chacun a le devoir de juger les fautes morales et médicales des uns et des autres, souhaitant empêcher les soignants, dont les choix ont pour conséquence la vie et la mort, de se prendre pour des dieux faisant justice. On retrouve également dans cette série la question de la vie professionnelle, montrant que ces deux thématiques n’ont cessé de parcourir l’oeuvre de Kelley.

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Crossover

Ses séries

La Loi de Los Angeles (L.A LAW)
Un drôle de Shérif (Picket Fences)
Chicago Hope
The Practice
Ally McBeal
Boston Public
Boston Justice (Boston Legal)
The Wedding Bells
La Loi selon Harry (Harry’s Law)
Monday Mornings
The Crazy Ones

Futur Projet

Le futur projet de Kelley n’a apparemment rien à voir avec ce qu’il a pu faire auparavant. Il s’agira d’une mini-série avec Nicole Kidman et Reese Witherspoon, des femmes rangées qui ont malgré tout leurs secrets. Ce changement de thème et de genre annoncera-t-il enfin le retour de l’intérêt du public pour les séries de David E. Kelley, en perte de vitesse depuis les années 2000 ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Une réponse à “Showrunner : David E. Kelley

  1. Boston Justice ma série préférée puis Ally McBeal et Boston Public ! J’ai un peu regardé La Loi selon Harry (Harry’s Law) mais j’avais encore dans ma tête Denny Crane !

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