Un cadeau de Noël sériephile : Not That Kind of Girl, par Lena Dunham

Not that kinf of girl (antiguide à l’usage des filles d’aujourd’hui) est un livre autobiographique où Lena Dunham donne quelques conseils basés sur son expérience aux filles d’aujourd’hui. On en parle depuis quelques temps dans la presse principalement à cause d’une polémique qui a enflée sur les réseaux sociaux, polémique qui semble très disproportionnée à la lecture du passage problématique. Une fois qu’on a évoqué le buzz, que reste-il du livre ? On l’achète ou pas ?

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Une des raisons participant à faire enfler la polémique, c’est la capacité de Lena Dunham à faire entrer le lecteur dans son intimité. Comme dans Girls, lorsqu’elle parle de sexe (ou de tout autre sujet d’ailleurs), c’est cru, sans détour et pas très glamour. Mais à la différence de sa série, le pacte de vérité n’est pas le même. Lorsqu’elle signe un livre de son nom, elle s’implique personnellement et les histoires qu’elle relate passent du statut d’anecdote personnelle servant la fiction à véritable autobiographie. La lecture de ses histoires peut alors parfois mettre mal à l’aise car elles ont la fâcheuse tendance à se focaliser sur toutes les manies et détails embarrassants de son entourage. D’autant qu’en ouvrant le livre, ce n’est pas vraiment à cela qu’on s’attend. Le sous-titre « antiguide à l’usage des filles » laisse présager un essai lifestyle avec une série de conseils pour devenir la parfaite New-Yorkaise. Mais c’est un prétexte de l’auteur pour (encore) nous parler de sa vie. Vous ne trouverez aucune information utile, sauf bien sûr à supposer qu’éviter d’être auto-centré et de pas faire comme elle soient des conseils. Bref, le projet d’écriture du livre n’est pas très clair et le statut à lui donner ne l’est pas plus. C’est peut-être également pour cela que les accusations farfelues dont Lena Dunham est la victime ont pu s’épanouir : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Est-ce un essai ? Une autobiographie ? Si comme elle l’écrit elle n’est pas une « narratrice fiable », comment son oeuvre peut-elle être édifiante, comme elle le souhaite dans l’introduction ?

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Arrivés à ce point de l’article, vous vous demandez sûrement pourquoi après ces critiques nous avons choisi le livre dans notre sélection cadeaux de noël sériephile si ce n’est pour faire comme elle : prendre un prétexte pour finalement parler de ce qu’on veut ? Premièrement parce que si comme nous, vous aimez le personnage Dunham et sa série, vous serez heureux de découvrir, qu’elle écrive un bouquin, un film ou une série, qu’elle reste toujours elle-même. On retrouve ce mélange d’impudeur et d’humour ainsi qu’un égocentrisme exacerbé (et sûrement un peu exagéré) dans lequel il nous arrive de nous retrouver. Vous lirez également dans Not that kind of girl des anecdotes très proches de certaines histoires vues dans Girls et c’est donc un document utile pour comprendre sa série. Mais si on vous le recommande aussi chaudement, c’est pour une raison très importante, qu’elle donne elle-même dans la préface :

Affirmer avec certitude que sa propre histoire vaut la peine d’être racontée, je ne trouve rien de plus culotté. Surtout quand il s’agit d’une femme. Malgré tous nos efforts, malgré toutes nos avancées, il demeure encore des forces obscures pour seriner aux femmes que leurs préoccupations sont dérisoires, leur avis inutiles, qu’elles n’ont pas le sérieux voulu pour que leurs histoires aient du poids. Que leurs récits autobiographiques ne sont que coquetterie et qu’elles feraient mieux de se réjouir de ce monde nouveau pour elles, assises bien tranquillement et en silence. Sauf que je veux raconter mes histoires.

Et elle a raison. Parce que si Not that kind of girl est un livre écrit très légèrement, sans vraie vocation littéraire et avec un projet flou, elle se lance dedans corps et âme, fait fi de la critique, pour prouver qu’elle existe et avec elle toutes les femmes. Si le livre a un conseil à prodiguer, c’est d’oublier ce que peuvent penser les autres et de s’accomplir soi-même, même si le résultat n’est pas à la hauteur car il compte bien moins que le processus pour y arriver. Et ce message féministe est suffisant pour faire de l’antiguide de Dunham un conseil de lecture. Lena on l’aime parce qu’elle ose tout.

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Not that kind of Girl, par Lena Dunham, aux éditions Belfond, traduit par Catherine Gibert, 20euros.

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