Journal de bord de Séries Chéries à Séries Mania : jour 5

Le cinquième jour du festival était placé sous le signe de la noirceur, entre enquêtes policières et manœuvres politiciennes.

14h30 : Quelle que soit l’époque ou la contrée, des Experts à Falco, de Derrick à Broadchurch, fiction policière et télévision ont souvent fait bon ménage. Ce genre très plébiscité par le public et par les diffuseurs a connu moult évolutions, et ce n’est apparemment pas fini. Alors, comment renouveler l’inévitable polar ? C’est le problème exploré par la table-ronde du jour. On a eu la réponse à 3 minutes de la fin : en faisant de l’animation comme Canal+ avec la série Hard Apple. Entre-temps, on apprend que les chaînes développent de nouvelles histoires qui ont toutes pour point commun des disparitions. Question originalité on repassera. Alors oui, on se concentre davantage sur la psychologie de l’enquêteur, sur ses failles, sa sensibilité et la frontière est de plus en plus mince entre les histoires personnelles de ces héros et les investigations qu’ils mènent MAIS il y a tellement de séries policières développées qu’à peine la tendance du héros torturé est-elle lancée qu’elle semble déjà obsolète. Suivons donc le modèle des Scandinaves qui ont su s’approprier le genre et y apposer leur patte. D’ailleurs la série Jordskott a l’air d’être une tuerie !

jordskott

18h20 : Elle a été évoquée brièvement en présence de son créateur Shahar Magen pendant la table-ronde, place à la projection de la série israélienne Sirens (Betoolot en VO) à laquelle assiste Maguelonne. La série s’articule autour de la découverte d’un cadavre étrangement déshydraté : celui de la sœur jumelle de Shelly, l’héroïne policière, qui avait disparu 17 ans auparavant. Le mélange des genres est intéressant, entre l’enquête, le fantastique et l’angle politique de la question de l’immigration en Israël – on découvre les problématiques particulières d’une région où le trafic d’êtres humains est particulièrement courant et fait partie du quotidien professionnel des personnages principaux. Mais on ne peut s’empêcher de regretter l’importance nauséabonde accordée par les personnages au fait que la disparue a pris quelques kilos ; autant sa virginité a un sens dans l’intrigue (en excluant l’hypothèse de l’esclavage sexuel), autant les nombreuses remarques sur son surpoids virent franchement à la grossophobie. Malgré cela, parce que le mystère est vraiment intrigant et que le créateur et seul scénariste explique avoir adapté le conte d’Andersen à la sauce d’un mythe syrien, on se prend à espérer pouvoir voir la suite en France.

betoolot

Du côté de Serge et Marion

19h00 : Nous assistons à la projection en intégrale de la mini-série The Casual Vacancy adaptée du livre roman éponyme de J.K. Rowling. Nous voilà partis pour trois heures d’immersion dans la campagne anglaise. Au menu, intrigues politiques, coups fourrés entre voisins et portrait au vitriol des inégalités sociales. Séduite par le charme bucolique du village de Pagford, je n’ai pas senti venir la noirceur. Pourtant habituée au cadre Barnabiesque, j’aurais dû m’apercevoir plus tôt que la carte postale était trop parfaite. Presque à la manière de Fellini, on se retrouve dans un vrai village de monstres où chaque défaut, chaque bassesse prend des proportions insoupçonnées. C’aurait pu être indigeste mais l’écriture est fine, incisive, bref efficace. Cerise sur le marathon, l’équipe de la série (dont l’actrice Keeley Hawes) était présente pour une session sans langue de bois. A la question relativement innocente de la volonté d’édulcorer ou non le propos de la série par rapport au livre, la scénariste Sarah Phelps démontre par a+b que les scénaristes anglais sont indomptables. Tenez-vous le pour dit, on ne blague pas sur la BBC.

Pendant que 500 spectateurs peuvent être conquis par la géniale Transparent à 21h…

François continue de donner libre cours à sa passion pour les fictions françaises.

19h50 : Je rentre dans la salle 100 pour regarder Disparue, la nouvelle série de France 2, adaptée de la série espagnole Desaparecida, diffusée aujourd’hui pendant quatre semaines. Cette fois-ci, je suis arrivé tôt, je vais pouvoir être à une meilleure place que la veille.

20h00 : De nombreux membres de l’équipe du film (la réalisatrice : Charlotte Brandström, les auteurs : Marie Deshaires et Catherine Touzet, les acteurs : Muriel Combeau ainsi que deux jeunes du film) sont présents pour la présentation. La série commence, la musique nous met déjà dans l’ambiance.

20h55 : La salle ne se vide pas comme hier. C’est bon signe pour la série.

22h00 : Le débat commence et les questions fusent de partout. Il n’y aura pas de suite à la série car c’est une mini-série mais en Espagne, la série avait eu un spin-off avec les deux policiers.

22h25 : PEF (Pierre-François Martin Laval) arrive à l’improviste pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Disparue

23h00 : Fin des débats, la réalisatrice me confie que la série est diffusée quelques jours après Broadchurch et que ce n’était peut-être pas judicieux de la part de France 2. Dommage, c’est une excellente série.

Au passage, la série est visible ici.

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