Semaine d’un sériephile (77) : Real Rob, Telenovela

Lui a été membre du Saturday Night Live au début des années 90 et est habitué aux rôles de loser dans des comédies potaches, elle s’est principalement fait connaître en jouant Gabrielle Solis dans Desperate Housewives. Désormais à la tête de leurs propres shows, Rob Schneider et Eva Longoria nous dévoilent les coulisses du show-business et les affres de la célébrité avec une bonne dose d’autodérision.

Real Rob

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est ce qui a dû motiver Rob Schneider à créer sa propre série, une série qui porte son nom, dont il incarne le premier rôle et qui parle de sa vie d’acteur et de sa vie de famille. C’est la deuxième fois que le comédien se lance dans une série TV autobiographique. En 2012 sur CBS, il avait tenté de relater sa rencontre avec sa femme (Patricia Azarcoya Schneider), une productrice de télévision mexicaine, et ses tentatives pour plaire à sa nouvelle belle-famille. Rob a été annulée par CBS aussi vite qu’elle a été diffusée. Pas défaitiste pour un sou et ayant de l’argent à dépenser investir, Rob Schneider réitère son erreur et nous propose cette fois-ci une série intitulée Real Rob (Netflix), vous voyez la nuance ?

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Rob Schneider joue une version exagérée de lui-même, un homme qui a dépassé la cinquantaine et a quelques complexes en ce sens, une célébrité dont l’assistant personnel est tellement incompétent qu’il préfère engager son stalker (Max Amini) pour gérer son planning. C’est bien la situation la plus drôle des huit épisodes que compte Real Rob. Au casting, sa vraie femme, sa vraie fille et ses vrais amis (on notera l’apparition de David Spade, Norm McDonald et George Lopez), tous là pour dépeindre sa vraie vie. La bande-annonce et les sneak peeks laissaient entrevoir quelques moments drôles, démontrant qu’être une personne célèbre n’est pas toujours évident. Mais au fil des épisodes, on se rend compte Real Rob ne brille pas par son humour.

Le fait que Rob soit un mockumentary n’est plus si original, mais ce faux documentaire est agrémenté de scènes de stand-up et a donc le mérite de faire partie des sitcoms modernes qui dynamisent le genre. Cependant la forme ne fait pas tout et en l’occurrence, le fond n’est pas au niveau d’autres séries du genre. En occultant le fait qu’il détienne six razzie awards du pire acteur, l’acolyte d’Adam Sandler fait en effet moins bien que Louis C.K (Louie) ou Larry David (Larry et son nombril). Une fois passé l’intérêt provoqué par la notoriété du personnage principal, on cherche la valeur ajoutée de la série, un petit quelque chose qui nous fasse rester malgré un scénario décousu. Mais rien n’arrive. On ne suivra donc pas Real Rob plus longtemps.

Telenovela

Feuilleton de type soap opera*, la telenovela est un genre bien connu des hispanophones ou lusophones. En France, on peut en voir quelques-unes sur les chaînes France Ô ou IDF1 : histoires d’amour impossibles, conflits familiaux, trahisons, cupidité, vengeance, scandales… sont autant de thématiques qui complexifient et pimentent les intrigues. Souvent affublées d’un titre à faire pleurer dans les chaumières, on vous prévient, vous n’avez pas fini d’entendre parler du genre et ce n’est pas la nouvelle série d’Eva Longoria qui va nous contredire.

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Dans Telenovela, Eva Longoria est Ana Sofia, LA star de Las Leyes de Pasión. Lorsque, pour faire remonter les audiences, son ex-mari (Jencarlos Canela) est embauché pour être son nouveau prétendant à l’écran, son petit monde vacille. D’autant que Xavier Castillo n’est pas juste de passage : il est nommé co-star du show et marche donc sur les plates-bandes de la belle Ana Sofia. 

Cette parodie était engageante : on ne doutait pas du potentiel comique du sujet et des qualités d’actrice d’Eva Longoria pour ce genre de rôle, fait sur-mesure sans nul doute. Pourtant, la déception est là dès le premier épisode : les gags sont usés, prévisibles et l’actrice dépense une sacrée énergie pour un résultat qui n’est pas à la hauteur de nos espérances. Sans parler d’une bande-son un peu trop présente (Daddy Yankee, Flo Rida, Fifth Harmony…) sans doute venue masquer un manque flagrant de rythme. La femme romantique et maladroite qu’incarne Eva Longoria n’est pas assez diva, ni assez touchante. Elle reste dans un entre-deux émotionnel et cela dessert la volonté de caricature. N’est pas Rogelio De La Vega (Jane The Virgin) qui veut. 

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