Showrunner : Alexandre Astier

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Sa bio

Alexandre Astier est né à Lyon dans une famille de comédiens. D’abord passionné de musique, il suit des études à l’American School of Modern Music, puis se lance dans la composition de bandes originales pour des courts-métrages. Mais il est un enfant de la balle et n’a pas oublié les planches si facilement. Parallèlement à sa carrière musicale, il fréquente le milieu du théâtre lyonnais, jouant et écrivant ses premières pièces. En 2003, il écrit et réalise son troisième court-métrage Dies Irae, produit par l’Acting Studio, structure créée par sa mère dans la région lyonnaise. Son petit film de 15 minutes remporte un franc succès et est remarqué dans de nombreux festivals, jusqu’à attirer l’attention de la société Calt production à la recherche d’un remplaçant à Caméra Café sur M6. C’est ainsi que naît Kaamelott.

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Cette nouvelle série, fondée sur le modèle de Dies Irae et ramenée à des épisodes de 3 minutes, rencontre un succès tel qu’une communauté de fans se construit autour de l’univers et de la figure d’Alexandre Astier. Après des démêlés avec ses producteurs, il doit mettre un coup d’arrêt à l’aventure. Mais fort de son succès, il écrira et réalisera deux films (David et Madame Hansen, Astérix et le domaine des dieux), puis mettra en scène deux spectacles avec lesquels on peut considérer qu’il a inventé un genre  : le one man show pédagogique.

Son style

Première remarque : Alexandre Astier aime travailler en famille. On retrouve tout au long des épisodes ses parents, sa belle-mère, sa femme, ses enfants… Mais c’est aussi un projet familial au sens étendu. La troupe dont il s’est entouré est d’abord celle qu’il s’est constituée lors de ses années de théâtre dans sa ville de Lyon. Et l’on retrouve nombre de ses collaborateurs dans d’autres de ses projets.

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Sur le plan du style, on peut distinguer deux périodes bien distinctes dans la série de ce créateur accompli, autant compositeur, qu’auteur, réalisateur, acteur, monteur… Dans les trois premières saisons, la série est une shortcom comique traditionnelle. Le ton y est léger et l’humour très décalé repose sur l’écriture, avec le goût de la réplique, de la joute oratoire, mais aussi avec quelque chose de la colère et de l’irascibilité qu’on a déjà pu voir dans la comédie en France, chez Louis de Funès par exemple. C’est à partir de la saison 4 qu’Alexandre Astier prend un tout autre virage et montre l’ampleur de son projet. Là où, au début, les épisodes pouvaient se consommer dans le désordre, il a pour ambition de créer une continuité narrative avec de vrais enjeux scénaristique. La série devient plus sombre et les antagonismes qu’on pensait mis en place uniquement pour le plaisir de la comédie montrent ce qu’ils contenaient de drame. En effet, le roi Arthur règne sur une troupe de bras cassés, qu’il doit emmener seul sur le chemin de la gloire, à travers la recherche de la quête du Graal, en tentant de reposer les bases d’une société nouvelle, plus raisonnable, juste et éclairée. Mais il est cruellement seul dans son ambition et doit souvent lutter malgré lui contre ceux qui devraient l’aider dans sa tâche. Si l’opposition leader éclairé / sujets débiles était propice au rire dans les premiers temps, elle deviendra source d’angoisse et de tensions par la suite. La petite shortcom s’est donc transformée en véritable réécriture du cycle arthurien, pensée comme un projet narratif protéiforme : les épisodes passent de 3 à 52 minutes, des BDs voient le jour et deux livres puis une trilogie cinématographique doivent venir conclure la série.

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Si l’on peut (et l’on doit) critiquer un certain sentiment démiurgique chez Alexandre Astier, notamment dans son obstination à vouloir cumuler tous les rôles sur un projet, quand bien même il ne serait pas qualifié pour tous et mériterait parfois un regard extérieur (si la saison 5 est une perle, la saison 6 souffre clairement de la démesure esthétique d’Astier), on ne peut que saluer sa probité dans n’importe lequel de ses projet, se refusant « à prendre le spectateur pour un con » et souhaitant lui offrir des œuvres où on trouve toujours plus que du simple divertissement. Notons aussi la rareté à la télévision française de créateurs montrant autant d’ambition pour une série et qui peuvent la maîtriser dans tous ses enjeux. Alexandre Astier est-il le seul Showrunner français ?

Ses séries

Kaamelott 

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