Coup de projo sur Quantico

C’est reparti pour un tour : Quantico a lancé sa deuxième saison il y a quelques jours sur ABC. Proche des 7 millions de téléspectateurs dans ses meilleurs jours aux Etats-Unis pour sa saison 1, cette série avait également été appréciée en France, puisque les audiences de M6 ont dépassé les 3 millions de fidèles. Comment expliquer le succès de cette énième série plongée au cœur du FBI ?

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La série policière américaine par excellence

Oui, Quantico est loin d’être la première série policière venue des Etats-Unis. Après des Esprits Criminels, NCIS et autres Experts, il semblerait que ce genre soit inépuisable et déclinable à l’infini. On se demande même comment le public n’est pas encore las de voir apparaître, encore et toujours, de nouvelles séries sur les FBI, CIA, et autres NSA (bref, toutes les grosses institutions américaines en 3 lettres). Dans ce contexte, Quantico pouvait aisément ne pas déroger à la règle de la série policière typiquement américaine, où rien ne la distingue de ses aînées. Mais surprise, elle a réellement un petit truc en plus : le suspense, le vrai !

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Une construction chronologique originale entre passé et présent

L’une des spécificités de cette série est de ne pas s’inscrire uniquement dans le présent. À travers un jeu temporel dynamique s’entrecroisent passé et présent d’Alex Parrish, l’héroïne principale : sa formation au sein de l’académie du FBI Quantico, achevée depuis plusieurs mois, et un horrible attentat qui vient de s’abattre sur New-York. Nous sommes ainsi catapultés dans des flash-back omniprésents, qui suivent à la fois le fil chronologique de la formation passée et l’avancée actuelle de son enquête sur l’attentat (dont elle est accusée à tort). Cette construction originale a donc l’avantage de nous fournir les indices éparpillés pendant son temps à Quantico, nécessaires à la résolution du mystère entourant cette attaque. Véritable coup monté, les preuves sont accablantes pour Alex, et elle doit à présent prouver son innocence en fouillant dans ses souvenirs.

Qui est le responsable du plus grand attentat américain qui vient de frapper Ground Central ? Toute la saison est tournée sur la résolution de cette énigme. Et le premier indice est donné dès le premier épisode : le coupable fait partie de sa promo à Quantico… Une question nous tient donc en haleine du 1er épisode jusqu’à la fin de la saison.

Des doutes incessants pour un suspense total jusqu’à la fin

Le concept de mystère à élucider sur toute une saison est finalement assez rare pour les séries policières américaines. Si l’on regarde du côté de FBI, Portés Diparus, Bones ou encore Sue Thomas l’oeil du FBI, chaque épisode est bouclé. Chacun des épisodes propose une nouvelle enquête qui est résolue à la fin ; ils sont donc indépendants les uns des autres, sans enquête majeure. Ainsi, Quantico a un atout en plus pour nous rendre totalement accro.

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La machination visant Alex Parrish marche très bien. Tellement bien qu’on en vient à suspecter le moindre de ses camarades, même celui qu’on s’était pourtant juré de ne jamais passer au crible. Tout le monde, à un moment donné, apparaît comme le coupable idéal, avant d’être totalement blanchi : le doute ne nous quitte plus. Quantico est une série de héros manipulés par des forces qui les dépassent, analysés sans cesse par le reste de leurs camarades, obsédés par le besoin de connaître les individus qui les entourent. Une vraie méfiance ou un simple exercice d’analyse sur leur temps libre ? Ce qui est sûr, c’est que les téléspectateurs entrent aussi dans ce jeu de Cluedo. Dès les premiers instants, on veut découvrir qui est le coupable, et on mène ainsi l’enquête aux côtés d’Alex Parrish. Ayant tous des éléments de leur passé qu’ils souhaitent garder cachés (secrets et magouilles plus ou moins innocentes), ces futurs agents du FBI sont tous bien mystérieux. Ce scénario nous manipule autant que ses personnages.

Les traditionnels enquêteurs chevronnés remplacés par des débutants déterminés

Du côté des personnages, nous avons pour une fois affaire à une autre catégorie d’agents fédéraux : les « babies » juniors ! Au lieu de débarquer au sein d’une équipe chevronnée en place depuis longtemps, dont certains sont déjà meurtris par ce qu’ils ont vécu durant leurs enquêtes, nous avons cette fois-ci l’occasion de les découvrir tout frais, sans expérience du terrain et autre trauma psychologique. Cela ne veut pas dire pour autant que ces nouveaux arrivent sans failles ni blessures…

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À Quantico, qui est réellement la base de l’académie du FBI, nous découvrons ainsi leur évolution au sein de cette formation pointue pour devenir une de leurs futures recrues. S’enchaînent durant leurs nombreuses semaines de « training » des exercices physiques, l’apprentissage du tir mais aussi des techniques de combat. Ils se retrouvent également dans des mises en situation afin de tester leurs facultés d’analyse des difficultés d’une prise d’otages par exemple ou face à des individus suspects. Cela démontre aussi leur capacité à contrôler leurs émotions et garder leur sang-froid dans des cas de figure à hauts risques. Ainsi, Quantico n’est pas seulement là pour leur transmettre un apprentissage et vérifier leurs compétences : l’académie du FBI est aussi là pour déceler quelles personnes sont réellement faites pour ce métier ou non. Et même s’ils n’ont pas encore beaucoup de bouteille, ces débutants nous épatent déjà.

Mais des répétitions et des amourettes (trop) chaotiques

Même si l’une des forces indéniables de Quantico est sans doute son rythme très soutenu, cela se révèle aussi être son écueil. Les épisodes, tous plus denses les uns que les autres, s’enchaînent mais finissent par se ressembler un peu. Cette série reste certes palpitante jusqu’au bout mais connait clairement des longueurs : dans la recherche du coupable, passer 100 fois de  » Ah, je le tiens, c’est lui !  » à « Ah non en fait, toujours pas !  » finit par être trop redondant pour rester agréable.

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Cette sensation de répétitions surgit aussi dans les amourettes des recrues du FBI. « Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis » : dans de perpétuelles incompréhensions, concours de circonstances et autre manques de communication, les couples éclatent encore et toujours, ce qui devient fatigant. Ces moments qui se multiplient de plus en plus avec le temps nous font même douter du cœur de la série : doit-on trouver le coupable de l’attentat ou le couple qui tiendra jusqu’à la fin de la saison ?

Le succès de Quantico va-t-il durer ? [Attention, Spoilers]

C’est un sentiment mitigé qui nous habite après visionnage du premier épisode de cette nouvelle saison. Pourtant très partants à l’idée de retrouver l’univers Quantico, le bilan est néanmoins assez décevant. Comme pour l’ouverture de la saison 1, on démarre directement sur les chapeaux de roues, mais c’est avec regrets que l’on reconnait, dès les premiers instants, les mêmes ficelles. Rien n’a changé, pas d’innovations à première vue…

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De nouveau une construction d’épisode basée sur des bonds entre présent et passé. De nouveau, Alex Parrish se retrouve dans une nouvelle promo (cette fois-ci la CIA ! quel changement), à devoir apprivoiser de nouveaux petits camarades, avec qui elle vivra pendant 6 mois. La mission pour cette affectation ? Déceler qui au sein de la CIA pourrait potentiellement être un terroriste anarchiste en devenir… Cela vous dit quelque chose ? Alors qu’elle va tout tenter pour sauver la ville de cet attentat en cours, nous suivrons parallèlement ses 6 mois de formation à la CIA, où se cacheront à nouveau les indices suffisants pour comprendre qui se cache à présent derrière ce nouveau drame. Bref, rien de frais à l’horizon, mis à part l’usage du sabre pour trancher des têtes.

Ce sont certes ces ingrédients qui ont fait toute la valeur et l’originalité de Quantico, mais revivre tout cela encore une fois nous laisse un peu sceptiques.

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