[Bilan Séries Mania] Quand haine et réalité s’invitent sur nos écrans

Revenir sur l’histoire récente pour nous parler de violence. Raconter grâce à la forme du feuilleton ce qui produit la haine de l’autre, le combat de ceux qui la subissent ou de ceux qui choisissent d’y résister. Ou bien encore nous conter le destin de ceux qui font le choix de l’utiliser. Telles semblent être les intentions de trois séries tout récemment diffusées au cours de notre grande messe des séries, Séries Mania. S’inscrivant dans la tendance actuelle de l’exploration de l’histoire récente et du biopic sériel, NSU German History X, Show me a Hero et American Crime Story ont constitué à elles trois une des principales thématiques sous-jacentes de cette édition du festival, le portrait historique de la haine. Une ambition qui mérite bien un petit retour sur projections.

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Sans détours.

Production allemande, NSU German History X nous conte l’histoire de Beate Zschäpe et de ses amis Uwe Böhnhardt et Uwe Mundlos, trois adolescents atteignant l’âge adulte au cœur d’une Allemagne de l’est en pleine crise quelques années après la chute du mur de Berlin. Ils n’ont ni repères ni objectifs si ce n’est un espoir dévoyé en un état allemand rendu à sa force ancienne, et ces jeunes adultes vont se perdre dans les méandres du racisme et de la haine jusqu’à commettre l’irréparable. Un portrait sans concession d’une escalade de la violence où tous les actes et les êtres sont malheureusement bel et bien réels.

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Portrait d’une génération sans but, se vautrant dans la violence et la haine de l’autre pour mieux exister, NSU agit comme un véritable coup de poing pour le spectateur. Pas de violons, pas de pathos ni d’effets de manche, NSU nous interpelle justement par sa manière directe et brute d’aborder un sujet plus que délicat. La chute dans le néo nazisme d’une jeune adolescente et de sa bande d’amis n’est pas montrée autrement que comme l’effrayante banalité d’un parcours qui pourrait être celui d’un ami, d’un proche ou de soi-même. Tout est affaire de choix, de fréquentations et d’aveuglement. Tel semble être le message du premier épisode de NSU. Ne cherchez pas le grand méchant loup, la haine n’est pas une prédisposition ou une identité mais rien d’autre qu’une pente un peu trop facile sur laquelle n’importe qui peut se laisser glisser bien bas.

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A travers le destin de Beate, Uwe Böhnhardt et Uwe Mundlos, les créateurs de la série nous confrontent aux images difficilement supportables d’une proximité du mal. L’histoire, bien que romancée par la fiction, est bien réelle. Le parcours de ces trois petits délinquants ayant basculé dans la haine raciale au tournant des années 2000 a réellement eu lieu. Beate, toujours en procès, est accusée d’avoir participé à neuf meurtres xénophobes et à deux attentats à l’explosif contre des communautés d’immigrés. Le premier épisode de NSU prend ainsi une valeur documentaire sans afficher pour autant la volonté de refléter avec une parfaite exactitude les événements du passé. Naturaliste, la mise en scène n’en est pas moins présente, ne cherche pas à dissimuler son statut d’image de fiction et donc de récit. L’ambition semble plus être de se situer au cœur du destin de ces jeunes que de transmettre un témoignage sur des événements récents. La caméra au plus proche des êtres nous immerge dans leur cercle, nous rend témoins voire participants des rites et conversations de ces néo nazis. Au milieu des ratonnades, au cœur des débats sur le sort qu’il faudrait réserver aux immigrés, nous sommes là à leurs tables, à leurs concerts ou à leurs rassemblements. On ne les observe pas avec distance, on les accompagne. C’est là tout l’enjeu. Pour comprendre comment une telle déchéance est possible, ne faisons pas que regarder mais vivons ce que ces individus ont vécu. Il ne s’agit évidemment pas de développer de l’empathie pour des néo-nazis mais de comprendre comment de telles choses peuvent avoir lieu. On en ressort forcément frappé, dérangé, voire même avec une irrépressible nausée. On ne peut rester insensible, quelque chose s’est déroulé devant nous qui reflète une réalité, un élément de notre société. Glacial mais diablement efficace.

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Au cours du premier épisode de NSU survient un élément de mise en scène qui nous interpelle en tant que spectateur, qui nous choque même à première vue : le regard caméra. A plusieurs moments, souvent violents voire traumatiques (une agression, une parole particulièrement violente ou une incitation à la violence), Beate nous regarde, directement, sans dire un mot. Que veut dire ce regard ? Selon Gabriela Sperl, créatrice et productrice de la série, ce regard n’a d’autre but que d’effectuer une mise à distance entre la fiction et le réel. Il s’agit de créer une distanciation pour montrer que l’événement auquel nous assistons ne s’est peut-être pas déroulé ainsi en réalité. Il s’agit de montrer que la fiction prend ses distances, qu’il existe un doute sur la véracité de ce à quoi nous assistons. Ce qui est frappant c’est que sans connaitre cette explication, l’impression produite par cet effet peut être très différente. A la vision de ce premier épisode, ce regard froid et sans expression fixant sans détour le public pourrait tout aussi bien apparaître comme une sorte d’interpellation. Une manière pour le personnage de prendre à témoin, de dire au spectateur « oui, cela se passe sous tes yeux, dans ta réalité, et tu ne feras rien ». Comme une façon de dénoncer l’aveuglement qui consiste à nier la réalité de la haine et à ne pas voir cette proximité de la violence, voire à s’en rendre complice par négation. Alors oui tout cela est sans doute du domaine de la surinterprétation, mais il n’empêche, l’impression est bel et bien là.

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L’inscription de cette série dans le monde réel n’est pas qu’un argument marketing, loin de là. Si elle parvient à nous toucher et à nous choquer c’est peut être justement parce que tous ses enjeux dramatiques nous parlent du monde dans lequel nous vivons. Un monde dans lequel l’ignorance et le manque d’espoir en l’avenir peuvent conduire au pire. Un message qui rentre malheureusement en écho avec notre actualité et d’autres parcours marqués par la haine. Une chose est sûre, si la série possède une dimension documentaire ce n’est sans doute pas que par son sujet ou par sa mise en scène mais bien plutôt dans sa manière de questionner notre réalité.

Résister à la haine.

David Simon est un habitué des récits naturalistes et dénonciateurs, lui qui dans The Wire et dans Treme a dépeint les maux qui sclérosent Baltimore et la Nouvelle-Orléans post-Katrina. Il s’attaque dans Show Me a Hero encore plus frontalement à la réalité avec l’adaptation du travail de la journaliste Lisa Belkin, pour le récit très fidèle d’événements qui se sont produits dans les années 80 et 90 dans la ville de Yonkers, près de New York, quand celle-ci a été sommée par un juge de construire davantage de HLM. Alors même que le refus d’obtempérer peut conduire leur commune à la banqueroute après quelques jours d’amendes faramineuses, de nombreux habitants sont fermement opposés à ce projet, et protestent agressivement. Le paysage politique local en est chamboulé, ce qui catapulte le jeune et ambitieux Nick Wasicsko à la tête d’une ville en pleine crise. La série s’attache principalement à narrer l’ascension et la chute de ce maire sacrifié, mais donne la part belle à de nombreux acteurs et victimes de cette affaire au-delà des conseillers municipaux et de l’entourage du politicien, entre les opposants au projet immobilier, ceux qui militent pour son aboutissement et ceux qui pourraient en bénéficier. Si tous les points de vue nous sont partagés avec fluidité, le constat est sans appel : c’est le racisme plus ou moins inconscient et latent d’une large partie de la population blanche de Yonkers qui est à l’origine d’un drame social absurde, dont le fait qu’il soit avéré peut sembler aberrant.

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Le projet initial est d’une ridicule banalité. Il s’agit d’installer quelques centaines de logements sociaux supplémentaires dans la partie la plus aisée d’une ville qui en compte très peu, d’une part, et les concentre d’autre part tous dans des zones précises, véritables ghettos mal entretenus et mal desservis. Les HLM en question seraient de plus des maisons individuelles, semblables à de modestes pavillons de banlieue, plutôt que les habituelles barres d’immeubles rouges caractéristiques des projects américains. Les habitants des quartiers qui devaient, justement, accueillir ces logements protestent, à l’image de Mary Dorman, ici jouée par Catherine Keener. Eux ont bataillé pour devenir propriétaires de maisons, les loyers et prix attractifs de ces nouvelles maisons vont faire baisser la valeur immobilière de leurs quartiers, ils perdront au change si ils veulent revendre… mais le vernis de leur argumentaire aux apparences d’objectivité et de bon droit se craquelle quand s’exprime leur peur de voir leur voisinage « mal tourner ». Ils craignent de voir se développer dans leurs rues la délinquance et le délabrement que leurs préjugés associent aux populations racisées avec lesquelles ils refusent de cohabiter, alors qu’il s’agit des conséquences malheureuses de la ségrégation qu’eux-mêmes ont instaurée et veulent perpétuer. Cette ségrégation est à la fois la cause première et la manifestation majeure d’un racisme qui ne se dit pas, et qui ne peut, finalement, pas apparaître frontalement – tout simplement parce que les individus blancs et racisés ne co-existent pas, ne communiquent pas, n’apparaissent presque jamais ensemble à l’écran. La violence de la haine discriminatoire est patente, mais s’exprime de façon détournée, car elle apparaît lors des conseils municipaux et est dirigée vers les pouvoirs publics. Les foules hurlent, menacent, trépignent, manifestent, mais n’iront jamais se confronter à ces voisins qu’ils redoutent : ils se contentent de portraits caricaturaux sur les photos de propagande développées par un de leurs représentants, et leur hostilité se mue en guerre ouverte à l’encontre de leurs dirigeants.

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Ceux-ci, entre lâchetés et désaveux, conflits internes et élections houleuses, rouages administratifs et peur d’aliéner l’électorat… finiront par entraver la réalisation des travaux pendant plusieurs années, autant d’années pendant lesquelles des familles galèrent dans les cités où elles sont confinées. David Simon n’oublie effectivement pas de représenter les premiers concernés, pourtant grands oubliés des nombreux et féroces débats qui agitaient la ville. Norma O’Neal, Doreen Henderson, Billie Rowan, Carmen Febles… Un échantillon de tous les habitants ordinaires des quartiers pauvres de Yonkers, qui rêvent d’une vie meilleure, à qui il arrive bien souvent de craindre pour leur subsistance et pour celle de leurs enfants à cause des conditions de vie auxquelles ils ne peuvent échapper, et dont la voix n’est jamais écoutée, dont la présence n’est jamais conviée aux conseils municipaux. Leurs principaux défenseurs sont les avocats blancs de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) ; lorsqu’ils organisent une marche dans les rues de Yonkers, elle est encadrée bien plus lourdement que celles autrement plus enragées de leurs adversaires. C’est finalement une commission dédiée à faciliter leur « intégration » dans les quartiers plus aisés qui les laisse s’exprimer, et qui permet enfin aux différentes classes sociales, mutuellement méfiantes, de se rencontrer… pour peut-être changer d’avis : de fait, Mary Dorman cesse d’être hostile à l’installation de ces nouveaux logements. Une fois que celle-ci a eu lieu, ce sont les nouveaux locataires qui se sentent le plus en danger dans ce territoire qui leur est hostile, mais l’animosité de leurs voisins, qui bouillonnait jusqu’alors au point de faire craindre un acte meurtrier, se relâche naturellement peu à peu au fil de la cohabitation.

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Nick Wasicsko lui-même ne va à la rencontre des résidents de ces nouveaux logements qu’après la fin de son mandat, par quête tardive et égoïste de gratitude et de reconnaissance. Si c’est effectivement lui qui a fini par obtenir le commencement des travaux, il s’était d’abord fait élire en satisfaisant le désir de ses concitoyens de poursuivre en dépit de tout bon sens le combat juridique contre le projet immobilier, et bien que lui-même soit issu de l’immigration polonaise son ambition sans bornes le laisse en majeure partie aveugle aux raisons éthiques qui auraient pu le motiver. C’est avant tout parce qu’il y était contraint qu’il a lutté pour la construction de ces maisons, et c’est a posteriori qu’il réalise la légitimité de cette cause ; par la suite, il se réjouit de recevoir un prix, mais ne trouve pas l’apaisement ni la satisfaction d’avoir fait son devoir, et souffre avant tout d’avoir été écarté du pouvoir en dommage collatéral. Cette trajectoire individuelle tragique, au regard de celle plus globale qui se mène au niveau idéologique, apparaît comme le triste prix à payer d’une haine qui n’en finit pas.

Images et illusions.

Première saison de la série American Crime Story, The People v. O.J. Simpson revient sur une affaire judiciaire ayant fait vibrer toute la société américaine au milieu des années 90, celle du double meurtre de Ronald Goldman et Nicole Brown Simpson, ex-femme du célèbre joueur de football américain O.J. Simpson. Accusée du crime, la méga star du sport entraîne les Etats-Unis dans un véritable feuilleton médiatico-judiciaire où la politique, le racisme et la haine de l’autre allaient se présenter à la barre pour transformer ce procès en une affaire historique.

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Dès le début, l’ambition du programme est claire, pas de fictionnalisation outre mesure, l’ambition n’est pas de deviner qui aurait réellement tué Goldman et Brown mais bien de s’en tenir aux faits en retraçant comment un procès qui semblait gagné d’avance a pu totalement se retourner pour devenir un véritable cirque médiatique. Documentaire, cette série l’est déjà par sa volonté de coller au plus près des événements réels. Ressemblances physiques, travail de reconstitution, la série se distingue par sa volonté de nous immerger au cœur des années 1994-1995. Un contexte qui demande d’ailleurs de la part du spectateur de se replonger un minimum dans les enjeux d’une époque très marquée par les conflits sociaux et les tensions raciales. Mieux vaut savoir qui était Rodney King par exemple pour comprendre comment la question des brutalités policières a pu s’inviter si vite dans l’affaire Simpson. Si l’on est peu familier de l’histoire récente des Etats-Unis, pas de découragement pour autant, la série constitue sans nul doute un très bon moyen d’appréhender la société américaine des années 90. Ou comment une série peut faire aussi office de guide pédagogique.

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American Crime Story n’est pas pour autant à considérer comme un simple docu fiction. Au-delà des faits, l’intérêt de la série repose sur la caractérisation des personnages et sur la manière dont ce meurtre va à différents degrés totalement bouleverser la vie de tous les acteurs du procès. D’O.J Simpson à l’avocat Johnnie Cochran en passant par le juge Ito, tous ont quelque chose à perdre dans cette affaire et tous vont être profondément marqués par l’impact de ce procès. Je prends ici quelques libertés en parlant ici de la série dans son ensemble, et non seulement du début de la série diffusé à Séries Mania : attention, spoilers. Prenons le personnage de Marcia Clark, la procureure chargée de l’accusation contre O.J. Simpson. Idéaliste, n’ayant à l’esprit que son combat pour la justice et le pour le juste châtiment, elle ne s’attendait pas à devoir mener un combat pour la défense de la police de L.A contre les soupçons de racisme, le tout sous une pression médiatique de plus en plus en plus forte. Pourquoi ce personnage nous touche ? Parce que Marcia Clark malgré son rôle de procureure incarne une figure de l’innocence, presque de la naïveté. Toute entière focalisée sur ses idéaux, elle ne voit pas, elle ne comprend même pas les enjeux raciaux et sociaux qui viennent s’inviter dans son affaire. Plus encore, elle devient victime lorsque les médias, au premier rang desquels les chaines d’infos en continu et les tabloïds, se mettent à l’attaquer non plus sur ses compétences mais sur son apparence physique. Avec Marcia Clark on a l’impression de voir un personnage d’une autre époque plongé dans un monde impitoyable à des années-lumière d’elle-même. A travers son destin et sa lutte pour rester malgré tout dans la course on découvre un univers judiciaire en plein bouleversement où une affaire ne se joue plus uniquement dans les témoignages et les plaidoiries mais aussi dans la maîtrise de la communication, dans l’opinion publique et dans l’utilisation de l’image médiatique. Ou comment une coupe de cheveux réussie peut avoir parfois plus de poids qu’une preuve en bonne et due forme…

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Le sujet de cette série derrière le procès est aussi celui du racisme. La défense d’O.J. joue la carte de la manipulation par la police des preuves par simple haine raciale, et cette question traverse toute la série. Le problème du racisme est montré avec froideur et cynisme à la fois à l’échelle de l’individu, avec les enregistrements du policier Mark Fuhrmann s’épanchant avec volubilité sur la bonne manière de faire cracher des aveux à un suspect noir, et dans sa dimension politique. Il y a une réelle fracture entre ceux qui croient ou non en la culpabilité de Simpson, en fonction de la couleur de peau. Cette problématique ne passe ici pas que dans la haine mais plutôt dans une certaine méfiance entre deux communautés qui ne semblent pas cesser de se jauger tout au long de la série. Sur les bancs de la cour de justice comme dans la rue, parmi les jurés comme dans les bars, on ne se mélange pas. La mixité fait figure d’exception et peut même entraîner une double méfiance voire un soupçon de trahison comme avec le personnage de l’assistant procureur Christopher Darden, seul homme noir de l’accusation. Continuellement en proie au doute, Darden ne cesse de devoir se justifier, face aux accusations de traîtrise à sa communauté proférées par Johnnie Cochran, face aux soupçons de n’être là que comme le quota diversité utile pour plaire aux jurés. A travers ce personnage et son opposition à Cochran, il y a là toute la problématique qui finira par occulter le procès dans l’opinion publique. Faut-il choisir un camp ? La haine et les préjugés sont-ils déjà dépassés ou est-ce un combat qu’il faut cesser de mener ?

Sans mauvais jeu de mots, il n’y a pas de côté tout noir ou tout blanc dans American Crime Story. Pas de blanche colombe opposée à de féroces adversaires corrompus, pas de bons et de méchants, il n’y a que des combattants luttant pour des idéaux. Au fond, O.J. Simpson n’est qu’un prétexte, mais ce qui se joue va beaucoup plus loin : c’est la question de la justice, c’est le danger de l’arbitraire du racisme. Des idéaux pour lesquels avocats et procureurs sont prêts à tout pour triompher, quitte au passage à tricher. Les manipulations, les coups bas et les petites phrases se sont invités au débat, mais si ces armes sont utilisées c’est que les enjeux sont devenus par trop élevés. Tout est affaire de stratégie pour deux luttes aussi louables l’une que l’autre. C’est par ce prisme qu’American Crime Story acquiert toute sa légitimité de récit et non de simple rapporteur d’événements passés. Elle nous permet de comprendre que l’affaire d’O.J. Simpson n’est pas qu’un triomphe de l’injustice mais un rouage d’une lutte encore plus importante que le destin d’un homme.

Que peut-on encore dire de ces trois séries si ce n’est que les enjeux de notre histoire semblent grandement inspirer les créateurs de tous horizons. Il faut reconnaître que ces enjeux n’ont sans doute malheureusement rien à envier en termes de poids et de gravité aux meilleures créations. Une chose est sûre en tout cas, lorsque le monde des séries se penche sur notre monde pour en faire un discours, difficile de rester insensible à la leçon, le cours d’histoire devient affaire d’émotion.

 

2 réponses à “[Bilan Séries Mania] Quand haine et réalité s’invitent sur nos écrans

  1. « Il ne s’agit évidemment pas de développer de l’empathie pour des néo-nazis mais de comprendre comment de telles choses peuvent avoir lieu. » Je sais pas si je suis d’accord avec cette phrase. Ce que j’ai trouvé impressionnant dans NSU c’est justement le fait qu’il n’y ait pas de distance entre nous et les personnages. Aucune froideur. Mais que le spectateur interagisse avec ces personnages là comme avec des personnages lambda. Et je trouve que c’est de ça que la série tire sa force, nous fait nous interroger sur nous-mêmes et nous éprouve.

    Pour Show me a hero, j’ai beaucoup aimé l’impression de peu de fiction (malgré une esthétique très « reconstitution » et une image 80s un peu saoulante/cliché/grise). On a l’impression que David Simon refuse tout raccourci psychologique même pour dynamiser la fiction. De fait, malgré le titre « Show me a hero » difficile de voir un héro d’emblée. C’est si réaliste qu’il n’y a aucun idéal nul part. Pas facile de tenir toute une série avec un tel parti pris !

  2. Effectivement pour NSU, le fait d’être immergé au plus près de Beate et de ses amis nous les rend extrêmement proches, on ne peut pas prendre du recul, on fait fait partie de la bande. Mais ce que je voulais dire par la question de l’empathie c’est que c’est justement cette proximité qui nous permet d’entrevoir toute la facilité du choix de la haine. On n’adhère bien sûr pas à ce qui se dit mais on voit de quelle manière l’esprit de groupe peut devenir une machine à persuasion. Mais je parle là plus au niveau de la compréhension que du ressenti.

    Au niveau du sensible, on vit une sorte de malaise finalement dans le sens où l’on est plongé dans des scènes qui nous dégoûtent mais dont on se sent en même temps quasi partie prenante. Un peu comme si l’on était quelque part complice de ce qui se passe. Une chose est sûre, on en ressort en tout cas pas totalement indemne.

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