Semaine d’un sériephile (20) : des flics, des loups et un loser

J’ai décidé d’intégrer à mon calendrier, trois nouvelles séries de ce début d’année 2014, aux styles très différents : Chicago PD, Bitten et Rake.

10% des flics font 90% du boulot

Chicago PD est le spin-off de la série Chicago Fire, (Taylor Kinney en pompier, ça vaut le détour). Produite par Dick Wolf, le grand manitou derrière la franchise Law&Order, cette série s’intéresse à un commissariat de police à Chicago et plus particulièrement à une unité appelée The Intelligence Unit. Le personnage de Hank Voight, flic un peu “ripoux” et déjà présent dans Chicago Fire, est à la tête de sa propre équipe, la fameuse Intelligence Unit. On se rend compte très vite que ce dernier n’est pas un flic du genre à obéir à la loi. Il a ses propres méthodes, que cela plaise ou non. Et son équipe, qui n’est pas au courant de ses activités illicites, le suit. Après tout, ils sont censés emprisonner les pires gangsters de Chicago et quand on sait qu’il s’agit de l’ancienne “Capitale du crime” on se dit que, finalement, l’Intelligence Unit a tout à fait sa place dans le paysage.

chicago pd article

Ce que j’apprécie notamment dans cette série c’est le fait que les vies personnelles des personnages et les enquêtes prennent autant de place les unes que les autres. On n’est ni dans Grey’s Anatomy et son côté soap, ni dans un épisode classique d’une série Law&Order. Le personnage de Hank Voight m’a marqué, car ce qui est intéressant c’est sa dualité : c’est un flic efficace, qui fait tout pour arriver à ses fins, il est déterminé et semble inébranlable. Et il a ce côté paternaliste qui l’humanise aussi. Le charisme de l’acteur, Jason Beghe (que l’on peut voir dans un rôle similaire dans Castle, en tant qu’ancien mentor de Kate Beckett) et sa voix si particulière y sont sans doute pour quelque chose. Je trouve que c’est un excellent choix de casting. En parlant de casting, cette série marque le retour de Sophia Bush, la Brooke Davis des Frères Scott,  qui s’était essayée à la comédie avec la série Partners mais sans grand succès. Elle est vraiment parfaite dans le rôle d’Erin Lindsay, la protégée (et peut-être plus) de Voight. C’est aussi l’occasion de revoir Patrick Flueger, qui s’est fait connaître grâce aux 4400.

patrick flueger

Pour récapituler, Chicago PD nous met tout de suite dans le bain avec deux décapitations, un nez cassé et une disparition. On n’a pas le temps de s’ennuyer. Cependant, Chicago PD reste une série policière classique, sans grande originalité au niveau du scénario. Mais même s’il est clair qu’elle ne révolutionne pas le genre, je continuerai le visionnage afin de voir comment les personnages vont être développés. J’ai eu un vrai coup de cœur pour le casting.

Révélez la bête qui est en vous

Elena est une femme-loup qui a décidé de quitter son pack, afin d’avoir une vie la plus normale possible. Elle doit cependant mettre cette nouvelle vie entre parenthèse pour aider les membres de son ancien pack à éliminer un loup meurtrier. Le retour de la demoiselle ravit tout le monde : Jeremy, l’Alpha du groupe, Nick, Peter et Antonio. Mais les retrouvailles forcées avec son ex, Clayton, sont plus tendues…

bitten article

Adaptée d’un livre de Kelley Armstrong, écrivaine spécialisée dans la BitLit , la série Bitten m’a laissé une première impression assez mauvaise : des scènes de sexe en veux-tu en voilà, des personnages et des lieux qui se succèdent sans grand intérêt, des dialogues voire des scènes inutiles. Le pilote amène les personnages et les situations sans faire en sorte que le téléspectateur puisse faire des liens entre eux.
En ce qui concerne le personnage principal, Elena, elle ressemble a une Barbie, son petit-ami est l’équivalent de Ken, ils vivent dans un super appartement, ils s’entendent extrêmement bien, bref, le couple parfait. C’est tellement cliché… On voulait me faire prendre en pitié une fille qui a tout mais qui est victime d’une pauvre petite malédiction ? A d’autres ! Je n’étais pas d’humeur à sympathiser avec ce genre de personnage (moi, jalouse ?). La problématique de la double-vie, pourquoi pas, mais je ne me suis pas du tout attachée (au contraire) à cette vie parfaite. Cette dernière est ennuyeuse et elle manque d’enjeux intéressants. Je me fiche complètement de sa vie de citadine, moi ce que je voulais voir c’était des scènes nocturnes, des transformations, une forêt, de beaux bruns ténébreux … enfin vous voyez quoi !

Le deuxième épisode est plus satisfaisant sur ce point. D’ailleurs les fameuses transformations en loup sont plutôt bien fichues. Petit détail : la “werewolf view” nous permet de nous mettre dans la peau du loup, d’avancer en même temps que lui et de voir ce qu’il voit. C’est assez original même si je trouve que c’est mal exploité pour le moment. Je passe sous silence le fait que Bitten comporte un nombre important de scènes où des hommes plutôt bien foutus sont torse nu. Réduire la série à cela serait dommage et ne refléterait qu’une maigre analyse de ma part.

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Bitten est une série sombre et sexy mais pas “quali”, c’est certain.  Disons que c’est une série SyFy tout comme Lost Girl ou Being Human.  On pourrait la rapprocher de True Blood mais elle n’arrive pas à son niveau.

Je lui donne sa chance car elle correspond tout à fait à mes goûts télévisuels qui se portent plus sur des thématiques que sur des considérations esthétiques. Du moment que l’histoire se tient, que ce n’est pas complètement ridicule, ça me va.
Dans la catégorie Surnaturel, le pilote de The Vampire Diaries était nul, les personnages étaient peu crédibles et que dire de l’enchaînement des situations et des effets spéciaux/décors, à la limite du burlesque ! Teen Wolf  a également démarré de manière plutôt médiocre et la série tend à s’améliorer de saison en saison. Donc mon conseil, si l’histoire vous intéresse un tant soit peu, est de ne pas vous fier au pilote, mais de vous faire une opinion sur plusieurs épisodes. ATTENTION : Syfy US et Global TV (chaîne du réseau Canadien) ont la manie de faire des bandes-annonces de saisons. Rien de pire pour vous spoiler. A éviter donc si vous ne voulez pas tout gâcher.

All my clients are guilty

Version américaine d’une série australienne qui porte le même nom, Rake signifie “débauché” et c’est Greg Kinnear qui se charge d’incarner le rôle du “débauché” en question. Avocat narcissique, joueur invétéré, alcoolique sur les bords, Keegan Deane squatte depuis des mois le canapé de son meilleur ami et fréquente une prostituée de luxe dont il semble être tombé amoureux. Ajoutez à cela qu’il est malchanceux, immature, et plus obsédé par la célébrité que par ses clients, nous sommes en présence d’un véritable anti-héros, de loser.

Rake article

Ce qui m’a tout de suite attirée dans cette série c’est son interprète principal. Greg Kinnear est un acteur que j’apprécie beaucoup depuis le film Sabrina. Il a beaucoup de charme et une douceur dans les traits qui font qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Les scénaristes profitent largement de son capital sympathie pour incarner cet homme qui, en soit, n’est pas un enfant de chœur mais qui n’est pas non plus un escroc. Dans la série, le charme de Keegan Deane opère également auprès des différentes femmes qu’il côtoie. Quoi qu’il leur fasse subir elles ne peuvent pas s’empêcher de l’aider et/ou de le draguer : son ex-femme le déteste et flirte avec lui ouvertement en même temps, son assistante qu’il ne paye que rarement, est prête à l’aider dans quelque situation que ce soit, même la pauvre jeune fille qu’il rencontre dans un bar, qu’il fait poireauter pendant qu’il joue au poker et dont il finit par se débarrasser en vitesse, veut qu’il la rappelle. Sacré Keegan/Greg !

Il se retrouve toujours dans des situations délicates -voire graves- mais elles sont traitées avec une certaine légèreté. Rake est une comédie dramatique et non un drame comme cela était prévu au début, ce qui la rend fun et divertissante.

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Comme vous l’aurez peut-être remarqué, je n’ai pas encore évoqué la partie procedural du show. En effet, Keegan est avocat et dans ce pilote, il doit s’occuper de la défense d’un serial killer qui aurait été enfermé injustement. Le traitement est toujours comique, ce qui est une bonne chose car il existe suffisamment de procedural* sérieux et glauques, mais cette intrigue passe au second plan. Elle est quasiment écrasée par les tribulations personnelles du héros. Du coup, on s’y intéresse peu et c’est un peu dommage. Pour les prochains épisodes, je souhaite vraiment que la série trouve son équilibre à ce niveau, que les affaires professionnelles de Keegan soient plus développées. Sinon, à part ça, je suis complètement séduite.

Une réponse à “Semaine d’un sériephile (20) : des flics, des loups et un loser

  1. Chicago PD c’est toujours aussi cool, Bitten c’est bien même s’il faut être très patient et j’ai adoré le récent épisode de Rake (dirigé par Sam Raimi)avec le cannibal, l’excellent Denis O’Hare.

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