Showrunner : Aaron Sorkin

AaronSorkin
Sa bio

Aaron Sorkin est né en 1961 à New-York d’une mère institutrice et d’un père avocat. Ses parents l’initient très tôt au théâtre, faisant naître un désir précoce pour le métier d’acteur. Mais malgré une volonté de fer et des études dans cette voie, sa carrière de comédien à Broadway ne décolle pas. Presque par hasard, il écrit sa première pièce Removing All Doubt au début des années 80. La pièce est prometteuse et bientôt les projets se multiplient. En 1989 est montée pour la première fois la pièce qui lui amène le succès : A Few Good Men (Des hommes d’honneur).

Deshommesdhonneur

En 1991, il commence à travailler pour Castle Rock Entertainement, une boîte de production dirigée par Rob Reiner, avec qui Sorkin fera l’adaptation Des hommes d’honneur ainsi que The American President (Le Président et miss Wade). Durant cette décennie, il participera au script de nombreux films notamment en tant que script doctor. En 1998, il laisse de côté sa carrière à Hollywood pour se tourner vers la télévision, pour laquelle il développe 4 séries : Sports Night, The West Wing (A la maison Blanche), Studio 60 on the Sunset Strip et The Newsroom. S’il se consacre pendant une longue période à la télévision, jusqu’à l’annulation de Studio 60 en 2004, après une seule saison, il revient au théâtre et au cinéma avec La guerre selon Charlie Wilson, Social Network et le Stratège. Même s’il ne se considère pas comme militant, Aaron Sorkin s’est toujours engagé en faveur du parti démocrate, contre Bush et pour Obama, la politique étant une thématique qui traverse l’ensemble de son oeuvre.

Son style

Ses thématiques : L’oeuvre d’Aaron Sorkin à la télévision est si homogène que l’on peut vraiment voir là (et peut-être beaucoup mieux que dans son oeuvre cinématographique) l’expression de ses préoccupations en tant que créateur. C’est d’ailleurs la télévision, une fois n’est pas coutume, qui lui donne un statut d’artiste, ses talents étant mis au service de la vision d’autres personnes au cinéma. Cette légitimité créatrice qu’il obtient grâce à la télévision, où il parvient à dérouler des thèmes qui lui sont chers, en ont fait l’un des premiers showrunners* stars.

TheWestWing

Et ces thématiques, quelles sont-elles ? La première et la plus importante, c’est la question de la responsabilité morale. Dans toutes ses séries, les personnages se retrouvent à un moment ou un autre face à des choix qui entrent en contradiction avec leurs valeurs. Aaron Sorkin aime à mettre en scène la beauté de l’être humain, qui est capable de faire le bon choix et de rester droit dans ses bottes malgré les conséquences que ce choix entraîne. Dans tous ses programmes, il tente de recréer des îlots de résistance au monde politique tel qu’il est aujourd’hui. Il prône une utopie dans laquelle chaque individu fait passer ses convictions profondes avant tout. Et leurs convictions sont le reflet de celles d’Aaron Sorkin : attachement et respect pour les valeurs qui ont fondé la démocratie, décence face aux individus tout en refusant la démagogie et la simplification des idées… Bref, des idées de gauche, proches de nos Lumières. Pour pouvoir mettre en scène ces questions de responsabilité morale, Sorkin a mis en scène le monde des médias et de la communication dans tous ses shows : la télévision dans Sports Night, Studio 60 et The Newsroom (qu’elle soit de divertissement ou d’information) et la communication politique dans The West Wing. Sorkin exprime donc comme une métaphore sa propre responsabilité en tant que créateur d’images et la nécessité pour tous ceux qui ont un pouvoir sur les masses de maîtriser leurs discours, afin de tirer la société vers le haut. Ce qu’il a résumé dans The Newsroom par la notion de « mission civilisatrice ».

Cette volonté assez professorale a souvent été interprétée comme de l’arrogance. Certains détracteurs mettent en avant un certain conservatisme, à cause de sa méfiance vis-à-vis d’internet et des nouvelles technologies en général. Il lui est souvent reproché une tendance à la misogynie qui s’exprime dans la prédominance de personnages masculins, le traitement plus à la légère de certains sujets qui touchent le public féminin, et une tendance à régler ses comptes avec ses partenaires à travers ses programmes. Malgré tout, Sorkin s’est toujours défendu de ces accusations et s’en est souvent expliqué dans les médias.

Son esthétique : Ce qu’on pourrait nommer la « Sorkin Touch » s’exprime principalement par le dialogue. Tout passe par cet élément, qui est le cœur même de ses séries. Aaron Sorkin travaille son texte de manière rythmique : il est récité sur un ton très particulier par les acteurs, dans un flot continu, souvent avec des joutes verbales, au risque de déstabiliser le spectateur parfois incapable de retenir toutes les informations. Ce rythme sert à structurer son show et lui donne du souffle. Ces textes sont donc beaucoup plus que de simples dialogues, ils sont un élément de son esthétique. La rencontre de Sorkin avec Thomas Schlamme, réalisateur d’un grand nombre d’épisodes de ses trois premières séries, va être fondatrice pour faire émerger ce showrunner en tant qu’auteur. En effet, Schlamme va tout de suite comprendre l’intérêt des dialogues de Sorkin et décider d’utiliser ce qu’on appelle le Walk and Talk pour que l’image suive la même progression rythmique que le scénario, les mettant en valeur et créant une harmonie. Le Walk and Talk est le principe de filmer des gens qui discutent en se déplaçant. Ce procédé n’a pas été inventé par Sorkin, mais il est devenu la marque de fabrique de ses séries car la mise en scène de certains épisodes repose entièrement sur lui. Cette pratique lui est tellement associée qu’elle est souvent parodiée.

L’association de son esthétique très marquée ainsi que l’expression des mêmes thèmes au long cours ont permis à Aaron Sorkin de montrer qu’il était digne d’être considéré comme un auteur à part entière, tout en travaillant pour le petit écran.

Ses Séries :

Sports NightA la Maison Blanche – Studio 60 on the Sunset Strip – The Newsroom

Sources et lectures complémentaires :

Une réponse à “Showrunner : Aaron Sorkin

  1. J’ai regardé les 2 premières saisons de The Newsroom, j’ai commencé A la maison blanche, mais j’aimerais tester les deux autres ! Bonne qualité de scénario juste un peu lent à mon goût !

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