Semaine d’un sériephile (58) – Spécial Telenovelas mexicaines

Vous vous en souvenez peut-être, il y a quelques mois Marine nous avait parlé d’un pays dont les productions sont encore assez mal connues dans nos vertes contrées, la Turquie. Il est vrai qu’en dehors des séries anglo-saxonnes et des productions françaises nous nous retrouvons bien vite, pour la plupart d’entre nous, en terrain inconnu. Nous allons tenter de remédier à cela avec un petit coup d’œil à l’un des pays les plus prolifiques en matière de séries romantiques : le Mexique !

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Oui le Mexique est une terre accueillante

Le Mexique, eldorado du soap

L’image de la production télévisuelle mexicaine, comme d’ailleurs celle de la plupart des pays latinoaméricains, c’est avant tout les telenovelas. Ces soaps si mal doublés en France peuvent prêter à sourire, et pourtant ils représentent l’un des types de programmes les plus suivis au Mexique ainsi qu’une force indéniable à l’exportation. Chaque année, près de 50 000 heures de telenovelas sont ainsi exportées dans plus d’une centaine de pays.

Véritable tradition, les telenovelas existent depuis la fin des années 50. Feuilletons sentimentaux construits autour d’histoires d’amour impossibles et de conflits familiaux, les telenovelas ont beau ressembler à des soaps US, elles savent également cultiver leurs différences. Oubliez les feuilletons au long court sur 10, 15 ou 20 ans, l’art de la telenovela consiste avant tout à faire court mais intense. Ne dépassant que rarement une saison, ces soaps permettent en quelques mois de voir l’amour triompher en dépit des obstacles et des épreuves. L’avantage est double. Non seulement le renouvellement annuel permet de capter un nouveau public qui n’aura pas besoin de se familiariser à 30 ans d’histoires pour comprendre un épisode, de l’autre l’intérêt des habitués du genre est perpétuellement ranimé.

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Ah l’amour, toujours l’amour.

Les meilleures séries 2014

Si vous avez envie de vous plonger dans ces univers où le grand amour est plus fort que tout voici un petit panel des séries immanquables de l’année passée :

  • La Malquerida

Adaptation assez libre d’un drame de l’écrivain espagnol Jacinto Benavente, La Malquerida nous conte le destin d’Acacia (Ariadne Diaz), jeune femme prise dans le tumulte d’un amour interdit pour son beau-père Esteban (Christian Meier). Secret, jalousie et manipulation sont au rendez-vous dans cette série qui a battu tous les records d’audience au Mexique (l’épisode final est parvenu à réunir près de 40 % des téléspectateurs devant leurs postes, excusez du peu).

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Non Acacia, je suis ton beau-père nous ne pouvons nous aimer ! Et non je ne mettrais pas de chemise !

Pourquoi un tel succès ? Peut-être parce que la « mal aimée » est tout simplement le summum de la romance sulfureuse. Ralentis, images floues et sensualité à fleur de peau, la série nous donne à voir le triangle amoureux entre fille, mère et beau-père avec un érotisme des plus palpables. C’est chaud bouillant, c’est malsain et un peu (très) embarrassant, et pourtant on se laisse joyeusement embarquer dans cette histoire. Une chose est sûre, après avoir vu Acacia troublée devant son beau-père à demi-nu, l’expression « avoir l’esprit de famille » n’aura plus jamais le même sens pour vous.

N’allez pas croire pour autant que La Malquerida n’est qu’une série érotique qui ne dit pas son nom. Dans cette série les passions sont indissociables d’une violence latente. Toutes les émotions ne peuvent être qu’extrêmes, d’autant que les personnages ont une fâcheuse tendance à être excessifs par nature. On ne peut s’aimer sans se déchirer. La jalousie est omniprésente et pourrait bien transformer à tout instant la passion en drame, l’amour en fureur indomptable. D’autant que certains personnages cachent de sombres secrets…

  • Mi Corazon es tuyo

Vous avez aimé Une Nounou d’enfer ? Alors l’histoire de Mi Corazon es tuyo pourrait bien vous rappeler quelque chose.

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Bienvenue dans la famille !

Fernando Lascurain (Jorge Salinas), un riche homme d’affaires, cherche une nounou pour s’occuper de sa nombreuse descendance. Ana (Silvia Navarro), une jeune femme excentrique et séduisante, répond à son annonce. Vous l’aurez compris : malgré les différences sociales il y a de l’amour dans l’air. Voilà une histoire que n’auraient pas reniée Fran Fine et Maxwell Sheffield. Pourtant, n’allez pas croire que Mi Corazon n’est qu’une simple copie. Loin d’être un remake non assumé, la série sait aussi innover.

Dans cette nouvelle version, la merveilleuse nounou a un secret. En proie à des difficultés financières, elle est contrainte de mener une double vie. Fait-elle des ménages ou un petit boulot au McDo local ? Bien sûr que non voyons. De manière beaucoup plus « exotique », la nounou se glisse chaque nuit dans des habits de lumière pour mener en secret le métier d’effeuilleuse. Pourquoi faire simple quand on peut faire sexy ? En tout cas ça marche puisque la série est parvenue à réunir une moyenne de près de 5 millions de spectateurs à chaque épisode.

Mi Corazon nous prouve qu’une bonne telenovela peut être tout autant romantique que drôle. Avec cette série, on est parfois aussi proche de la sitcom que du soap. Entre les blagues des sales gosses de Fernando et les mimiques du majordome, on nage en plein burlesque. Malgré tout Mi Corazon reste avant tout une telenovela dans la plus pure tradition du genre. Amour triangulaire, milieux sociaux irréconciliables, aveux impossibles, toutes les recettes traditionnelles sont là. On pleure, on rit, on frissonne, bref on se passionne.

  • Lo que la vida me robo

Parmi les plus grands succès de l’année 2014, difficile d’oublier celui de Lo que la vida mi robo. Avec ses 46,6 % de téléspectateurs vissés devant leurs écrans pour l’épisode final, cette série fait indéniablement partie des grandes réussites de l’année passée. Et côté histoire alors, est-ce aussi brillant ?

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Non ce n’est pas le remake de Dallas au Mexique

Lo que la vida est l’histoire de Montserrat Mendoza (Angélique Boyer) une jeune fille de bonne famille subissant l’emprise de sa mère (Daniela Castro), tyran domestique n’aspirant qu’à la reconnaissance d’un statut social privilégié pour sa famille. Loin de ces considérations matérielles, Mendoza n’écoute que son cœur. En dépit des différences de milieux sociaux, elle est amoureuse d’un jeune marin pauvre, José Luis (Luis Roberto Guzmán). Elle aurait pu l’aimer envers et contre tout si une rencontre n’avait bouleversé sa vie. Alejandro (Sebastián Rulli), un ouvrier agricole devenu riche héritier croise sa route par hasard. Désormais rien ne sera plus comme avant.

Vous l’aurez compris il n’y a pas plus classique que cette histoire. Une femme face à l’amour de deux hommes, le thème est battu et rebattu dans de nombreux soaps. Pourtant ici ce qui se joue c’est le dilemme éternel entre affection et passion, entre promesses de jeunesse et amour passionnel. Quel est le véritable amour ? Comment reconnaître celui qui vous est destiné ? Tant de questions qui sont ici autant de drames et qui pourraient bien réveiller la midinette qui sommeille en chacun de nous.

Ce qui fait la qualité de cette telenovela tient peut-être aussi à l’alchimie si particulière qui se dégage des acteurs principaux. On ne peut que croire en la romance que l’on voit à l’écran. Rien de plus normal d’ailleurs puisque l’actrice Angélique Boyer et l’acteur Sebastián Rulli ont bel et bien entamé une réelle histoire d’amour en parallèle du tournage. Voilà pour la rubrique potins et people, ç’aurait été dommage de s’en passer.

Vous n’aimez pas les telenovelas ? La guimauve et les mièvreries vous provoquent des allergies ? Pas de souci, le Mexique réserve aussi quelques autres surprises. Nous vous donnons rendez-vous très bientôt pour parler de séries beaucoup plus dramatiques bien loin des transports amoureux des feuilletons précédents, telles Capadocia ou encore Sr. Ávila.

Lectures complémentaires :

Serieslive.com : Sombres héros, La télévision mexicaine pour les nuls par Ladyteruki

Vice.com : Une épidémie de Telenovelas

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