Semaine d’un sériephile (25) : en mode rétro ! Les tandems du passé

En regardant True Detective dernièrement j’ai eu encore une poussée de nostalgie. Je me suis mis à penser aux tandems qui m’ont marqué dans quelques séries : Walter White et Jesse Pinkmann dans Breaking Bad évidemment mais aussi dans un genre complètement différent Sherlock et Watson dans Sherlock et Elementary. Et puis bien sûr comme les vieilles séries sont un peu ma spécialité je me suis mis à repenser à d’autres duos, beaucoup plus anciens et parfois un peu kitschs. Ce qui m’amène donc aujourd’hui à vous proposer un petit voyage dans le passé pour un mode rétro spécial tandems et duos mythiques. Au programme : Amicalement Vôtre, Starsky et Hutch et pour finir Deux Flics à Miami !

Amicalement Vôtre, le rotary club de la justice en marche !
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Plutôt cuir ou plutôt tweed ?

Lord Brett Sinclair et Daniel Wilde, deux richissimes playboys tous deux désœuvrés et en recherche de frissons. Ils en obtiendront bientôt plus qu’il n’en faut lorsque leurs destins vont se lier irrémédiablement. Victimes d’une machination, ils se retrouvent impliqués dans une bagarre au cours de laquelle ils réduisent en miettes l’intérieur d’un prestigieux hôtel de la Côte d’Azur. Pour échapper à l’emprisonnement, ils n’auront d’autre choix que de répondre aux exigences d’un ancien juge déçu par la justice. A partir de ce début quelque peu alambiqué, tout s’enchaîne pour transformer nos jet-setters en justiciers au courage à toute épreuve.

La série n’a connu qu’une saison, et pourtant elle conserve toujours une aura particulière. Série d’enquêtes, entre espionnage et mafia, elle est parvenue à se démarquer de toutes les autres séries similaires par son tandem si particulier. S’ils sont tous deux riches, amateurs de belles voitures et séducteurs dans l’âme, Lord Sinclair et Danny Wilde sont aussi forcément rivaux. L’un est un aristocrate anglais muni de tout le flegme british de rigueur et du respect absolu des bonnes convenances tandis que l’autre est un businessman américain parti de rien et devenu multimillionnaire. Tous deux incarnent des modèles caricaturaux, l’ancien contre le nouveau monde, le prestige anglais contre le rêve américain. Cette différence donne toute sa personnalité à la série. Les deux personnages ont beau s’entraider, ils ne peuvent s’empêcher de s’envoyer des piques et de jouer au plus malin. Et lorsque pour les besoins d’une mission il leur faut séduire une jeune femme, tous les coups sont permis…

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Le juge Fulton au mieux de sa forme.

Amicalement vôtre est une série d’enquêtes, mais aussi une série glamour. Ne comptez pas sur Lord Sinclair et Danny Wilde pour s’infiltrer dans les bas-fonds d’une banlieue quelconque. Attention tout de même, il y a une certaine étiquette à respecter ! Les missions de nos deux agents très spéciaux ont très souvent lieu dans des cadres prestigieux : Brighton, Cannes, Venise. Dépaysement garanti et beau monde, les jet-setters de la justice sont au rendez-vous, alors gare aux escrocs qui essayeraient de déposséder la jolie héritière, ces messieurs ne rigolent pas avec ces choses-là ! Ça a au moins le mérite d’expliquer pourquoi le juge un brin sénile a jeté son dévolu sur deux multimillionnaires pour accomplir ses grands idéaux de justice.

En adoptant une formule à la croisée de Chapeau Melon et Bottes de Cuir et des Drôles de dames, Amicalement vôtre nous charme par ses enquêtes plutôt bien menées mais aussi et surtout par sa légèreté et son détachement. On retrouve un ton très anglais dans l’humour et dans l’ironie. Peut-être pas aussi décalé que pour Chapeau Melon mais en tout cas l’esprit y est.

Starsky et Hutch, fast and un peu furious
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On peut être cool avec un gilet en laine.

Les agents de police Starsky et Hutch, deux chevaliers au grand cœur qui n’ont jamais peur de rien, d’après le générique français. Avec cette série, on est loin des petits fours et des coupes de champagne d’Amicalement vôtre, le terrain de jeux, ce serait plutôt les ruelles et les caniveaux.

C’est l’histoire de deux flics aux caractères différents mais complémentaires. Starsky, très décontracté, souvent blagueur et très grand amateur d’épais gilets de laine. Brun, il est reconnaissable à sa coupe de cheveux toute en frisottis qui ressemble à une sorte de coupe afro en mode blanc. Quant à Hutch, c’est plutôt la force tranquille. Plus posé, plus réfléchi, il a tout de l’ancien capitaine de l’équipe de foot d’un lycée américain. Il se reconnait à sa blondeur et à sa passion pour les vestes en cuir.

Avec les inspecteurs Starsky et Hutch, on a la preuve que les flics peuvent être cool et même funky. Car mener des enquêtes en pantalon pattes d’eph’, c’est pas donné à tout le monde quand même, il faut avoir un certain style, et évidemment ça ne plait pas à tout le monde. Vous vous souvenez du personnage du Capitaine Dobey ? Le supérieur du tandem est lui aussi entré dans la légende en devenant le plus grand casse c… de l’univers. C’est l’homme qui gueule, l’homme en colère, le mec jamais content. 9 fois sur 10 on ne sait même pas pourquoi il crie comme un putois mais il le faut, ça fait partie des codes de la série.

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Ne déconnez jamais, jamais avec Dobey.

En parlant de personnages emblématiques, il y en a un qu’on ne peut oublier, je veux parler de Huggy Bear, Huggy les bons tuyaux. Pour comprendre son importance il faut rappeler que pour mener une enquête, nos héros avaient une méthode très (trop) simple : poser des questions, se mettre dans la mouise et si possible s’en sortir. On est loin des Experts. Mais après tout, qui a besoin d’indices lorsqu’on a le meilleur indicateur de tous les temps ? Et c’est ainsi qu’intervient Huggy, le plus grand indic fashionista de tous les temps, le rendez-vous obligé des épisodes de la série. A la pointe de la mode, vêtu des derniers modèles de la collection pimp de rue 74, Huggy c’était le personnage cool par excellence. Bon ok, c’était un mac, mais qui n’a pas ses petits défauts ? Huggy, c’est à chaque rencontre une petite blague, un affolement pour ne pas donner d’infos et finalement le bon conseil pour ses potes flics. Qui ne rêverait pas d’un ami comme Huggy ?

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Défilé pimp de rue 76, Huggy est dans la place.

Bon jusque-là je n’ai dit que du positif c’est vrai mais je crois qu’il faut s’arrêter un instant sur la merveilleuse logique de l’indic. Nous avons deux flics apparemment amateurs de tuning. Une Ford Gran Torino rouge affublée d’une énorme virgule blanche question discrétion on a vu mieux. Ce tandem magnifique ne cesse de rendre visite à un mac qui est, il faut le dire, un vrai lampadaire à lui tout seul. Comment durant tous ces épisodes expliquer que tout ce beau monde ne se fasse pas joyeusement repérer ?? Bon, on est dans une série des années 70, il ne faudrait pas l’oublier, alors pourquoi s’embêter avec la vraisemblance ? Alors on met son cerveau en veilleuse et on profite tranquillement.

Qu’importe la logique pourvu qu’on ait l’ivresse. Le grand moment des épisodes de Starsky et Hutch, c’est la course poursuite. Il faut dire que nos héros sont plutôt du genre nerveux alors quand quelqu’un prend la fuite, zebra 3, on y va ! Et là c’est parti pour le show, les rues deviennent un terrain de jeux, ça glisse, ça dérape, ça virevolte, bref si vous êtes un amateur des muscle cars US de l’époque, c’est la fête.

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Juste une question : comment on en arrive là ??

Starsky et Hutch représente tellement les années 70. Entre les courses poursuites qui ne peuvent que rappeler les grands moments de Bullitt et autres films de voitures de l’époque et la présence d’Antonio Fargas, interprète d’Huggy qui est aussi l’un des grands représentants de blaxploitation, on se sent à fond dans la folie de l’époque. La décontraction, la musique, tout contribue à rendre cette série funky, un vrai bain dans les seventies qui fait du bien !

Deux Flics à Miami, t’as le look coco, t’as le look qui te colle à la peau
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Est-ce que tu viens pour les vacances ? Moi je n’ai pas changé d’adresse…

Après le succès de Starsky et Hutch, il était logique que les années 80 aient aussi droit à leur tandem de flics hauts en couleur. C’est chose faite avec Deux Flics à Miami, Miami Vice en VO qu apparaît sur les écrans en 1984. Nous suivons donc les aventures mouvementées de Sonny Crockett et Rico Tubbs, inspecteurs au département du crime organisé de Miami. Au passage un grand bravo pour la festivité des noms des personnages principaux…

Avec cette série, la première chose qui frappe c’est l’univers visuel. Il faut dire que des policiers en costumes blancs ou roses circulant en ferrari on n’en voit pas non plus tous les jours. On est loin de la brigade des stups à Clichy. Oui mais attention, Sonny et Rico ont une bonne raison de se balader comme ça. Leur spécialité : l’infiltration dans les réseaux de drogue et de prostitution, alors forcément mieux vaut avoir le look de l’emploi.

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Vends deux occasions, pas cher, prix d’ami.

La série est apparue un an après la sortie de Scarface. On sent d’ailleurs l’influence du film sur Deux Flics à Miami. Non seulement l’action se déroule dans le même cadre mais on retrouve pas mal de thèmes en commun. Trafic de drogues, culte de l’apparence et de la réputation, luttes de pouvoir et culture bling bling. La série est un peu l’envers du film de De Palma, le côté kitsch décomplexé en plus. C’est d’ailleurs le gros handicap de la série, autant le dire tout de suite la série a très mal vieilli. Rien que pour oublier le look improbable des héros ça relève de la mission impossible. Et pourtant, la série possède des qualités. Les personnages principaux ne sont pas qu’unidimensionnels, il leur arrive de douter, il leur arrive d’avoir des sentiments. Ressentir de l’émotion devant une scène mélancolique avec Don Johnson au volant d’une Testarossa blanche c’est un défi mais ça peut quand même marcher, un tout petit peu…

Miami Vice c’est aussi une série musicale. La bande-son occupe une place très importante dans les épisodes. Il n’est pas rare de voir l’action s’arrêter pour faire place à des mini-clips où l’on peut s’immerger dans une ambiance électro pop 80. La série est indissociable des compositions de Jan Hammer (le thème de la série et celui de Crockett notamment) et du In the Air Tonight de Phil Collins. Pas étonnant que des remix de ces musiques aient été repris dans l’adaptation filmique de la série dans les années 2000. Ces thèmes ont très souvent en commun leurs sonorités électro et leur nature un peu planante, créant ainsi une véritable signature sonore à la série. C’est assez rare pour le souligner mais attention tout de même, si vous êtes allergique à la pop eighties, ça risque d’être un peu douloureux.

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Grosse soirée en perspective au Macumba club.

Si le nom de Miami est dans le titre de la série c’est loin d’être un hasard. Symbole de la drogue et ville de perdition dans les années 80, la cité de Floride est en elle-même une incarnation des années 80. La série lui rend hommage en en faisant un personnage à part entière. Nous la voyons sous tous les angles, à la lumière d’un coucher de soleil ou éclairée par ses innombrables néons la nuit. On ne cesse de déambuler avec notre duo de flics dans un paysage qui tient autant de la carte postale que du parc d’attractions glauque.

Si l’on doit résumer, oui Miami Vice est un monument du kitsch. Ses héros plus ou moins charismatiques dégagent presque quelque chose de malsain dans leurs attitudes de playboys cokés. On a un peu l’impression d’entrer dans cette série comme on entrerait dans une soirée dance 80 dans un camping. Ça fait peur, on se demande pourquoi on y va et pourtant il peut y avoir de bonnes surprises. Miami Vice est pourtant à redécouvrir, les scénarios ne brillent peut-être pas par leur complexité, mais l’ambiance de cette série et l’impression d’immersion dans l’univers de Miami méritent le coup d’œil.

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