Top 5 de la nouvelle génération d’anti-héros

Rencontrer des figures d’anti-héros dans les séries n’est pas un phénomène nouveau, loin de là. Depuis presque deux décennies, nous en voyons en effet régulièrement défiler sur notre petit écran. Mais voilà, après Tony Soprano, Walter White, Dexter ou autre Dr House, on peut franchement se demander comment ces archétypes de personnages à la fois haïssables et attachants, tantôt par leur monstruosité ou leurs défauts, tantôt par leur mauvais caractère ou leurs mauvaises actions, peuvent encore nous émouvoir et nous surprendre ?

Rassurez-vous, la relève est bien assurée ! Voici donc la crème de la crème de l’anti-héros des temps modernes à travers ce top 5 cuisiné aux petits oignons :

5 – Lucious Lyon, Empire

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Pour qu’un soap marche, il vous faut un bon méchant. Un être abject qu’on va adorer détester. Bien sûr on pense direct à JR de Dallas, mais chaque soap a le sien. Empire ne déroge pas à la règle. Le soap a néanmoins fait du chemin depuis les années 80. Les showrunners les plus malins, tel Lee Daniels, ont retenu les leçons de « l’âge d’or » (et de Shakespeare) et transformé quelque peu le méchant de soap en anti-héros.

Ainsi, Lucious Lyon, patriarche à la tête d’un empire musical, menacé par une maladie mortelle, est le personnage autour duquel se structure le show. Tous les autres personnages (son ex, ses enfants, ses meilleurs amis…) ont construit leur vie par rapport à ses actions et ses sentiments. Evidemment il n’en a cure, et il est capable de les détruire par une petite phrase. Mais Lucious n’est pas qu’un gros sadique. C’est un être ambitieux, un flamboyant self made man, capable de sentiments et d’actes d’amour pur. Un humain quoi.

4 – Les frères Lothbrok, Vikings

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Les séries historiques peuvent elles aussi nous proposer des personnages d’anti-héros envoûtants. A la manière de Game of Thrones dont les protagonistes se retrouvent sans cesse au cœur de massacres dont surgissent hémoglobine et autres boyaux volants, Vikings offre également aux téléspectateurs  une multitude d’anti-héros sanguinaires.

Le plus central est sans nul doute le Jarl (signifie Comte) Ragnar Lothbrok, à la tête d’une communauté de Vikings. Ne se contentant pas d’une activité agricole, il rêve de découvrir de nouvelles contrées. Curieux et ambitieux, il a l’âme d’un conquérant. Menant son peuple jusqu’en Angleterre à bord de drakkars, ils exécutent ensemble de multiples pillages. En véritable viking, c’est un homme redoutable au combat, qui peut sembler particulièrement cruel et sadique. Sa culture nordique que nous méconnaissons, dont les mœurs et croyances polythéistes sont basées sur des sacrifices et transes dans la forêt, les rendent « barbares » à nos yeux d’occidentaux. L’arme de prédilection de Ragnar n’est autre que la hache avec laquelle il accomplit des prouesses (autrement dit, des boucheries). Au-delà de son rôle de guerrier il est aussi un leader, mari et père de famille qui ne semble pas jouer correctement son rôle. Pas toujours juste, et rarement désintéressé, Ragnar est prêt à beaucoup pour obtenir ce qu’il désire, si bien qu’il ne sait pas s’imposer de limites. Ses missions récurrentes entraînant son absence, ses infidélités, et sa soif de pouvoir le rendent très souvent borderline aux yeux de l’ennemi mais aussi aux yeux des siens, voire détestable.

Mais il n’est pas le seul anti-héros de cette affaire ! Son frère Rollo, dont son complexe d’infériorité face à Ragnar l’emplit d’une jalousie dévorante, peut quant à lui se retourner contre les siens pour mieux briller. Trahisons fraternelles, rage intérieure qu’il peine à canaliser, et des comportements amoureux souvent violents : les frères Lothbrok font une belle brochette !

3 – Noah Solloway, The Affair

Après Mad Men et son légendaire Don Draper, le rôle du « cheater » ne semblait pouvoir renaître de ses cendres. Il n’en est rien puisque le personnage de Noah Solloway a débarqué avec The Affair. Marié et père de quatre enfants, il semble former un couple complice au sein d’une famille soudée : Noah aurait donc tout pour être heureux. Mais on se rend très vite compte qu’il lui manque quelque chose… L’adultère ? En quelque sorte. Ce petit crush d’été se transforme vite en tornade dévastatrice dont les victimes collatérales ne sont autres que sa femme et ses enfants, embarqués à contrecœur dans ce qui semblerait ne pas être seulement une histoire de fesses.

Après de multiples mensonges, quelques accès de colère et autres comportements de goujat, The Affair nous dresse le portrait d’un homme qui trompe sa femme pour la première fois, et en ressort totalement transformé. Affreux, Sale, mais pas Méchant ! Car malgré toutes ses actions et choix discutables qui font que nous pouvons le haïr profondément, Noah Solloway n’en reste pas moins un homme perdu, torturé entre deux choix de vie, en quête de son épanouissement. Mais ce bonheur réside-t-il vraiment dans les bras de cette jolie rousse ?

2 – Thomas Shelby, Peaky Blinders

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Le «chef de gang» reste une figure d’anti-héros chère à notre cœur. Que ce soit en mode parrain chez les Soprano ou en biker terrible comme Jax de Sons of Anarchy, on ne s’en lasse pas. Le plus rafraîchissant en date, même s’il s’est imposé depuis quelques années, est sans nul doute notre cher Thomas Shelby. Accent prononcé, classe vestimentaire à la British, gueule d’ange et clope au bec, on peut le dire, Tommy en jette. A la tête de son gang familial, ce personnage meurtri par la guerre mène avec brio ses proches vers la réussite sociale et financière. Mais plus il réussit et plus son appétit s’agrandit… Et on se demande jusqu’où ce dernier est prêt à aller pour régner.

Sans compter qu’il se dope à l’adrénaline émergeant du danger qu’il semble sans cesse côtoyer, ou provoquer, quitte à faire sombrer les membres de son gang avec lui. Est ce que le bonheur de sa famille passe vraiment avant son intérêt personnel et sa soif de gloire ? Aussi touchant qu’il soit au tout début de la série, Thomas Shelby a la force d’évoluer au fil des saisons, et de redoubler de monstruosité en même temps que d’ambition, comme pour Breaking Bad. La petite différence : plus le cœur de Tommy s’assombrit et ses actes se durcissent, plus on l’aime !

1 – Rachel & Quinn, UnREAL

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Eh oui, la première marche du podium ne revient pas à une mais à deux « working girls badass » : j’appelle le duo de choc d’UnREAL ! Après Damages, Weeds ou The Good Wife, où les héroïnes ne sont plus des housewives mais bien des femmes carriéristes, quitte à ce que cela passe avant leur vie personnelle, Rachel et Quinn explosent tous les records.

Elles ne sont pas seulement des femmes ambitieuses et accros au travail comme l’étaient Lynette de Desperate Housewives ou Leslie Knope de Parks and Recreation, Rachel et Quinn sont de véritables requins dont l’éthique est aux abonnés absents. Gérant le show de téléréalité Everlasting (l’équivalent de notre Bachelor, le gentleman célibataire), ces dernières sont prêtes à tout pour que l’émission explose en audiences. Et tant pis pour les dommages collatéraux ! Ces femmes se transforment alors en broyeuses d’âmes sans limite aucune pour arriver à leurs fins : manipulation psychologique des candidates, création de conflits, d’humiliations et autres multiples mensonges pour mieux les pousser à faire ce que la production veut voir à l’écran…

Alors que Rachel semble de temps en temps éprouver une « pointe » de culpabilité face à ces actes (mais toujours de courte durée avant qu’elle accomplisse un nouveau méfait, encore plus vicieux), Quinn quant à elle est totalement sans scrupules. Détruire la vie d’un candidat pour que l’émission plaise aux téléspectateurs ? Pas de problème ! Et le pire dans tout ça, c’est qu’elles ne sont pas totalement détestables. Ces héroïnes sont en effet particulièrement touchantes, emplies de failles qu’elles tentent à tout prix de cacher pour mieux régner. A la recherche du bonheur, Rachel et Quinn sont aussi profondément attachées l’une à l’autre, et malgré les nombreuses vengeances et coups bas dans leur petite lutte de pouvoir, cet amour semble indéfectible. Nous aussi on les déteste autant qu’on les aime. Elles répugnent par leur monstruosité autant qu’elles nous bluffent. Alors que les figures de « anti-héroïnes » ne courent pas les rues, Rachel et Quinn ouvrent donc peut-être une nouvelle tendance…

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