Semaine d’un sériephile (57) – Spéciale hipsters

Ça y est, nos séries hipsters préférées sont de retour. Girls pour sa quatrième saison, et Looking pour une seconde. Quant à Broad City, plus confidentielle et plus sujette à controverse, sachez qu’elle mérite largement de monter sur le podium avec les deux autres.

Girls, Saison 4

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Brooklyn, New York City. Hannah s’apprête à déménager pour l’Iowa, laissant derrière elle ses copines et son petit ami Adam. La saison commence un peu mollement, avec des auto-références en veux-tu en voilà, une longue séquence hyper hipster de jazz-brunch (au cours de laquelle quasi tous les personnages sont présents, comme pour nous rappeler tous les enjeux laissés en suspens en fin de saison 3), et des chansons de Marnie volontairement cucul mais difficilement supportables pour le spectateur. Ce qui pèche dans cette reprise, c’est peut-être sa volonté de se montrer très explicative. La présence de Ray ou d’Elijah et son ex est quasi anecdotique, Adam est fidèle à lui-même, bref, ça manque de surprise, de nouveauté, on aurait préféré que la saison démarre avec une Hannah déjà partie par exemple, que l’écriture nous malmène au lieu d’emprunter de plus en plus au feuilleton. Ce qui faisait la force de Girls à mes yeux, et ce dès le pilote, c’était sa déroutante narration, cette fausse banalité, ce désintérêt pour les procédés classiques. Ici, la suite logique des déboires sexuels triangulaires de Marnie ou la séparation d’Adam et Hannah sont justement trop attendus et diminuent notre intérêt pour l’histoire. Attention Lena, les scènes d’anulingus ne suffiront pas pour nous allécher (j’ai osé).

Gageons que cet épisode était une charnière avant un chamboulement de taille dans la série : le quotidien d’Hannah dans un campus du centre des Etats-Unis, à des kilomètres de NYC…

Looking, Saison 2

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Tout est possible chez Séries Chéries : je dis du mal de Girls et m’apprête à dire du bien de Looking. Après moult discussions avec un ami sériephile, je dois admettre que même mon mea culpa n’en était pas vraiment un, et que je n’en suis pas fier. Car Looking, comme je l’espérais, s’apprête à tenir ses promesses. La seconde saison commence sur les chapeaux de roue avec une excursion en pleine nature pour les trois amis, Patrick, Dom et Agustin, qui tombent -par surprise ?- sur une rave party hipstero-sylvestre. La réunion des personnages principaux permet de développer ce qui les lie : l’amitié houleuse de Patrick et Agustin, si différents, qui risque de finir en clash, et celle plus ambiguë de Patrick et Dom qui risque de finir au lit (ou pas, la série gagnerait à laisser flotter ce désir latent entre les deux personnages sans jamais leur donner l’opportunité de passer à l’acte). Puisqu’on les connait, il est désormais plus facile de rire avec ces trentenaires sympathiques et leur copine Doris. Les montrer en dehors du cadre urbain habituel permet aussi de gommer la question du quotidien, de la banalité, des problématiques sociales (« puis-je sortir avec une personne qui n’est pas de mon milieu ? » était un axe central de la première saison), pour se recentrer sur le retour à la nature profonde des personnages : la peur maladive du regard des autres de Patrick -y compris de ses amis auxquels il n’ose pas parler de ses coucheries avec son boss aux grandes oreilles- ,l’hédonisme auto-punitif d’Agustin, l’infidélité compulsive de Dom…

Nos trois compagnons sont des bad guys qui enchaînent les mauvaises décisions. Plus on les côtoie, plus ils répètent les mêmes travers, plus ils se caractérisent et deviennent attachants. Pour finir, mention spéciale à la photo, toujours impeccable, d’autant plus lors des séquences nocturnes.

Broad City

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Après un détour par la Californie, retour à New York. Les deux comparses déjantées Ilana et Abbi sont à la fois les créatrices et les rôles principaux de ce show décapant, dont Marion avait déjà parlé ici (elle n’avait pas DU TOUT aimé mais fera peut-être son mea culpa après avoir lu mon article).

C’est l’histoire de deux vingtenaires complètement barrées, complètement loseuses, qui passent leur temps à papoter en webcam ou à se droguer dans un Manhattan hipster à l’excès. Elles gravitent entre des jobs pourris (l’une fait le ménage dans un club de gym, l’autre ne fait pas grand chose dans un bureau), ont affaire à un squatteur d’appart insupportable ou à un plan cul dentiste qui s’accroche, sont toujours en quête d’argent ou de drogues et sont prêtes à tout pour parvenir à leurs fins. Bien sûr, ça n’a pas la profondeur des deux séries dont j’ai parlé plus haut, mais ça ne se prend pas au sérieux et c’est drôle, très drôle, confinant presque à l’absurde. Les galères de ces deux meufs pas vraiment attachantes permettent d’enchaîner les situations rocambolesques avec insolence. En bref : une série brute de décoffrage, ayant déjà deux saisons à son actif, à découvrir d’urgence.

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