Semaine d’un sériephile (51) : encore des séries australiennes

Une fois n’est pas coutume, après une première excursion, je continue mon exploration des terres australes avec cette deuxième semaine sériephile consacrée à l’Australie !

Wentworth, derrière les barreaux, des femmes

Wentworth vient s’ajouter à une liste plutôt prestigieuse de séries portant sur l’univers carcéral féminin  avec Unité 9 (Québec) et Orange is the New Black (États-Unis) rendant ainsi un bel hommage aux origines pénitentiaires de l’Australie qui fut pendant longtemps un gigantesque bagne à ciel ouvert avant de gagner en respectabilité. On y suit l’arrivée de Bea Smith, femme de classe moyenne déboussolée, à la prison pour femmes de Wentworth. Bea est accusée de tentative de meurtre sur son mari. On découvre rapidement les détails de la vie de Bea : un mari abusif et violent qui la pousse au crime, une fille pour qui elle serait prête à tout, mais aussi une personnalité réservée et effacée, bien qu’aspirant à une liberté dont elle n’a jamais profité.

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Bea Smith, de la soumission à la violence

Ainsi, bien que Bea soit enfermée, elle découvre progressivement des aspects de la vie qu’elle a longtemps ignorés et apprend à s’affirmer, par la force ou par la découverte et l’expérience. Femme effrayée, elle devient meneuse. Mère de famille effacée, elle découvre également sa sexualité. La série Wentworth réussit avec talent à brosser le portrait d’une héroïne complexe : une femme commune aux aspirations limitées mais avec une force de caractère inattendue. Elle est bien plus réelle que ne le sera jamais Piper Chapman. Les camarades de chambre de Bea ne sont pas pour autant oubliées, on découvre leur vie grâce à de multiples flash-backs, mais le projecteur reste toujours sur l’histoire de Bea.

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Une belle brochette de détenues

Wentworth est une série esthétiquement belle -parfois un brin tape à l’oeil- chaleureuse et humaine. Elle nous propose un cadre carcéral réaliste et s’attaque à de nombreuses problématiques sociales australiennes à l’intérieur et hors des prisons. Le réalisme n’est pourtant pas toujours au rendez-vous. Bénéficiant d’un casting talentueux, l’écriture des personnages de Wentworth pêche toutefois souvent du côté des gardiens, frisant le ridicule et faisant perdre de la crédibilité à l’intrigue. Qu’importe, Wentworth est écrite avec sincérité et l’émotion est au rendez-vous tout au long des 2 saisons. Cette série fait un tabac en Australie.

The Code, un thriller dans le bush

The Code est un thriller complexe dont les 6 épisodes sont en cours de diffusion sur ABC1, la chaîne principale australienne. Bénéficiant d’un casting prestigieux : Lucy Lawless (Xena, Top of the Lake), David Wenham (Top of the Lake, Le Seigneur des Anneaux), Aden Young (Rectify), The Code obtient déjà une certaine notoriété à l’étranger et a été vendue à de nombreuses chaînes. Elle sera ainsi diffusée sur Arte. L’histoire ? Par une nuit noire, deux adolescents aborigènes sont percutés par un camion en plein bush. Dans les plus hautes sphères du gouvernement situé à Camberra, on fait tout pour étouffer l’affaire, mais c’est sans compter sur l’investigation de deux frères, l’un journaliste, l’autre hacker, et de quelques alliés mêlés de très près à l’histoire…

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Lucy Lawless, la seule et unique héroïne de mon enfance

The Code nous propose une histoire de facture classique qui mêle comme tout bon thriller, politique, complot scientifique, sexe et crime avec une pointe d’émotion. Les politiques y sont bien évidemment tous corrompus, les scientifiques dangereux et incapables de questionner leur conscience, tandis que le commun des mortels tente de découvrir la vérité, luttant contre les forces du système. On n’échappe pas à quelques clichés du genre. Et même si l’action est rarement au rendez-vous, les 4 épisodes déjà diffusés fonctionnent très bien. Ce qui intéresse bien plus, ce sont donc les relations ambiguës entre les personnages, qui pour le coup sont plus subtiles, ainsi que la découverte des rouages de la société australienne.

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Le “code” au cœur d’un thriller, un peu complexe mais très exotique !

ABC1 produit ici un thriller moderne qui exploite à merveille la technophilie ambiante de notre époque. Cyber-attaques, militantisme hacker, réseaux sociaux omniprésents, The Code fait constamment référence aux technologies qui nous entourent et sont d’autant plus importantes dans un pays à la géographie et à la densité de population si particulières. On imagine la vie politique australienne bien moins trépidante en vrai mais The Code a pour elle l’exotisme de son cadre, et quelques personnages très attachants.

Please Like Me, mordez la vie à pleine dents

Please Like Me est un petit bijou de comédie qui fonctionne à 100 à l’heure sur fond d’images pop rose bonbon avec une ambiance de gros cupcake. On y suit les aléas sentimentaux de Josh, 21 ans, parfois aussi volubile et inconsistant qu’un enfant surexcité, puis tout à coup touché par la gravité de l’existence et des questionnements sur sa propre personne. Les décors et le cadre de la série nous donnent l’impression que tout ce que l’on voit est l’univers intérieur de Josh, jeune homme sensible à l’émotivité débordante, comme si son âme était mise à nu.

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Du son pop, des couleurs partout, Please Like Me, c’est comme un bon gros cupcake

Malgré son aspect esthétique sucré, Please Like Me est d’une terrible insolence et professe une humour franc et dérangeant qui n’épargne personne : racistes, homophobes, dépressifs mais aussi tous leurs contraires. Cette série est si frondeuse qu’elle a parfois des accents terriblement anglais. Mais c’est bien aux Australiens que l’on doit cette perle d’inventivité sortie de l’imagination géniale de Josh Thomas, jeune humoriste australien plein de talent.

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Josh Thomas, le créateur au génie précoce

Josh est donc un jeune adulte largué du jour au lendemain par sa petite amie qui le confronte à son homosexualité non avouée. Il découvre rapidement sa sexualité, entre tâtonnements comiques et touchants et mésaventures avec sa famille et son entourage délurés. Car tous, adultes compris, sont délicieusement zinzins, ce qui occasionne de nombreuses scènes hilarantes.

La légereté qui émane de Please Like Me est profondément rafraîchissante mais n’empêche pas d’aborder des thèmes sérieux avec une grande liberté de ton. Le sexe y est omniprésent. On en parle même à l’Église pendant un enterrement. Mais contrairement aux comédies anglaises, la série verse rarement dans le trash et conserve une grande finesse : les vieux comme les jeunes sont invités à échanger entre eux sur leur(s) sexualité(s) et tentent de s’accepter les uns les autres grâce à l’amour qu’ils se portent. Please Like Me est un grand message de tolérance et bouscule pas mal de clichés. Il s’agit de mon vrai coup de cœur australien, qui a achevé la diffusion de sa deuxième saison il y a quelques semaines seulement.

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Une réponse à “Semaine d’un sériephile (51) : encore des séries australiennes

  1. En gros ce que tu dis c’est que si on fait une overdose des Américains, on peut toujours se rabattre sur les Australiens ? J’aime bien l’idée. Please Like Me à l’air très drôle. Allez hop, sur Beta.

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