Histoire d’une chaîne : FX / FXX

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Historique de la chaîne

Dans les années 90, la Fox a profité de son expansion pour développer un bouquet complet de chaînes diverses et variées sur le câble. Entre le sport et les infos apparaît la petite FX, lancée en 1994. Elle s’appelle alors fX, avec le X stylisé comme les faisceaux de la 20th Century Fox, et est à destination d’un public jeune, moderne et cool. On y expérimente l’interactivité pour un résultat plus « vivant » ; entre deux rediffusions de shows populaires des 80’s (Batman, Wonder Woman, Mission Impossible…), la chaîne se consacre à des programmes originaux et relax, presque toujours en direct, depuis un appartement new-yorkais qui ressemble à s’y méprendre à celui des Friends rivaux. Entre l’unité de lieu, le dynamisme des émissions et la jeunesse des présentateurs, la chaîne parvient à produire une sorte d’effet de réel et à être vraiment proche de son public. Comble de la technologie : les animateurs pouvaient répondre instantanément à des mails de téléspectateurs, parfois même pendant les publicités. Comble du comble : la chaîne n’émettait pas à New York, la Time Warner Cable entravant ainsi le développement de sa concurrente.

Cette débauche de moyens révolutionnaires et d’idées atypiques est toutefois trop coûteuse par rapport à une audience limitée, quoique très fidèle. La programmation originale est peu à peu démantelée jusqu’à ce que la chaîne soit relancée en 1997 avec une nouvelle image, plus proche de la maison-mère et orientée vers un public masculin. Il s’agit avant tout de rediffusions et de sport, les quelques talk-shows humoristiques créés par la chaîne ne faisant jamais long feu. La première fiction est une parodie d’Alerte à Malibu nommée Son of the Beach, qui tient trois saisons, mais le véritable essor vient quand FX délaisse un temps la comédie en dessous de la ceinture pour lancer des drames plus adultes. The Shield, Nip/Tuck et Rescue Me, au tournant des années 2000, donnent une visibilité inaccoutumée à la chaîne, tant du point de vue public que critique. Ce succès s’est depuis confirmé grâce aux hits durables que constituent It’s Always Sunny in Philadelphia, Sons of Anarchy ou aujourd’hui The Americans, FX pouvant désormais prétendre au titre de challenger des prestigieuses HBO et Showtime et s’étant dédoublée en 2013 avec la création de FXX, qui se consacre davantage à la comédie.

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Ligne éditoriale

FX a tout de suite profité de son statut de chaîne du câble et fait plus ou moins figure de précurseur déluré dans le paysage audiovisuel policé des Etats-Unis. Parce qu’elle était dès ses débuts destinée à un public de citadins dégourdis, elle a très tôt acquis une liberté de ton unique, et ce phénomène s’est bien sûr encore accru lorsque son public cible a changé des jeunes en général aux jeunes hommes en particulier. Elle n’hésite pas à mettre un juron dans le titre d’un de ses programmes, Bobcat’s Big Ass Show, quitte à ce qu’il soit dès lors censuré dans tous les magazines télévisés, et la particularité de The X Show est d’avoir un segment dans lequel les animateurs et invités – dont plusieurs femmes au physique avantageux – parlent de sexe. Sa première fiction, en tant que parodie d’Alerte à Malibu, jouait aussi sur une forme d’humour potache et l’attrayante apparition d’actrices court-vêtues.

Son of the BeachLe sexe continue d’être un enjeu frontalement abordé et représenté dans bon nombre de séries FX, que ce soit lorsqu’il s’agit de dynamiter les comédies romantiques (Man Seeking Woman, You’re the Worst) ou de donner un côté glamour et sexy à certains dramas (Dirt, The Americans). Dans le registre sérieux, la chaîne n’hésite pas à explorer sans restrictions des genres souvent édulcorés à la télévision comme l’horreur ou le polar : la même incroyable violence anime The Shield, à l’époque assez révolutionnaire, Sons of Anarchy ou encore Fargo, et Nip/Tuck utilise les codes du macabre et du sanglant que l’on retrouve amplifiés dans American Horror Story du même Ryan Murphy. De fait, une certaine noirceur apparaît souvent en filigrane dans les productions FX, qui manient l’humour noir et borderline avec la même aisance que l’humour graveleux. Le principe même de It’s Always Sunny in Philadelphia, qui semble être de prouver qu’on peut rire de tout, se décline dans les autres séries : Wilfred est une comédie sur la dépression, Married sur la crise conjugale, Louie sur la médiocrité… A travers toute une galerie de losers pas du tout magnifiques mais vraiment attachants, dans les drames où s’expriment souvent la mesquinerie et les pires travers de personnages plus ou moins recommandables, FX laisse tomber le politiquement correct pour montrer avec un cynisme mordant les failles de l’humanité.

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Séries cultes

Années 2000 :

Archer – Damages – Dirt – It’s Always Sunny in Philadelphia – The League – Nip/Tuck – Rescue Me – The Riches – The Shield  – Son of the Beach – Sons of Anarchy

Années 2010 :

American Horror StoryThe Americans – Anger Management – Fargo Louie Justified Man Seeking Woman – Married – The Strain-  Tyrant – Wilfred You’re the Worst

Sources et lectures recommandées

Fx Is Ready To Interface, Daily Press, 1994
A New Channel, FXX, Hopes to Extend the FX Brand, The New York Times, 2013
FXX FFS !, pErDUSA, 2015

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