Journal de bord de Séries Chéries à Séries Mania : jour 6

Séries Mania, en ce 22 avril 2015, a fait revivre dans sa programmation la rivalité franco-britannique en diffusant au même moment Le Bureau des Légendes, dernière création Canal + et Indian Summers, la série de Channel 4. Serge, patriote dans l’âme, est allé voir comment s’en sortent les espions français dans la grande salle, tandis que Marine a cédé à l’appel du grand large.

Dans la salle 500…

20h00 : Il est l’heure de rejoindre le grand événement Canal +, la première du Bureau des Légendes. La salle 500 est comble et trépigne d’impatience. Alors, coup de comm’ ou coup de génie ? La réponse dans 2 x 52 min.

LE-BUREAU-DES-LEGENDES (1)

22h00 : Amateurs du cinéma d’Eric Rochant vous ne serez pas surpris par cette série, on retrouve les thèmes du spécialiste français de l’espionnage et de l’intrigue militaire. Mensonges, non-dits et trahisons sont omniprésents dans un univers à mille lieues de James Bond. Oubliez les gadgets, les explosions et autres effets spéciaux, bienvenue dans l’austérité. Il ressort de ces deux premiers épisodes une très intéressante quête d’authenticité qui s’épanouit avec une belle intensité. On adhérera ou pas à la froideur de l’ensemble mais il n’empêche que la mécanique fonctionne et ne peut qu’éveiller notre curiosité. Mention spéciale pour la dynamique entre Darroussin et Kassovitz, un duo mentor/élève en crise de confiance particulièrement intéressante.

22h01 : Deuxième événement de la soirée on enchaîne sur le débat avec l’équipe de la série. Une très grande équipe d’ailleurs : entre Eric Rochant, le producteur Alex Berger, le directeur de la fiction de Canal Fabrice de la Patellière, Matthieu Kassovitz, Léa Drucker, Jonathan Zaccaï et moult autres personnes, le Forum des images se retrouve en rupture de chaises. Pas d’incident diplomatique à déplorer pour autant lors de cette discussion riche en infos de toutes sortes. Nous avons ainsi appris que Le Bureau des Légendes connaîtra une deuxième saison voire une troisième, qu’Eric Rochant est fan de The Wire, que la passerelle cinéma-séries s’ouvre à nouveau pour les comédiens à condition qu’il y ait de l’ambition et surtout que Canal tente désormais le pari de créer une saison par an. C’était la grande annonce de cette soirée : eh oui, enfin c’est possible, la France peut reproduire le schéma de production des séries US ! On retiendra donc de la soirée que plus que jamais l’heure est à l’ambition chez les créateurs comme chez les diffuseurs français. Et ça, ma foi, ça fait bien plaisir.

Tandis qu’en salle 300…

indiansummer

21h : Je suis venue assister à la projection d’Indian Summers, une série britannique tournée en Malaisie, dont Julie Walters tient un des rôles principaux. La salle est pleine, les derniers retardataires prennent place (pour une fois, je suis en avance).  Je constate que la moyenne d’âge est légèrement plus élevée que pour Empire, samedi dernier

21h05 : Elaine Pyke la productrice exécutive vient présenter la série, accompagnée d’Alexandre Piel de chez Arte, le distributeur franco-allemand de la série. Indian Summers a été créée par Paul Rutman et commandée par Channel 4, et prend la forme d’une saga en 10 épisodes. Alex Piel nous promet du romanesque et du romantisme dans l’Inde Britannique des années 30. Moi, je suis surtout venue écouter Julie Walters, alias Maman Weasley dans Harry Potter. J’adore cette femme. C’est parti pour 1h15 de visionnage.

22h20 : Malgré la fatigue générale, les spectateurs semblent avoir apprécié. C’est également une bonne surprise pour moi, le pilote est réussi. L’esthétique est soignée ; dès les premières minutes, on est plongé au cœur des rizières indiennes, de villages aux couleurs vives et à la chaleur étouffante. Deux mondes se côtoient : l’aristocratie Britannique venue passer l’été à Simla, petit village perdu dans l’Himalaya, et la population Indienne à son service. Indian Summers a tout l’air de prendre des accents politiques.

22h25 : Julie Walters est annoncée, la salle applaudit. Elle est exactement comme je l’imaginais, assez semblable à son personnage dans Mamma Mia : drôle et rayonnante. Elle parle de sa passion pour le théâtre, son premier amour, elle a le rire facile et ponctue certaines de ses réponses par quelques mots de français. La salle est conquise. Elle évoque Cynthia, son personnage dans la série. Le côté ambigu de cette femme l’a beaucoup intriguée. C’est une survivante, elle vient d’un milieu modeste, et se retrouve à tenir le country club où tout le gratin british se retrouve tous les étés. Elle a cette vie qu’elle n’aurait pu avoir en Angleterre, et s’accroche à ce pouvoir, à son statut. Les questions fusent. Un monsieur du premier rang trouve la série trop politiquement correcte et je ne suis pas d’accord. Le pilote réussit à amorcer bon nombre de points qui seront selon toute vraisemblance approfondis dans le reste de la saison. On nous dévoile une société Britannique en perte de compréhension du monde qui l’entoure, immergée dans son époque et aveuglée par un système de castes pas moins contraignant que celui de l’Inde. Le déclin de l’Empire est en marche, et les prémices de la révolution indienne annoncées. Le racisme, banalisé à cette époque, fait des ravages au sein même de la population indienne. On ne se marie pas entre musulman et hindou, et on rejette les enfants métisses. Cette série retrace le passé colonial de l’Empire britannique et aborde justement la question du multiculturalisme et le racisme sous-jacent encore au cœur de la société actuelle. Petite anecdote très intéressante sur le tournage : Simla étant devenu un endroit très moderne, cela ne convenait pas aux besoins de la série qui a donc été entièrement tournée en Malaisie. Le tournage s’est alors déroulé sur l’île de Penang, autre destination montagneuse où le gratin venait passer l’été. Ce lieu a été une mine d’or pour l’équipe. Ils ont littéralement déterré du sol des bâtiments datant de l’époque coloniale, qui étaient enfouis dans la jungle, pour en faire la demeure d’Alice et Ralph Whelan dont on suit les aventures dans la série : « C’était comme être au milieu de fantômes », nous dit Elaine Pyke.

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