Coup de projo sur The Outs

Bon, je suis dans une sorte de phase gay friendly en ce moment, et comme je culpabilise d’avoir dit du mal de Looking la semaine dernière, je vais essayer de me rattraper en vous proposant une petite web-série sans prétention mais touchante, où les personnages principaux sont homosexuels (sans que cela ait la moindre incidence sur le scénario).

Jack-Hunter-Canning-The-Outs

The Outs a été produite pour le web en sept épisodes à durée variable grâce à une plateforme de contribution participative. Réalisée par le Brooklynite Adam Goldman (j’allais le qualifier d’alter ego masculin de Lena Dunham, mais vous allez dire que je suis obsédé par cette fille et vous auriez raison), la web-série retrace la convalescence psychologique et émotionnelle de deux garçons suite à leur rupture sans jamais aborder la question sous l’angle de l’homosexualité. Du coup, chacun peut se reconnaître dans leurs tourments : comment retrouver confiance en soi, s’affranchir d’une meilleure amie pas très sympa, trouver un job épanouissant, arrêter l’alcool ou la drogue, amorcer une relation amoureuse et s’engager de nouveau, et bien sûr pardonner à son ex et retrouver un apaisement, sortir du conflit et de la rancœur.

Tout cela est traité sur un ton très décalé -c’est ce qui manque selon moi à Looking, qui se prend un peu trop au sérieux souvent drôle mais parfois aussi franchement émouvant. L’ensemble fait un peu amateur sans que cela soit gênant, on s’attache vite aux personnages de Jack et Mitchell, deux garçons mignons et paumés qui se font la guerre depuis leur rupture. Le premier vend de la drogue et ne veut plus s’attacher à personne (il est dans une « slutty phase« ), mais il tombe sur un mec gentil-choupi qui -évidemment- veut une relation stable. Le second est interprété par Adam Goldman lui-même, qui campe un type farfelu incapable de pardonner à Jack l’échec de leur histoire amoureuse, tout en ayant des restes de sentiments. Le casting est assez bon et les personnages secondaires bien croqués, notamment la « best friend » de Mitchell, Oona, véritable garce égocentrique.

Onna-Sasha-Winters-The-Outs

Comme dans Girls, on se sent vraiment à Brooklyn, mais dans une version peut-être moins branchée encore : petits apparts, ambiances cosy, cages d’escalier, rues ordinaires. Les personnages, un peu bobo sur les bords, parfois un brin hipster, sont gentiment moqués (notamment Oona lorsqu’elle vend du vin vert sans savoir ce que c’est). L’ironie est en effet une composante essentielle de la série : les personnages de Jack et de son un peu trop adorable boyfriend sont dégoulinantes de mièvrerie (et vas-y que je t’envoie des regards niaisou, et vas-y qu’on cuisine en amoureux, et vas-y que je t’attache ta cravate avant d’aller au boulot…), et certaines scènes confinent parfois délicieusement au ridicule. Le romantisme en prend un sacré coup également avec le traitement du couple Oona-Russell, lorsque la jeune femme sabote sa relation avec le mec le plus cool du monde parce qu’elle ne veut pas d’un « nice guy« .

The Outs se regarde en une soirée. Comme je suis vraiment sympa, je vous colle même le premier épisode ici, histoire que vous puissiez vous faire un avis. La suite est facile à trouver sur vimeo. Bon visionnage !

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