Rencontre avec Henri Debeurme, producteur de la série Missions

Durant le dernier festival Séries Mania, Séries Chéries a eu le plaisir de découvrir la nouvelle série d’OCS : Missions. Diffusée à partir de ce soir sur OCS City, cette pépite va vous transporter dans l’espace. Séries Chéries est allée à la rencontre d’Henri Debeurme, producteur de la série.

Trepalium puis Transferts sur Arte, Missions sur OCS : la production de science-fiction semble connaitre un souffle nouveau depuis peu. À quoi doit-on cette tendance ? Y a-t-il un désir de récits futuristes chez les créateurs comme chez les spectateurs français ?

C’est peut être une question de génération : il y a une génération de créateurs qui arrive, qui a grandi en regardant les films de SF de Stanley Kubrick, George Lucas ou Ridley Scott et qui a commencé à écrire des séries au moment où des séries comme Lost ont bousculé les codes. Cela me paraît donc logique qu’on retrouve dans notre génération cet appétit. Et puis il y a une question d’époque aussi : on vit une époque d’incertitude économique, écologique, technologique et cela donne forcément de la matière pour les auteurs et l’envie de poser des questions que la science-fiction permet souvent d’aborder tout en restant divertissante.

La production de web-séries d’anticipations telles que Le Visiteur du futur ou Osmosis a-t-elle été un facteur montrant qu’il était possible de créer de la science-fiction en France ?

Nous concernant, pas vraiment. Les web-séries s’adressent à des niches, et sont souvent un terrain d’expérimentation où tout est possible. 

Comment avez-vous travaillé avec OCS sur le projet Missions ? A-t-il été difficile de convaincre la chaîne de s’engager avec vous sur une proposition extrêmement originale dans le paysage audiovisuel français ?
Absolument pas. Boris Duchesnay, directeur des programmes d’OCS, a même été moteur dans ce projet. C’est lui qui, impressionné par la qualité de production de notre série Lazy Company, nous a dit un jour qu’il serait curieux de voir si nous étions capables de faire la même chose dans l’espace ! C’était une blague de sa part, mais nous l’avons prise comme un appel. Tout le monde s’est pris alors au jeu, le diffuseur y compris. Mais ensuite, avant même d’écrire une ligne, il fallait surtout convaincre de la faisabilité économique d’un tel projet. Et c’est là que cela nous a demandé beaucoup de travail.
Le ton de Missions constitue sans doute l’une de ses forces : mélangeant des thèmes relevant de l’exploration spatiale et temporelle, réflexion philosophique sur l’humanité et drame humain, la série montre aussi des touches de légèreté voire même d’humour au cours de ses épisodes. Ce mélange des genres peut-il constituer une force pour attirer des spectateurs plus diversifiés que le public de fans pure et dure de SF ?
Nous tenions absolument à ce que la série ne soit pas réservée aux geeks et aux puristes. Nous voulions qu’elle soit tournée vers le public le plus large possible. On a beaucoup parlé des films de Steven Spielberg comme références de ton, notamment Jurassic Park. En tant que spectateur, je trouve parfois dommage que les séries en France soient souvent soit de la pure comédie, soit du drama. Donc nous avons essayé de faire quelque chose de différent, avec sincérité, en se disant que cette sincérité de ton toucherait peut-être un public plus divers.
La première saison de Missions nous fait replonger par ses thèmes dans des œuvres de science-fiction, telles que Seul sur Mars pour les plus récentes, ou Chroniques martiennes de Ray Bradbury pour les grands classiques. Quelles ont été les influences évoquées durant la création de la série ?

Pour les thématiques, nous nous sommes d’abords nourris de l’actualité (les milliardaires qui projettent de conquérir Mars, les recherches sur l’intelligence artificielle, les découvertes sur Mars). Ensuite, forcément il y a des films et des livres qui nous ont influencés, directement ou indirectement. Au cinéma, Interstellar, Contact, Prometheus, Mission to Mars pour ne citer qu’eux. Dans la littérature, Arthur C. Clarke ou Asimov. Quant à la structure et la narration, notre référence c’était Lost, pour son goût du mystère et des rebondissements. Car, sur le fond, la vraie originalité de Missions, c’est que c’est une série !

OCS vous a commandé deux saisons : est-ce un désir partagé de raconter une histoire en deux actes ou l’intrigue pourrait-elle encore se dérouler sur plusieurs années ?

En vérité, c’est pour des raisons de production. Il n’était possible de créer et construire nos décors et costumes que si nous pouvions les amortir sur au moins une autre saison. Néanmoins, depuis le départ nous voulons faire une série qui durera plusieurs saisons. Nous espérons qu’elle durera plus de deux saisons, oui !

Les acteurs sont peu connus des téléspectateurs français, mis à part Mathias Mlekuz vu dans Avocats et associés ou Nos enfants chéris, ou bien Nicolas le Floch et Côme Levin de Radiostars. Est-ce un choix de votre part de ne pas vous reposer sur un casting de « stars » télévisuelles ?

Totalement. Nous voulions proposer une série avec une vraie fraîcheur, et cela passe aussi par le casting. La liberté que nous donne OCS nous permet de n’avoir aucune contrainte de notoriété. Dans une série, c’est la puissance des personnages qui est la plus importante, pas la notoriété de ceux qui les incarnent. Mais nous sommes très contents lorsque des comédiens du niveau de Mathias nous accompagnent, c’est aussi un gage de qualité. En tout cas, nous sommes très fiers d’avoir réunis des acteurs d’horizons si différents.

Missions porte une intrigue universelle et un casting plurinational, la série pourrait-elle connaitre un bel avenir à l’exportation ?

On l’espère. On ne l’a pas conçue pour ça, mais le succès que nous avons eu aux MIPTV Drama Screenings ou à Series Mania face à de nombreuses séries du monde entier nous a fait comprendre que la série pourrait avoir une portée au-delà de nos frontières. Donc, on espère !

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