Rencontre avec Charlotte Brandström, réalisatrice de Disparue

Nous avons rencontré la réalisatrice suédoise de Disparue : Charlotte Brandström. Elle revient pour nous sur son parcours, la série phare de France 2 et ses projets.

Charlotte Branstrom

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Comment êtes vous arrivée à la réalisation ?

Au départ je voulais faire des documentaires animaliers. J’ai fait des stages au Musée d’Histoire Naturelle puis je suis partie aux USA pour faire des études d’anthropologie à UCLA. Ensuite j’ai postulé à l’American Film Institute où pour entrer il fallait faire un court-métrage. J’en ai fait un que j’ai écrit et réalisé et j’ai été acceptée. J’avais alors vingt et un ans. L’AFI m’a évidemment donné envie de réaliser des fictions. Après mes études de cinéma, j’ai d’abord travaillé sur divers longs-métrages américains. Mon premier job était sur un film américain à petit budget qui se tournait dans la Death Valley. Je nettoyais les caravanes des acteurs et je m’assurais que le chien du metteur en scène avait de la clim… Les producteurs m’ont ensuite proposé un stage au montage que j’ai immédiatement accepté. J’ai ensuite continué à travailler dans le montage (très bonne école pour la réalisation !) pendant plusieurs années, jusqu’à ce que je trouve un livre que j’avais envie d’adapter (Le Dernier Eté de Pierre-Jean Rémy). J’ai coécrit le scénario et c’est devenu Un Été d’Orages, mon premier long-métrage, avec Judith Godrèche et Murray Head.

En quoi consiste le travail d’un réalisateur sur une série  ? Est-il le même que sur un film ou téléfilm ? Les rapports de force entre réalisation, scénario et production sont-ils les mêmes ?

Chaque cas est différent. Tout d’abord il faut faire la différence entre série et mini-série bouclée. Disparue est une mini-série bouclée de huit épisodes – un très long long-métrage, en fait – avec un seul réalisateur qui donne son empreinte visuelle. Dans une série pure, c’est le réalisateur principal qui réalise les deux premiers épisodes, qui fait le casting et les repérages, il installe le style et crée l’esprit que les autres réalisateurs doivent suivre. Sur Engrenages par exemple, le réalisateur de la première saison a vraiment apporté un ton particulier d’image, de casting, de jeu des comédiens, le choix des décors. Dans l’école française de la série je pense que le directeur artistique le plus légitime est à l’évidence le trio producteur-scénariste-réalisateur comme sur le modèle du Village Français, avec la confiance du diffuseur.

Disparue a été un grand succès. Qu’est ce qui, selon vous, a fait que la série a cartonné ?

C’est un ensemble de choses… des textes prenants, de beaux personnages incarnés par des comédiens formidables et une belle équipe technique à commencer par mon chef-opérateur Pascal Gennesseaux et mon chef-monteur Jean-Daniel Fernandez. Il y a eu un très gros investissement de chaque personne qui a travaillé sur cette série pour qu’elle arrive à une telle qualité.

Il n’y aura pas de saison 2. Déçue ?

Non. C’était une belle aventure qui a toujours été envisagée comme une histoire bouclée. On aurait pu retrouver le duo d’enquêteurs dans une autre affaire mais je pense que cela aurait été déceptif. La force de Disparue est le drame et l’enjeu humain de la famille Morel. En revanche je vais retrouver l’équipe de Disparue, la productrice (Iris Bucher) et les deux scénaristes (Marie Deshaires et Catherine Touzet) pour l’adaptation d’un roman néerlandais, Mémoire Assassine, en un thriller de 6×52 minutes autour du thème de la mémoire et du harcèlement. Une nouvelle mini-série bouclée !

Vous travaillez entre la Suède et la France, quelles différences sentez-vous entre ces deux pays dans la manière de travailler ? La place de la fiction à la télévision y est-elle différente ?

Les techniques de travail sont semblables même si les équipes suédoises sont bien plus petites que les françaises. Par contre la fiction scandinave se concentre sur les personnages, plus que sur le récit lui-même. Ils sont travaillés en profondeur, les chefs-décorateurs leur créent des pièces de vie, on réfléchit beaucoup à leur passé, aux accessoires qui ont beaucoup d’importance… Je pense que la réussite des séries scandinaves passe par cela.

De quel projet êtes-vous la plus fière ?

Disparue en France et une série, Johan Falk, en Suède.

Johan Falk

Etes-vous sériephile ? Y a-t-il des séries qui vous ont marquée ?

En ce moment je regarde The Americans. J’adore l’enjeu humain de cette série et je la trouve très prenante. L’enjeu de cette famille atypique et les personnages sont très forts.

Quel est votre prochain projet ?

Je vais réaliser fin août à New York un épisode d’une série américaine pour CBS, Madam Secretary, produite par la société de production de Morgan Freeman.

MADAM SECRETARY

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