Semaine d’un sériephile (69) : En mode rétro ! Sea, sex and cops

Voilà un petit moment que nous n’avions plus écrit sur des séries du passé sur Séries Chéries. Mea culpa, le mode retro est de retour pour un petit voyage dans le temps, consacré aujourd’hui aux séries d’action à l’ambiance estivale. Au programme : maillots, cocktails et auto-bronzants pour des séries délicieusement caliente. Ça s’annonce chaud dans le rétro.

fabio

Fabio, icône d’Agence Acapulco qui restera dans les annales

Les Dessous de Palm Beach ou enquête au pays des libertins

Si un générique en dit souvent beaucoup sur une série, avec celui des Dessous de Palm Beach le ton est posé, l’ambiance s’annonce sexuée. Collants, pénombre et soupirs, non ce n’est pas une erreur, nous ne sommes pas un premier samedi du mois sur Canal + mais bien dans une série policière.

Au programme, un tandem d’inspecteurs, un homme, une femme avec tout comme Bones jeu de séduction à la clé. Oubliez les os, ici il est question de porte jarretelles et autres collants. L’originalité de la série est là, les meurtres sur lesquels enquêtent le duo d’inspecteurs ne sont que des crimes passionnels, liés de près ou de loin au sexe.

palm beach01

Un duo d’inspecteurs de charme, Rob Estes et Mitzi Kapture

Diffusée de 1991 à 1999, Silk Stalkings de son nom original aura connu trois couples d’inspecteurs. Chris Lorenzo et Rita Lance (Rob Estes et Mitzi Kapture), sans doute le duo le plus mythique, Holly Rawlins et Michael Price (Tyler Layton et Nick Kokotakis) le temps d’une éphémère saison et enfin Cassandra St John et Tom Ryan (Janet Gunn et Chris Potter). Quel que soit le couple de super flics en action, un élément les distingue parmi tous : leur sex-appeal inné et leur talent sans bornes dans l’art de la séduction.

Loin de Colombo et de sa méthode fondée sur la matière grise et le pouvoir de déduction, Les Dessous de Palm Beach nous démontre qu’une arme peut être plus puissante encore que le cerveau, le sexe. Voilà qui peut faire peur mais qui s’avère plutôt efficace. Que ce soit en mission sous couverture, en interrogatoire ou même entre eux, la meilleure arme reste encore et toujours la drague. Il faut se l’avouer tout ça n’est pas très subtil, mais la série a au moins le bon goût de ne jamais se prendre au sérieux. Les criminels sont toujours assez idiots pour se faire prendre au jeu, les vamps se dévoilent et les beaux parleurs se rendent au premier frisson de séduction. Bref, le sexe fait tourner le monde et tout est bien qui finit bien entre deux œillades et trois mots doux.

silk10

Une certain vision du glamour avec Janet Gunn et Chris Potter

Le moins que l’on puisse dire est que le ton de Silk Stalkings est parvenu à rendre la série unique. Si peu de séries criminelles ont osé utiliser la sensualité comme thème principal, encore moins ont osé pousser la thématique à ce point. Dans quelle série peut-on entendre une réplique comme : « T’as déjà joué au garagiste ? Il faut que j’essaie de te percer les burettes sans toucher le piston ! ». Le tout accompagné d’une Rita très énervée pointant son arme dans le pantalon d’un suspect un brin excité. On applaudit bien fort la performance et l’art de la métaphore des scénaristes. Ce n’est qu’un exemple mais toute la série est à l’image de ce genre de moments où répliques bien senties – voire très crues – et humour s’invitent au cœur de l’action. Evidemment on perd un peu en intensité dramatique, mais on gagne une série cultivant l’art du décalage et de la festivité.

Pacific Blue, à bicyclette la police c’est plus chouette

Décidément, les génériques des années 90 sont plutôt marquants. Aussi culte que la série, le générique de Pacific Blue pose le ton : punk rock ado à fond, plans maillots de bains, rollers et VTT sur la plage, on sent le joyeux divertissement d’été. Et pourtant nous sommes bien face à une série policière. Les flics sont certes montés sur des VTT mais hormis ce léger détail ils ont tout du valeureux inspecteur traditionnel.

Une brigade patrouillant sur une plage californienne, des shorts moulants, des corps musclés,  difficile de ne pas penser à une autre série culte des années 90, Alerte à Malibu. La série cultive les points communs avec la série de David Hasselhoff au point de ressembler à un spin off caché. Que trouve-t-on dans Pacific Blue ? Un peu d’amitié, une touche de romance et beaucoup d’action. Comme pour les sauveteurs de Malibu, on retrouve dans cette série un mélange d’action et de romance qui en fait une sorte d’hybride étrange entre le soap et la fiction policière. Rendons à Pacific Blue ce qui lui appartient, l’action est tout de même beaucoup plus présente et les bimbos ne sont plus vraiment au premier plan. Bref, on peut venir chercher ce que l’on veut dans Pacific Blue, des courses poursuites, de l’amitié virile ou de l’amour triangulaire il y en a pour tous les goûts.

team vtt

Calendrier de la brigade police des plages de Santa Monica 96

Si à première vue suivre les aventures de la garde montée de Santa Monica s’annonce aussi palpitant qu’une série documentaire sur la brigade de gendarmerie de Palavas-les-Flots, l’absence de tout réalisme vient heureusement apporter une touche de variété. Loin de sermonner les promeneurs jetant leurs papiers gras au sol, notre brigade de choc n’hésite pas à lutter contre les gangs, à affronter des poseurs de bombes voire même à tenter les missions undercover. Ca ne rigole pas chez les cyclistes ! Evidemment c’est totalement absurde mais tout est parfaitement assumé. De nombreuses répliques de la série viennent rappeler à chaque fois la nature exceptionnelle de la mission pour cette modeste équipée. Quand l’incroyable devient la norme on aurait tort de bouder son plaisir.

Et l’intensité dans tout ça ? Si la plupart des séries policières riment avec suspense et intrigues bien ficelées ici on se contentera juste de dynamisme et ce n’est déjà pas si mal. Il existe bien des moments de courses poursuites échevelées à VTT dans les rues de Los Angeles mais là clairement on pourra repasser pour le côté danger. Chacun de ces moments déclenche invariablement un montage de clip accompagné par une musique rock pour ados à la sauce Blink 182 ou Sum 41. Il en ressort un décalage surprenant qui donne un côté très cool à chaque poursuite, mais lui enlève aussi du même coup tout suspense. Qu’importe, c’est aussi ce qui définit la série, un divertissement d’action avant tout, qui défoule sans aucune prise de tête. Un plaisir joyeusement régressif.

Agence Acapulco, l’espionnage c’est mieux en maillot

« I feel the heat », l’intro nous le signale tout de suite, cette série n’est pas vraiment une fiction d’espionnage comme les autres. Mélange improbable entre Alerte à Malibu pour l’ambiance plage et bimbos et la série d’espions à la Mission Impossible, Agence Acapulco est un véritable OVNI comme seules les années 90 pouvaient nous en offrir.

La série nous conte les péripéties de l’agence H.E.A.T, organisation créée par Ashley Hunter-Coddington (Catherine Oxenberg) et Mike Savage (Brendan Kelly), dans sa lutte contre le crime tout autour du monde. Opérant la plupart du temps sous la couverture d’une agence de mode, l’organisation a pour particularité de n’employer que des agents aux physiques fortement esthétiques. Qui a dit qu’il fallait être passe partout en étant un espion ? Il en ressort un casting ayant tout du boys ou girls band en vogue à l’époque. Une sorte de rencontre au sommet entre les 2 Be 3 et les Spice Girls. On retiendra particulièrement Michael Worth et Alison Armitage au panthéon des aspirants Pamela Anderson et autres David Charvet.

alison a

Alison Armitage, une actrice « charismatique »

Cet étrange concept aboutit à des missions fondées sur l’infiltration – donc sur la discrétion – avec les personnes les moins discrètes du monde. Comme si les physiques ne suffisaient pas, la propension des personnages à faire n’importe quoi confine au sublime. Faut-il prendre une photo discrète d’un suspect ? Allons-y et flashons-le à deux centimètres de son nez ou faisons une petite descente au bout d’une corde au beau milieu de son balcon. Le tout en plein jour évidemment. Tellement absurde mais tellement drôle.

Agence Acapulco est une série à visionner au deuxième voire au troisième degré. Avec ses scènes d’action un peu molles et son faux suspense vite dissipé, on peine à trouver une vraie intensité digne de ce nom. Mais peu importe, ce n’est pas pour ça que l’on regarde Agence Acapulco. Ce qui frappe c’est surtout le joyeux n’importe quoi, le côté léger et sans prise de tête d’un divertissement qui ne se prend jamais au sérieux. L’utilisation de la musique à chaque scène d’action illustre bien cet aspect grand guignol tellement représentatif des années 90. A chaque fois qu’une minuscule tension apparait, que ce soit une course poursuite, une fusillade ou toute autre scène un peu punchy, il faut absolument que nous ayons droit à une sorte de son dance bien 90s nous donnant l’impression de tomber au beau milieu d’un clip de Corona. Kitsch à souhait mais juste merveilleux avec le regard d’aujourd’hui. Et si finalement Agence Acapulco tenait un peu du Hit Machine ?

team aca

Les mercenaires les plus crédibles de l’histoire des séries.

Une chose est sûre, ces séries sont bien loin de l’ambition des séries d’aujourd’hui. Peu importe, leur intérêt n’est pas là. Légères, divertissantes et pleines d’humour, ce genre de production est parfait pour un visionnage détente et nostalgie. Le plaisir coupable idéal à regarder pour se relaxer au cœur de l’été. Bon farniente !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s