Semaine d’un sériephile (9) : Ugly Americans, Louie, Wilfred

La semaine passée m’a été douce et agréable. J’ai mangé des bonbons et surtout, j’ai eu un jour férié. Grâce à toutes ces petites douceurs et étant de bonne humeur, je me suis précipitée sur des séries drôles, méchantes, et cyniques. Et oui, à chacun sa manière d’envisager le bien-être et la joie de vivre. C’est donc avec allégresse que cette semaine j’ai regardé pour vous Ugly Americans, Louie et Wilfred. Ennemis du second degré, adorateurs de la bien-pensance, inutile d’aller plus loin, vous souffririez.

Ricky Gervais

Cet article est 100% approuvé par Ricky Gervais.

Ugly Americans, l’intégration des dégénérés

New-York dans le futur. Enfin, nous sommes arrivés à l’Egalité la plus totale. Tous les êtres ont désormais le droit de faire partie de la société. Vampires, loups-garous, zombies, démons, incubes, succubes, tous vivent ensemble. Le problème c’est que l’intégration sociale est compliquée pour certains en raison de leurs handicaps. Trouver un travail lorsque l’on est un cerveau (au sens propre) n’est pas une mince affaire. Mark Lilly est un travailleur social au milieu de ces exclus, qui doit les aider à avoir une vie normale et à poursuivre leurs rêves. L’humour de la série consiste à faire jaillir l’absurdité d’un monde finalement assez réaliste. On retrouve tous les stéréotypes et les fantasmes que l’on pourrait voir dans un bureau d’aide-social. Un naïf, Mark Lilly, qui est la victime, non seulement des gens qu’il doit aider, mais aussi de sa petite amie démoniaque ; un alcoolique, ici c’est Merlin, magicien raté et vulgaire ; des patrons qui ne pensent qu’aux chiffres, représentés par des personnages venus directement de l’enfer. Cette série de Comedy Central est une réussite car elle joue sur tous nos clichés concernant la peur de l’autre, la difficulté de vivre dans notre société, en les détournant et en montrant à quel point ils n’ont finalement aucun sens. La série parfaite pour se remettre d’Halloween, puisque quasi à chaque fois, l’épisode s’ouvre sur une parodie de film horrifique culte.

Ugly Americans

Séance d’introspection pour les nouveaux exclus de Manhattan.

Louie, stand-up et blagues racistes

Louie est la deuxième série concoctée par Louis C.K., célèbre humoriste américain. Elle est auto-fictionnelle puisqu’elle suit la vie quotidienne de Louie, un humoriste quarantenaire, divorcé et père de deux fillettes qui monte sur les planches le soir. Les séquences évoquant la vie quotidienne de Louie sont traitées de manière très réaliste et parlent souvent de la difficulté de communiquer. L’humour de la série réside dans le décalage entre le personnage principal et les petits événements de la vie qui laissent souvent perplexe. Les séquences de vie quotidienne sont entrecoupées d’extraits de Louie en plein stand-up. Son humour est souvent très noir. Pas de sujets tabous : blagues racistes, sexuelles, sur les rapports humains, tout y passe. La série a été acclamée outre-Atlantique, et c’est parce qu’elle possède quelque chose de plus qu’un humour acerbe : elle a la capacité de faire appel à un large éventail de sentiments chez le spectateur. La série se fait tour à tour drôle, noire, critique, tendre, poétique et romantique. Une douce mélancolie baigne le tout nous faisant passer du rire à l’émotion en un tour de main, grâce au talent de Louis C.K. Une petite pépite à découvrir.

Louie

T’as vu, tout le monde se marre.

Wilfred, hallucination et manipulation

Vous êtes allé voir Ted et vous vous attendiez à du très lourd, du très trash et du très gras ? Vous avez été déçu de vous retrouver face à une comédie romantique de potes ? Vous pensez que le film n’est pas allé assez loin ? Alors vous êtes prêts pour Wilfred. Wilfred, c’est la série qui réussit partout où Ted a échoué. Elijah Wood joue le rôle de Ryan, un jeune homme introverti et dépressif qui compte mettre fin à ses jours. Son suicide échoue, mais à son réveil, il a une vision très différente du chien de sa voisine. En effet, si tout le monde le voit comme un chien normal, lui le voit comme un homme déguisé en chien. Et pas n’importe quel homme ! C’est Wilfred, qui est la méchanceté, le vice, l’impolitesse incarnés. Wilfred va aider Ryan à sortir de sa coquille et à profiter de la vie. Pour cela il n’hésitera pas à utiliser la manipulation, le mensonge et la traîtrise pour le mettre dans des situations toujours très embarrassantes. C’est la série qui est allée le plus loin dans l’humour trash et noir (si on laisse de côté la vague des séries d’animation pour adulte). L’humour est très inspiré du « rire-malaise » mis à la mode par Ricky Gervais, notamment dans la version UK de The Office. Alors si pour vous la méchanceté gratuite est un pur plaisir, courez regarder cette série hilarante.

Wilfred

Ceci n’est pas un chien. Ceci n’est pas un homme non plus.

2 réponses à “Semaine d’un sériephile (9) : Ugly Americans, Louie, Wilfred

    • Je n’y avais pas pensé mais c’est exactement ça ! Un Woody Allen plus trash et qui mange des pizzas. Merci pour le compliment !

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