Remakes en série, panne d’originalité ou marche naturelle de la création ?

Magnum, Charmed cette année, MacGyver ou encore La Fête à la Maison il y a deux ans, on ne compte plus aujourd’hui les remakes de séries à succès des années 80, 90 voire 2000. Au point qu’on pourrait se demander si cette habitude n’est pas en train de s’installer durablement dans les process de créations des networks US. La question ne peut s’empêcher de se poser : est-ce que cette mode actuelle des remakes, reboots et autres reprises ne serait-elle pas une illustration d’un manque d’audace voire d’originalité croissant de la part des producteurs ? Ces formats sont-ils condamnés à n’être que des pâles copies des originaux ou peuvent ils prétendre à rivaliser avec les meilleures créations et sortir du lot ?

Des formats standardisés et pourtant très divers

Chez les networks US, outre les créations originales, il n’existe a priori que quatre grandes formes de réinvention d’une œuvre du passé. Les spin-off ou œuvres dérivées, les suites poursuivant une intrigue déjà commencée, les remakes et enfin les reboots. Difficile de s’y retrouver sous ces différents labels, un petit point lexical s’impose. Les spin-offs ou séries dérivées constituent une forme ancienne de réinvention. Dès les années 1970, Super Jaimie prolongeait les personnages et les concepts créés dans L’Homme qui valait trois milliards en déclinant au féminin les aventures super héroïques de justiciers androïdes. Prenant pour sujet un personnage secondaire d’une série originale ou une intrigue parallèle, le spin-off reprend les codes de l’univers que l’on a aimé au départ mais tente d’apporter sa pierre à l’édifice en s’en affranchissant en partie pour poursuivre ses propres enjeux.

Si l’intention est louable sur le papier, l’opportunisme de certains spin-offs peut laisser dubitatif. Qui se souvient d’Angel série dérivée parallèle à Buffy ou encore de Joey, spin-off semi suite de Friends ? Malgré toutes leurs bonnes intentions, ces deux fictions peinaient à exister par elles-mêmes. Si l’on pouvait s’intéresser à elles c’est à la condition sine qua non d’être un fan absolu des licences originelles. Le fan service, ce phénomène très présent dans le monde des anime japonais consistant à satisfaire les envies des aficionados quitte à tomber dans la facilité peut vite être à l’œuvre ici.

Malgré tout, il existe aussi des bons élèves. Prenons par exemple le cas de Better Call Saul, spin off préquel de Breaking Bad. Difficile de succéder à une série culte multi-récompensée durant toute son existence. Imaginer un dérivé quel qu’il soit semblait voué à l’échec. Et pourtant. En se focalisant sur Saul Goodman et en se demandant comment un petit avocat s’enfonce petit à petit dans le crime, Better Call Saul parvient à nous faire redécouvrir le piège du crime organisé si présent dans la série originale mais ici avec une dynamique différente porté par un personnage oscillant sans cesse entre le tragique et l’ironie. Si ce spin-off a pu se démarquer et sortir timidement de l’ombre de son ancêtre, c’est sans nul doute parce que ses personnages, ses enjeux étaient assez forts pour convaincre des spectateurs n’ayant jamais vu un seul épisode de Breaking Bad. La forme ne conditionne pas forcément le résultat. Si opportunisme de marché il y a immanquablement, il serait dommage de s’arrêter là.

La suite d’une franchise à succès semble être un phénomène tout à fait nouveau dans le monde des séries. Petite parenthèse au passage, j’emploie ici ce terme de franchise dans le sens de propriétés intellectuelles devenues des marques reconnues et identifiables pour le spectateur. Des noms dépassant le cadre de leur création simple jusqu’à devenir parfois des symboles de la pop culture. Ces symboles se sont particulièrement développés avec l’apparition de la sériephilie et la multiplication des séries aux intrigues au long cours. Si en son temps dans les années 70-80, Columbo a repris du service après 11 années d’absence en changeant au passage de network, on ne pouvait alors pas véritablement parler de suite mais plutôt de la poursuite d’un schéma. Avec une construction sous la forme de stand alone, c’est-à-dire d’intrigues bouclées où une histoire vaut pour elle-même à chaque épisode, un grand nombre de séries pouvaient être picorées au gré des diffusions sans avoir à se préoccuper de regarder la saison 1 ou la 5.

La forme feuilletonnante, avec des intrigues au long cours de plus en plus développée a ouvert une nouvelle manière de regarder une série. On ne picore plus, on dévore. Le spectateur rentre dans un monde en perpétuelle évolution, il désire savoir ce qui va se passer, et il devient accro. Cela ouvre une formidable brèche pour les networks. L’histoire n’était pas encore bouclée ? Le destin de certains personnages restait en suspens ? Qu’à cela ne tienne, imaginons un futur possible pour satisfaire le manque des fans désœuvrés depuis la fin brutale de leur série préférée. Une méthode assez ambitieuse qui a été appliquée avec divers bonheurs notamment avec X-Files, Twin Peaks, Prison Break ou encore Heroes Reborn.

Le cas de Twin Peaks est assez particulier dans le sens où une porte avait été laissée ouverte à la fin de la deuxième saison pour un retour malgré tout assez inespéré 25 ans plus tard. Si des craintes d’une suite nostalgique plus opportuniste qu’autre chose avaient pu naître, la reprise des commandes par David Lynch a pu dissiper les peurs des fans et permettre une suite de la même teneur que les deux précédentes saisons. C’est LE bon exemple d’une suite réussie. Respect de l’univers et des fans, refus du compromis vers une quelconque facilité, Twin Peaks n’est pas une suite nostalgique au contraire. Malheureusement, en ce qui concerne Prison Break et Heroes la réception s’est révélée beaucoup moins enthousiaste.

Comment expliquer cela ? Peut-être par de nouvelles intrigues aux dimensions trop accessoires par rapport à celles explorées précédemment. La suite pose le souci de la cohérence avec le passé mais aussi de la pertinence. Comment retrouver ce qui nous a fait vibrer en rajoutant un chapitre à une trame déjà bouclée ? La dernière saison de Prison Break a même du composer avec la contrainte de ressusciter l’un de ses personnages principaux. Niveau élan dramatique et poursuite d’une histoire, on a connu plus aisé.

Susceptible de parler avant tout si ce n’est même exclusivement à ceux ayant déjà dévoré la série originelle le pari de la suite semble plus que difficile pour attirer de nouveaux spectateurs. Pas étonnant dans ces conditions que cette forme de réécriture soit aussi l’une des moins plébiscitées par les networks, qui préfère de loin reboots et remakes à même de réactiver une franchise tout en renouvelant son audience.

Les genres du remake et du reboot peuvent être parfois difficiles à distinguer. Leurs frontières sont poreuses et quelques fois assez floues. Pour le remake, l’idée consiste tout simplement à reprendre les mêmes et à recommencer en collant au plus près aux codes du modèle. Pour le reboot, la méthode est légèrement différente. La série est ici relancée en s’affranchissant de ce qui a été fait précédemment. Il s’agit de se réapproprier les bases du modèle en traçant une nouvelle voie avec de nouveaux enjeux et de nouveaux arcs dramatiques. Dans la catégorie remakes on trouve tout d’abord certaines adaptations d’idées originales à un nouveau marché local tels par exemple The Office, Shameless ou Les Bracelets rouges. Mêmes personnages, mêmes intrigues ou tout du moins jusqu’à un certain point. Le copier-coller est rare et les différences peuvent s’accentuer au fil du temps (Homeland vs Hatufim). Et c’est bien là dans ces différences de traitements des intrigues que la catégorisation dans l’une ou l’autre forme peut devenir peu à peu sensiblement plus alambiquée.

Que faire ainsi de la nouvelle série Magnum de 2018 par exemple ? Les personnages sont repris dans leurs grandes caractéristiques. Thomas Magnum est toujours hébergé par un richissime écrivain et reste détective. Et pourtant quelques modifications pourraient modifier en profondeur le visage de la série. Le changement de sexe du personnage de Higgins transforme profondément la dynamique entre les deux protagonistes en créant une relation d’attirance absente de la version originale. Alors reboot, ou remake arrangé ?

Dans les deux cas, le but des chaînes est de reprendre des concepts à succès et de les remettre au goût du jour pour leur faire rencontrer un nouveau public. La tentative est louable, mais elle peut complètement transformer les œuvres originales au point qu’on ne les reconnaisse plus.

A ce titre, MacGyver est un cas d’école. Prenant l’angle d’une sorte d’origin story du personnage d’Angus MacGyver, la série incorpore les codes modernes tirés de Scorpion ou de NCIS devenant une version sans âme ajoutant bricolage et explications type C’est pas Sorcier au milieu d’intrigues d’espionnage interchangeables. Ou comment transformer une série culte en un produit formaté.

A contrario, les exemples de réussite existent aussi. Bien qu’on l’oublie souvent, Battlestar Galactica, avant d’être un monument des années 2000, était une œuvre un peu kitsch des années 70. Autre exemple de succès, au niveau des audiences cette fois, Hawaii 5-0 est parvenue au fil du temps à faire oublier son ancêtre des années 60. Avec 9 saisons au compteur, la série est la preuve qu’un reboot peut payer. Contrairement à une idée reçue très installée dans les esprits et même si le concept semble quelque peu facile pour capitaliser sur des succès, tous les remakes/reboots ne sont pas que de vulgaires copier-coller ni des séries de mauvaises qualité. Les bonnes surprises existent, la reprise de franchise recyclage ne rime pas forcément avec exploitation.

Il semble malgré tout que les remakes et plus encore les reboots effraient. Dès l’annonce du retour de Charmed et plus récemment de Buffy un certain émoi s’est emparé des réseaux sociaux pour déplorer ces volontés de résurrections. Si les mauvais élèves pullulent, la réussite de Battlestar pourrait pourtant laisser place au doute. Pourquoi alors, tant de réactions épidermiques à l’annonce d’une reprise alors qu’il n’y a pas que des échecs en la matière et que, contrairement à une idée reçue, malgré l’existence de seulement quatre formats de réécriture, leur diversité d’utilisation permet d’eviter un trop grand formatage ?

Madeleines de Proust et séries doudou : de la difficulté de supporter les réécritures

Si l’on aime une série, il s’agit rarement d’un hasard. C’est que l’on a été touché à un moment ou un autre de notre vie par une histoire et/ou des personnages qui ont déclenché en nous quelque chose de l’ordre de l’affectif. En les suivant des heures durant, on se prend sans nul doute d’une passion encore plus forte qu’au cinéma pour certains protagonistes jusqu’à parfois même leur vouer une sorte de culte. Qu’ils s’appellent Tony Soprano, Buffy, Jessica Fletcher ou même Mitch Buchannon, il y a toujours en nous ces héros qui ont su nous séduire dans l’enfance, dans l’adolescence ou bien plus tard.

S’il y a un point sensible autour des reprises, c’est sans doute cette question des héros. Le sujet des séries des années 80 et 90, qui sont tant réadaptées aujourd’hui, est souvent porté presque exclusivement, selon les schémas narratifs de l’époque, sur un ou plusieurs personnages centraux positifs et charismatiques. MacGyver, Magnum ou Charmed illustrent particulièrement ce phénomène.  Alors comment refaire une histoire en changeant les héros que l’on a tant aimés, surtout s’ils sont l’essence du show ? Quand un personnage et son interprète se confondent au point d’être devenus des symboles de la pop culture, peut-on vraiment les réincarner différemment ? Ce n’est plus tant le fan service adossé à une série mais celui voué aux comédiennes et comédiens qui pourraient bien ici être problématique. L’affluence aux conférences de comédiens tels que Shannen Doherty ou Dean Cain à la dernière Comic Con de Paris le montre, ce n’est pas juste Pru Halliwell ou Clark Kent auxquels nous sommes attachés mais à des acteurs et actrices qui ont marqué nos souvenirs. Malgré tous les recyclages possibles, cet attachement-là semble difficile à mettre de côté. La comparaison s’imposera toujours, seules les nouvelles générations de spectateurs pourront vraiment aborder ces franchises avec un œil neuf, sans chercher à défendre leurs comédiens chouchous.

En relançant une série culte, les chaînes se heurtent à cette dimension affective. Les remakes répondent à la fois au manque qui naît lorsqu’une série que l’on a aimé se termine et au besoin nostalgique des fans de faire perdurer le souvenir d’une franchise ou de personnages que l’on a investi affectivement. Le problème c’est que cet investissement se charge aussi de sacralisation. On transforme une série culte en mythe, en objet que l’on ne peut toucher. A ce titre, il semble que les remakes soient destinés à être perçus comme de potentielles insultes au passé. Comme une volonté de changer l’histoire, de modifier les codes pour les moderniser quitte à adresser un regard critique sur la série originale.

Si les réactions sont si épidermiques, pourquoi les chaînes font-elles quand même des reprises ? Car d’un point de vue purement pragmatique et marketing, la recette est plus qu’assurée. Pour obtenir un buzz médiatique au moindre coût, le relais des fans débattant sur la moindre rumeur de remake constitue du pain béni pour une chaîne. On peut être certain que n’importe quelle news suscitera moult articles et partages, qu’ils soient méfiants ou enthousiastes. Mais cette recette est à double tranchant. Si la série s’avère décevante, le bad buzz tournera vite au raz-de-marée encouragé par tous les fans d’origine n’ayant qu’une envie, vouer au bûcher les créateurs sacrilèges ayant souillé leur doudou, quitte parfois d’ailleurs à être injuste.

Lorsque le projet du retour de Buffy a été annoncé, beaucoup de crispations sont nées sur les réseaux sociaux. Dire que la chasseuse de vampire avait besoin d’une cure de modernisation a pu choquer les fans de la première heure. Une série datée d’il y a moins de 20 ans ne serait-elle déjà plus en phase avec notre monde ? Face aux critiques, la nouvelle showrunneuse de Buffy, Monica Owusu-Breen, a adressé une parole d’apaisement, rappelant qu’elle était une fan avant d’être créatrice. En adoptant une héroïne noire – une manière de pointer le manque de diversité de la première version de la série – et en affichant le souhait de parler des angoisses de notre société actuelle, Monica Owusu-Breen affirme vouloir prolonger l’héritage d’une œuvre sans pour autant trahir le passé. Une nouvelle Buffy tournée vers le monde d’aujourd’hui et à même de tenir un discours sur les problématiques de notre société sans pour autant renier les origines.

Ce type de prise de parole est rare dans le monde des séries mais il montre qu’on ne peut pas réduire une reprise à de basses considérations marketing. Il peut s’agir aussi de se servir d’un l’héritage affectif comme  socle pour recréer un nouveau regard sur le monde. A l’image de Battlestar Galactica et de son approche de la technologie enrichie des craintes apparues dans les années 90. Des créateurs conscients des enjeux artistiques des œuvres auxquelles ils s’attaquent prouvent que des gestes artistiques dans les « reprises » sont totalement possibles.

La création, éternel recommencement aux Etats-Unis.

Puisque l’on parle de formes de réinterprétation de franchises ou de personnages, élargissons un peu le point de vue en faisant un petit détour par d’autres industries culturelles. La réinterprétaton comme mode de création ne touche pas que le monde des séries. Réécrire des histoires faisant partie du patrimoine culturel est une façon de concevoir des œuvres totalement naturelle aux Etats-Unis et ce tous médias confondus. Au cinéma notamment, on ne compte plus les reprises de franchises du passé. Très récemment, Predator, A Star is born ou encore Suspiria ont réactivé des titres des années 30 à 80 sans que l’on s’émeuve particulièrement. Très présent dans le genre du film d’horreur (Halloween, Freddy, Massacre à la tronçonneuse) le remake est devenu une sorte de figure de style régulièrement sollicité par tous les studios US. Que ce soit par une volonté de moderniser une histoire ou pour faire connaitre un univers culte à une nouvelle génération, les créateurs s’emparent du passé pour mieux le revisiter.

Si la tendance est solidement installée, le risque de décevoir n’en reste pas moins toujours présent. En particulier sur les créations devenues des marques cultes, on attendra le réalisateur au tournant. Pourtant, exactement comme dans le cas de Battlestar Galactica,une proposition artistique originale et innovante apportant une nouvelle pierre à l’édifice peut convaincre. Lorsque Peter Jackson s’attelle à sa version de King Kong en 2005, peu importe la version originale de 1933 ou son premier remake de 1976, ce qui nous préoccupe surtout c’est de voir la patte de Jackson sur le mythe du grand singe. Les versions antérieures seront l’occasion de mesurer la créativité du réalisateur, ses choix esthétiques et narratifs plus que de débattre de son manque d’audace.

S’il existe un média qui porte la logique de la reprise et plus particulièrement du reboot dans son ADN, c’est sans doute le comic book. Les aventures des super héros Marvel et DC sont des marques très anciennes datant pour certaines des années 30 (Batman et Superman notamment). Très vite, les maisons d’édition ont eu pour nécessité de les moderniser au fil des époques. Pour permettre à une nouvelle génération de lecteurs de découvrir ces histoires et de développer un lien affectif avec elles la logique du reboot voire même d’une relecture totale de l’univers est apparue comme une source de création permanente.

Petit exemple avec Spiderman, un héros particulièrement frappé par cette logique. Créé originellement par Stan Lee et Jack Kirby en 1962, l’homme-araignée connaîtra de grands bouleversements à partir du début des années 2000. L’adaptation de la franchise au cinéma ouvre la possibilité d’attirer un grand nombre de nouveaux lecteurs. Pour leur permettre d’accéder à une œuvre comptant alors près de 500 numéros publiés, Marvel lance une toute nouvelle version de l’univers sous la houlette de Brian Michael Bendis au scénario et Mark Bagley au dessin. Origines repensées, contexte dépoussiéré mais néanmoins respect des codes, Ultimate Spider Man ouvre une nouvelle voie qui pourra prendre peu à peu ses libertés avec son modèle pour affronter des thèmes nouveaux plus en phase avec la société actuelle. La réinvention ira même jusqu’à la mort du héros traditionnel Peter Parker remplacé par un nouvel homme-araignée afro-américain du nom de Miles Morales. Ou comment créer un reboot dans le reboot. Loin d’être gratuit ce changement permettra à nouveau d’aborder de nouvelles problématiques en intégrant les questions de diversité au sein de l’univers. Ça ne vous rappellerait pas un peu ce qui est en train d’arriver avec Buffy ?

Loin de faire grincer les dents des fans, cette méthode est devenue une formidable source de créativité permettant une réinvention constante. Le film d’animation Spider-Man New Generation s’appuie d’ailleurs sur cette formule en faisant se confronter différentes versions du personnage de l’homme-araignée issues de plusieurs remakes/reboot. Le signe sans doute d’une acceptation complète du phénomène.

Ces deux tendances pourraient bien illustrer un rapport différent aux œuvres artistiques dans la culture américaine. Si en Europe et plus particulièrement en France, une œuvre est une réalisation finie qu’il convient de préserver, aux USA il semble qu’elle soit d’abord une idée qui peut évoluer au fil du temps. Cette différence d’approche explique le rapport beaucoup plus libre que les productions US ou les networks peuvent avoir face aux franchises cultes. La sacralisation est évacuée pour laisser place à une totale liberté. Une liberté néanmoins toujours risquée. Formidable opportunité en cas de création ambitieuse mais opportunisme vide de sens si l’œuvre d’origine n’est pas respectée ou comprise ou si tout simplement le niveau d’ambition avoisine les zéro.

Pour conclure cette petite revue des problématiques des reprises, finissons par une note d’espoir. Il n’y aura sans doute pas que des perles rares dans les futurs recyclages en série. Mais le foisonnement de créations originales n’est pas non plus forcément un gage d’heureuses surprises. Dans tous les cas, seul le talent et l’ambition des créateurs permettra de dépasser le simple effet de communication pour mieux surprendre et créer de vrais élans pour des nouveaux spectateurs.

Une réponse à “Remakes en série, panne d’originalité ou marche naturelle de la création ?

  1. Je suis de la génération 80s-90s et je suis par principe contre les remakes ou reboots de séries (et de dessins animés), pas parce que je me dis que ça sera forcément nul, mais parce que je trouve que c’est une solution de facilité. Quitte à reprendre Mac Gyver ou autres, autant assumer à fond et rediffuser tout simplement la série originale, qui ravira les fans nostalgiques et leur permettra de faire découvrir aux plus jeunes ces séries qu’ils ont tant aimées !
    Moi qui ai grandi avec des séries innovantes, où les héros devenaient des anti-héros (Mariés 2 enfants…), où le manichéisme n’était plus de mise (Desperate housewives…), où les vrais problèmes de société étaient traités avec justesse (Hartley cœurs à vif…), je ne supporte pas ce manque d’originalité de la part des scénaristes d’aujourd’hui !
    Qu’ils se creusent un peu la cervelle au lieu de faire du neuf avec du vieux !

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